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La beauté est l'émanation de l'âme [PV - Aaron]





Invité
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Ven 14 Aoû - 2:36
Plus à gauche. Ma gauche. Maaa gauche- voilà, niquel. Fais comme si je n'étais pas là, joue avec les peluches.

Alors... Comment tout ça a commencé ? Oui. Comment moi, Clare de Monti, photographe de paysages utopiques a commencé à se lancer dans le portrait ? Tout a commencé un soir de Noël en Ardèche- wat ? Non, plus sérieusement, une de mes amies est venue me voir, un peu gênée, pour me dire :

- Salut ! Un pote à moi connaît Aaron, tu sais ? Celui qui joue du basket et tout ? … Ben du coup, euh, il voulait savoir si tu pouvais photographier Aaron ? Parce que tu es très douée et que uh... 

Ouais ouais, pas de soucis, lui avais-je répondu. Je sais pas ce que ça va rendre je n'ai jamais fait de portrait jusqu'à... Ben jamais en fait.

- T'inquiète ça sera sûrement très bien !

Et voilà. On s'était salués, on avait discuté un peu – j'avais vite remarqué ses distances étranges avant de comprendre ce qui le faisait se tenir à l'écart – puis ce fut la séance de photographie. On avait pris un peu de tout, un ballon de basket, des vêtements type lycéen ou plus habillés pour des photos plus suaves, puis je le prévins qu'on allait chez-moi pour les photos. En voyant son regard désapprobateur, je clignai des yeux avant de comprendre son malaise.

- ... C'est propre chez-moi, la femme de ménage est passée il y a cinq minutes et il n'y aura que nous deux. Pour les photos, m'étais-je empressée de rajouter pour que la phrase ne soit pas trop weird, quoi que peut-être l'était-elle devenue après coup.

Il put dévisager la propriété. Un grand portail, des dalles gravillonnées roses sur l'herbe coupée du jardin, je sortis mes clés de mon sac à mains avant d'ouvrir la porte, laissant passer Aaron qui n'eut pas besoin de m'entendre lui dire de retirer ses chaussures, il le fit de lui-même, sans dépasser la zone du paillasson, et cela fait, il les rangea dans le meuble mis à disposition. Je fis de même, quoi que moins solennellement, en les mettant au-dessus. Il détailla la maison, comme s'il était un inspecteur des sanitaires, ce qui provoqua un sourire amusé sur mes lèvres. Posant mon sac sur la table à manger, je le regardai relever la tête vers le plafond, sans doute surpris de la hauteur de ce dernier. C'était une très grande maison, mon père aimait les endroits très lumineux et éclairés, et ce goût pour la lumière m'avait été transmis. Une fois ce dernier rassuré quant à la propreté de la maison – je ne m'étais pas sentie offusquée, pas le moindre du monde – il revint vers-moi.

- Bon, j'ai des petites idées mais on va planter le décor d'abord.

Par planter le décor, c'était surtout « un sacré bordel de couleurs ». Des peluches, des confiseries dans mon placard et des gâteaux aussi – mon Dieu comme j'avais envie de les manger... et quelques bricoles, magazines etc... Des fleurs aussi. Je sortis mon appareil, et au moment-même où j'allumai ce dernier et que je réglai les options et le zoom, Aaron fit un mauvais mouvement qui le fit glisser sur une peluche, le faisant tomber sur le décor qu'on venait tout juste d'installer. *clic*
Pour rien au monde je n'aurais manqué l'expression qu'il avait fait en s'écroulant. C'était tout simplement enfantin, et très naturel. Un petit sourire sur les lèvres, je dévisageai Aaron, amusée :

- Ben ça commence bien !

Nous refîmes d'autres photos, avec son ballon de basket, lui assis au milieu du décor sans dessus dessous, lui indiquant comme se poser pour que la photo soit plus jolie, etc … Autant vous dire que ce n'était pas mince affaire ! Je ne pouvais pas le toucher – car j'avais bien compris qu'il n'aimait pas ça – alors pour lui faire comprendre la position à adopter... C'était plutôt compliqué.

- C'est très bien. Maintenant un peu plus à droite, comme … Non, ma droite à moi, en fait... Ouaip. Incline ta tê- BOUGE pas, m'exclamai-je, comme frappée par une illumination soudaine.

Regardant le rendu, je le lui montrai, lui demandant si ça lui convenait, ou non. Il nous restait encore deux heures avant de rentrer en ville, d'ici là, on aurait le temps pour d'autres photos. Je le fis bouger dans la salle, poussant le décor sur le côté que je rangerai après, profitant de la lumière. Près de la fenêtre, au milieu de la pièce pendant qu'il s'étirait. Le plus drôle, ce fut me voir monter et descendre sur le tabouret pour les différents angles. Je m'étais même mise par terre, lui se penchant sur le viseur, avec la lumière derrière-lui cela faisait un bel effet naturel – même pas besoin de repasser à l'ordinateur après, elle était très belle au naturel.

- Bon … On va peut-être se mettre à faire des expressions plus sombres maintenant... Allons dans mon studio !

Au même moment où je me dirigeais vers ce dernier, je regardai à nouveau les photos. ... Et c'est là que je remarquai enfin que, indubitablement, Aaron était très...

- Beau.
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Invité
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Ven 14 Aoû - 23:54

- Modèle ?
- Oui, modèle.
- Pour ?
- Un calendrier.
- Un calendrier ?
- Oui, un calendrier, comme le calendrier des dieux du stade ou le calendrier des plus belles et grosses poitrines américaines !
- Aaah !
- Donc ?
- Hors de question.

C'était un non catégorique. " Inutile d'insister " lui avais-je dit. "Tu n'comprends pas Aaron", m'avait-il répondu, "le club de basket a besoin d'argent". Il passa, lui et toute l'équipe, des semaines à me tanner avec ça, sortant des arguments de plus en plus discuttables. "T'es scandinave !", "et t'es pas roux", "Karim a la peau basané, ça passera pas!", "puis t'as l'oreille percé, ça a son charme" agrémentés parfois de propos un peu homosexuels. Peu importe le nombre de fois où je rejetai la proposition, ils revenaient toujours à la charge. Feroces. A moins que... Un "écoute, nous on est moches, t'es l'élu" en fin de saison me fit réaliser à quel point ils pouvaient être déspérés.

- - - - -

J'avais fini par craquer. Le visage tiré par la contrariété, j'étais tout de même venu me présenter au photographe. Ce fut une bonne surprise que de voir Clare dans ce rôle, on avait déjà eu l’occasion de discuter ensemble et j'avais une très bonne image d'elle. Puis elle sentait le miel et la rose. Ce n'est pas ce qui me permis de m'enjouer à l'idée de poser mais on m'avait toujours appris à voir le positif quand tout ne se déroulait pas comme sur des roulettes. Il faut dire qu'avec ma phobie, c'était une situation que je côtoyais fréquemment.

Quand elle m'annonça sur le chemin -après la sortie des cours-, que les photos se passeraient chez elle, mon ventre se noua. Elle dût le percevoir car me rassura aussitôt concernant la propreté de sa maison. Elle avait conscience de ma phobie et ne s'en moqua pas. Je la soupçonnai même d'avoir fait venir des particuliers pour me mettre à l'aise. J'étais toujours anxieux mais loin du malaise.

Il y avait quelque chose dans sa façon d'être qui m'amusait. Elle n'était pas l'une de ces filles trop timides ni de celles qui surjouaient. Elle me paraissait naturelle et elle n'avait pas besoin de secouer ses cheveux ou de faire une blague pour que mes lèvres s'étirent. Elle était charmante et drôle même si cela semblait majoritairement échapper à son contrôle. Naturelle.

On arriva à destination. Je ne sais pas si je dois parler de maison ou de manoir, sa demeure étant particulièrement haute. Une chose que je pouvais certifié c'est que ses parents avaient de grands moyens. Je ne dis un mot et nous traversâmes son jardin. Correctement taillé, décoré et au doux parfum d'été - étonnant comme nous étions pourtant en automne. Je retirai mes chaussures avant de traverser le seuil de la porte et les rangeai à l'endroit fait à cet effet. Ma maladie fut ravie de constater à quel point tout était si bien agencé. Je me redressai ensuite, examinant les lieux. Le sol et les vitres brillaient et meilleur encore, ces meubles avaient une agréable odeur de produits ménagers.

Elle installa les lieux, moi lui portant secours pour disposer les meubles ou objets lourds. Des ballons, des sucreries, des petits cœurs et des fleurs... mon visage et ma carrure n'aillaient-ils pas casser avec un fond si angélique ? C'est ce que je me demandai durant la battle de regard que j'entretenais avec son nounours-cochon. Ne vas-tu pas me rendre ridicule ? semblai-je le questionner. Puis j'entendis un bruit. Sous la surprise, pas le temps de relativiser afin de comprendre qu'il s'agissait seulement d'un poster qui se décrochait. Je me retournai en speed et serré entre deux boites en carton, je basculai en arrière, en plein dans le décor. Boum.

Mes pupilles se dilatèrent. Elle avait pointé son canon en ma direction, immortalisant ce moment "magique". Ma chute fut heureusement amortie par tout ce qui pouvait se trouver sous mes fesses.

- Désolé Mr-cochon Nounours, avais-je dit au concerné en me relevant. Je l'avais un peu écrasé.

- Ben ça commence bien !

Intrigué, je la regardai sourire, visiblement satisfaite de la photo qu'elle venait de prendre. De l'ironie ? Je me penchai derrière elle -gardant mes distances- pour la voir aussi. Mon di-... Oh. Finalement, à regarder de près, ça ne me semblait pas si mauvais.

- Je ne me reconnais même pas, avais-je simplement commenté.

Puis on avait commencé les photos, les vraies je veux dire. Avec des poses, des angles, des projecteurs et des jeux de lumières. Je mentirais si je disais que je ne m'étais pas amusé. Cela pris juste un peu de temps. Il fallait qu'on s'apprivoise d'abord. Je ne me sentais pas très à l'aise au début puis...

-  C'est très bien. Maintenant un peu plus à droite, comme … Non, ma droite à moi, en fait... Ouaip. Incline ta tê- BOUGE pas.

J'eus un fou rire. Une poupée de cire. Voilà ce qu'elle était devenue. Comme si un éclair venait de lui tomber dessus ou que du gel lui avait glacé tous les membres. Elle tenait en équilibre sur une jambe, prête à attraper l'image.

- Désolé désolé, avais-je dit en rigolant, ayant du mal à m'arrêter. As-tu des origines chinoises ?

Un ninja de la photo, voilà ce qu'elle était. Se tordant dans tous les sens, se mettant dans des positions plus loufoques les unes que les autres... c'était le stéréotype même que j'avais des touristes chinois. Puis sa jambe tenue en l'air me donnait presque l'impression d'assister à un entrainement de mahuashigeru.

- Comptes-tu me frapper ? avais-je rajouté, finissant par mettre mon bras devant mon visage pour cacher mon rire et si possible, le calmer.

A partir de là, nos échanges étaient meilleurs. Je ressentais moins de pression et ça se ressentait sur les photos. Je comprenais plus vite ce qu'elle attendait de moi et j'avais un meilleur contrôle sur mes expressions.

Lorsque l'on eut fini avec ce décor, elle me proposa quelque chose d'un peu plus sombre.

- Pourquoi pas, lui avais-je répondu, ni pour ni contre.

Puis je l'entendis murmurer quelque chose.

- Comment ? avais-je demandé, pensant que cela m'était adressé.

Et comme surprise, elle avait relevé la tête pour la secouer, me faisant un signe agité de la main qui signifiait " rien rien, j'étais dans mes pensées ".

Je la suivi alors dans son studio sans m'en préoccuper d'avantage, mes yeux se baladant dans la pièce, curieux. Puis elle me fit asseoir devant une coiffeuse, l'air déterminé. Du maquillage ? Aie.

- Je-...

Elle ne me laissa pas le temps de finir, sortant une paire de gants qu'elle remua sous mon nez. Le maquillage qu'elle allait utiliser ? Neuf, encore dans son emballage.

- Tu as vraiment tout prévu, lui dis-je en en scrutant du coin de l'oeil ce qu'elle comptait me mettre. Désolé de te donner autant de mal

J'étais réellement stupéfait. Mis à part mes parents et ma famille, personne ne s'était donné autant de mal pour mon simple confort. Enfin, si... Une personne l'avait bien fait. Mais j'avais fini par tout gâcher.

L'odeur des gants neufs m'apaisait. J'aimais ce genre d'odeur, comme l'odeur des hôpitaux ou de la javel. C'était des odeurs de propre, de désinfectant. Son toucher était doux, elle s'appuyait le moins possible sur mon visage. En fait, seuls les pinceaux et autres matériels m'effleuraient, elle ayant pris le soin d'attacher ses cheveux afin qu'ils ne me tombent pas dessus. Quand elle termina et qu'elle me demanda d'ouvrir les yeux, sa mine s'illumina.

Elle me fit signe d'attendre et alla chercher un miroir. Je n'étais pas très serein à l'idée de voir le résultat ou même pire, des photos qui pouvaient suivre. Elle avait pourtant fait du beau travail jusqu'à présent mais... j'étais un peu craintif de me retrouver maquillé dans un "calendrier" pour mon club de basket. Puis elle revint, ne me laissant pas plus de temps pour y songer. Elle me poussa à fermer les yeux et à les ré-ouvrir une fois le miroir tendu devant moi.

- ...Oh.

OH. C'était moi ? Abasourdi par le résultat, je m'étais approché pour mieux voir. Mes cils paraissaient si longs et mes yeux si fins.

- C'est du beau travail, la rassurai-je en levant mon pouce. Je savais que je n'étais pas très expressif, ou plus exactement que j'avais souvent l'air contrarié alors je préférais m'assurer qu'elle ne prenne rien de travers. J'étais réellement impressionné.

Elle me demanda ensuite de me lever et de changer de tenue. C'était une longue veste noire protégée par un plastique de pressing. Elle avait vraiment, vraiment tout prévu. Se tenant droite devant moi, elle m'invita alors à prendre place pour me déshabiller. Pas de problème, je mis ma main à mon col et... Hm.

- Euh...

Elle me regarda, je la regardai. Elle me regarda encore et je la regardai toujours. Elle ne battait pas d'un cil, souriante et innocente. Puis après quelques secondes qui me parurent longues, elle tilta.

Embarrassée, les joues presque rougies elle se retourna en s'excusant.

Faisant un rire silencieux derrière elle, je me changeai alors, enfilant la tenue qu'elle avait choisi pour moi. Ce n'était pas du sur mesures évidemment mais j'étais étonné de voir à quel point cela me taillait bien.

- C'est bon, je suis prête, lui fis-je en souriant. Maquillé, habillé, c'était un métier aux allures féminines il fallait bien avouer.

Je me plaçai devant le fond vert et elle derrière son appareil. On commença les photos, calmement d'abord. Clare semblait s'amuser. Elle lançait des sons, parfois des petits cris devant les photos qu'elle prenait. De mon côté, je devais simplement paraître " comme d'habitude ", à sa demande. Puis, les photos devinrent de plus en plus extravagantes. Elle me demanda d'avoir l'air prétentieux, arrogant, presque lubrique même par moment. Une situation un peu comique pour quelqu'un comme moi qui n'avait jamais tenu la main de personne.

- Est-ce que ça ira pour un calendrier ça ? la questionnai-je en riant, elle sur un tabouret à ma hauteur et moi devant me lécher les lèvres, chemise ouverte. On était pas parti sur des nounours et des fleurs à la base ?

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Invité
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Sam 15 Aoû - 2:21
- Beau.

- Comment ?

Au fond, je l'avais déjà remarqué. Il avait des traits très doux et très agréables, est-ce la photographie qui faisait ressortir toute la beauté qu'il émanait ? Je veux dire... Je le trouvais beau dans tous les sens. Rien qu'avec une photo, je pouvais même percevoir sa beauté intérieure. Dans la lueur de son regard amusé lorsqu'il avait eu un fou rire - la joie- , dans son regard concentré sur le sol pour vérifier s'il n'y avait pas des tâches - consciencieux et intransigeant -, ou le visage apaisé et serein. Ce qu'il n'avait pas été au début de cet entretien, mais qui finalement s'était manifesté. J'avais fait des pieds et des mains pour qu'il soit à l'aise, lorsqu'on m'avait dit "Aaron", j'étais étonnement perplexe. Lui qui gardait ses distances, savoir qu'on lui avait demandé de poser et qu'il était venu - je ne pense pas qu'il ait accepté au tout début, ceci dit ce n'était qu'une hypothèse...

Il fallait que tout soit parfait pour que je puisse travailler dans de bonnes conditions et pour qu'il me donne de très bon clichés. Par chance, pour la maison, la femme de ménage était une employée à l'année, et vu la taille de notre maison, je ne pouvais décemment pas passer mes soirées à passer l'aspirateur et à faire les vitres. Les objets du shooting, les vêtements et le maquillage, je m'en étais occupée. Parce que le maquillage, personnellement... Je n'avais que de la CC crème et du mascara, point. Peut-être de l'eyeliner dans l'ancien tiroir de maman, mais c'était tout. Alors pour un shooting, autant vous dire que j'avais mis le paquet. J'avais même pris en double en essayant sur Marius qui était devenu un véritable petit Cupidon une fois maquillé. Mon père avait piqué une toute petite crise en voyant son chérubin aux cheveux d'or un peu comme une Drag Queen - mais en mieux, tout de même...

Alors, dites-vous que tout ce que je faisais était préparé à l'avance et avec minutie.

Lorsqu'il m'interrogea sur le mot sorti en traitre de ma bouche, je secouai ma tête de gauche à droite en gesticulant de la main, comme pour effacer le mot sorti de ma bouche. Nous nous dirigions donc à l'étage, déverrouillant mon bureau pour le laisser passer, lui indiquant ma coiffeuse qui n'avait pas encore servie. Elle était littéralement flambant neuve. Je pris une pince dans ma trousse de maquillage pour attacher mes cheveux épais, de sorte à ce qu'aucune mèche ne me brouille la vue, même une pincette tenait mes cheveux courts de devant. Une pincette Hello Kitty. C'était la bonne époque...
En voyant l'air tendu du blond, je lui montrai les gants stériles que j'enfilai puis les boites neuves qui abritaient les pinceaux, les crèmes correctrices, les poudres vertes et orangées pour le teint, les contourings... Bref, je n'y étais pas allée de mains-

- Tu as vraiment tout prévu.
- Eh oui, répondis-je en souriant.
- Désolé de te donner autant de mal, termina-t-il, un peu désolé.
- Il faut savoir s'adapter à son modèle, répliquai-je, ça ne me gêne absolument pas.

Sinon j'aurais refusé le shooting, cela valait de soi. Mais comme je connaissais Aaron, il n'y avait vraiment pas de soucis. M'installant face à lui, je sortis les bases en m'exclamant :

- C'est parti !

Ce fut un peu long, parce que je m'appliquai énormément. Je m'inspirai des acteurs coréens qui avaient vraiment la peau lisse, sans forcément connaître un seul de leur prénom, mais leur maquillage était souvent fascinant, et de toute manière j'avais eu envie de l'essayer sur quelqu'un. Plus les minutes passaient, plus mes gestes étaient précis, quoi que toujours aussi prévenants, je me sentirais énormément mal à l'aise si un geste le dérangeait. Je me reculai, scrutant le visage du blond pour m'assurer des derniers détails... Et c'était fait.

- Ouvre les yeux, lui demandai-je.

Magnifique. Il n'y avait pas d'autres mots. La lueur orangée de ses yeux était plus vive grâce au maquillage sur ses paupières, et sa mâchoire était marquée, de sorte à lui donner un air mature plus flagrant qu'à l'origine. C'était parfait. Je partis chercher un miroir, le déconseillant d'ouvrir ses yeux avant que le miroir ne soit face à lui.

- ...Oh, avait-il lancé en se dévisageant dans la glace.

Je ne pus vraiment pas retenir un grand sourire. J'étais très contente que le résultat le satisfasse, d'autant plus quand il me félicita en levant son pouce pour appuyer ses dires.

- Merci beaucoup, lui dis-je, maintenant, j'aimerais que tu te changes pour que tu mettes ... ça !

Je lui tendis une veste noire de pressing, laquelle contenait la tenue pour le shooting suivant. Il la prit, s'apprêta à s'affairer lorsqu'il me dévisagea. Je lui souris, mais il persista. Je le dévisageai. Il me dévisagea. ... Ah.

- Euh, désolée, m'exclamai-je en me tournant vivement.

Il émit un petit rire tout en s'affairant derrière mon dos. Je n'étais pas vraiment sûre de la taille qu'il faisait en vêtements, j'y étais donc allée avec l'instinct observateur du photographe, et apparemment, c'était un instinct justifié puisque ça lui allait bien, du moins l'eu-je constaté lorsqu'il me prévint qu'il était prêt. Aussi, je grimpai sur un des tabourets et m'attelai à la tâche. Rien de bien extravagant au début, c'était des poses pour s'échauffer, mais c'était suffisant pour que je réagisse comme à mon habitude. Il avait vraiment de très, très belles expressions, c'était surprenant. Même mes frères qui pourtant étaient de véritables angelots ne le battaient pas. Une folie me traversa l'esprit.

- Regarde l'objectif avec arrogance, voire du dédain... Oui, oui, maintenant essaie un regard un peu plus mutin.

Je ne calculai même pas la façon dont je lui demandai de poser, j'étais dans ma phase de professionnalisme la plus totale. Ma naïveté et mon innocence étaient parties en courant, tandis que lui riait, me demandant si la pose qu'il allait prendre sérierait dans un calendrier sportif. Je décrochai mon regard de l'appareil, le regard très concentré avant de rire, un gros sourire restant figé sur mes lèvres :

- Ce serait une erreur de ne pas la mettre dans le calendrier, les ventes exploseraient avec un Aaron canon en guise de bonus !

Tout en immortalisant le cliché, je vis à travers le viseur l'expression surprise du visage d'Aaron. Relevant ma tête, intriguée par son regard, je clignai des yeux avant de piger.

- Enfin, canon... Canon ... Parce que ... Tu vois ?

J'eu un éclat de rire nerveux, ne cherchant pas à m'expliquer davantage. Je secouai la tête de gauche à droite afin de me remettre les idées en place puis regardai à nouveau dans le viseur, jugeant que le fond vert n'allait plus, je posai l'appareil sur le tabouret et ouvris le placard derrière-moi, cherchant une toile noire ou grise foncée à accrocher à la place du fond vert. Une fois trouvée, je pris les punaises qui tenaient le fond vert pour accrocher le fond noir cendre par au-dessus, vérifiant qu'elle était assez tendue. Cela fait, je m'appliquai à régler la lumière des spots, vérifiant avec l'appareil photo si la lumière convenait. Une idée germa.

- Mets-toi de profil ! Et re- attends, mets ça sur la chemise. (Je lui avais tendu une des écharpes noires épaisses dans un emballage scellé, on aurait dit qu'elle était faite avec des plumes.) Regarde l'objectif ... Comment te dire ç- ... BOUGE pas.

Ça faisait deux fois en un shooting. Que je disais ça. Il venait de faire l'expression que je recherchais depuis tout à l'heure, et là... Et là... Descendant du tabouret pour regarder le cliché, je pinçai mes lèvres entre-elles. Mon Dieu.

- Bon celle-là faudra pas la mettre dans le calendrier. C'est... Elle est...

C'était comme si je me parlais à moi-même. Je zoomais en faisant les cent pas dans le petit bureau, me demandant ce que j'allais bien pouvoir faire de cette photo. J'avais des idées d'effets épurés à mettre au-dessus. C'était une expression remplit d'avidité mal contenue, du moins on pouvait l’interpréter de cette manière, je pense plutôt qu'il plissait ses yeux parce qu'il ne voyait pas du tout de quelle expression je voulais bien parler. Voulant passer une main dans mes cheveux, mon index se coinça sous la pincette Hello Kitty que je n'avais pas retiré depuis toute à l'heure, mais croyez-moi que j'en n'avais cure !

- Regarde, soufflai-je en lui tendant la photo.

Il pouvait voir ce que j'avais vu. S'il ne réagissait pas de la même passion que moi, ce n'était pas si grave que ça... En fait si, c'était grave, parce que là, je n'avais vraiment pas peur de le dire avec conviction :

- T'es canon. Tu vois ce que je voulais dire toute à l'heure ? L'expression de ton regard, tes lèvres entrouvertes... C'est fou, éructai-je, abasourdie.

Ce n'était pas à moi que je faisais des éloges pour avoir pris à temps cette expression lubrique, ah non non, mais bien à lui ! C'était un modèle très inspirant. J'agissais et parlais comme une possédée, je ne m'en rendais compte que maintenant, mais... C'était plus fort que moi, cette photo était de loin la plus belle que l'on avait faite aujourd'hui.

la dite photo:
 
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Invité
Invité
Dim 16 Aoû - 9:53

- Regarde, m'avait-elle soufflé en me tendant la photo. T'es canon. Tu vois ce que je voulais dire toute à l'heure ? L'expression de ton regard, tes lèvres entrouvertes... C'est fou.

J'étais curieux. Depuis le début Clare s'était montrée très démonstrative face aux clichés qu'elle prenait mais cette fois-ci ne ressemblait pas aux autres. Elle n'était pas seulement enjouée ou amusée, elle était abasourdie, passionnée. Je me penchai alors en avant pour y voir un peu mieux, notre différence de taille ne lui permettant pas de me le disposer en face des yeux. Oh. En effet, ce cliché était différent. Le sentiment qui en ressortait l'était également.

Impressionnant, c'est le mot qui me vint en premier. Clare avait su donner une histoire, une ambiance à mon expression. J'étais assez lucide, poser n'était pas mon fort. Tout le mérite de la photo lui revenait. Elle avait du talent pour rendre les choses banales -et parfois laides-, exceptionnelles et belles.

- Ne devrions-nous pas la mettre pour le mois de décembre ? lui fis-je alors, relevant mes yeux vers les siens avec un sourire enjoué.

Elle n'était pas fière de cette photo sans raison. Elle s'était donnée énormément de mal, pour mon confort et pour le shooting en lui-même. La décoration, les fonds, les accessoires, les lumières, le maquillage... Elle avait fait un vrai travail de pro et il était normal qu'elle en récolte les fruits. Certes, devant une telle image de moi, je me sentais embarrassé mais n'était-ce pas trop égoïste de ma part que de lui demander de la garder pour elle ?

Ma gêne se percevait peut-être. Je me grattai derrière l'oreille avant de me redresser. C'était ok si elle voulait la publier, c'est ce que je tentai de lui faire comprendre avec mon expression.

- Tu as vraiment fait du bon travail.

- - - - -

On avait fait quelques photos après celle-la avant de se rendre compte que l'heure avait vite tourné. Il était 18h05 et ses parents rentraient vers 19h. On s'activa alors au rangement de la maison, remettant les affaires et meubles à leurs places et ramassant les plumes que nous avions fait tombé dans son studio. 18h30. Je l'avais suivi dans la cuisine et elle me proposa à manger. Des cookies, faits maison. Ils sentaient très bons mais je fus contrains de refuser.

- Non merci, je ne suis pas trop sucreries. Je peux te prendre un fruit par contre ?

Ce n'était pas vraiment vrai. Je n'avais rien contre les douceurs mais je pouvais rarement en manger. Il fallait que certaines circonstances soient respectées et manger des gâteaux faits maison par un individu autre que moi ne répondait pas à ces dernières. Je ne voulais pas la vexer. Tout avait été parfait jusqu'ici et je voulais qu'elle se sente à l'aise jusqu'au bout.

Me donnant la permission, je pris alors une pomme que je rinçai sous l'évier, lui empruntant au passage une feuille de soppalin. Croquant dans mon fruit, elle me demanda de l'attendre et partit dans la pièce d'à côté. Quand elle revint, elle avait les bras chargés d'un ordinateur portable. Elle l'ouvrit, lia son appareil au port usb et me fis signe de m'approcher. On pouvait visualiser les photos que nous avions faites. Sur ordinateur, le rendu était encore meilleur.

- C'est un peu embarassant de me voir ainsi, dis-je en rigolant doucement, cachant une partie de mon visage lorsque les photos au caractère lubrique défilèrent.

Elle me répondit tout en changeant de dossier. L'un se nommait "Aigles blanc", le nom de notre équipe de basket. Elle cliqua dessus, attisant ma curiosité. Il y avait un dossier pour chaque joueur, un avec mon nom y compris. Elle ouvrit le dossier et me montra. Whao. Alors je ressemblais à ça quand je jouais ? Quand je faisais abstraction de ma mysophobie ? J'avais l'air si confiant, si mûr... puis je vis des vidéos, toutes étaient nommées d'une date, sauf une. Je plissai les yeux pour mieux examiner l'aperçu. Est-ce que c'était...

- Tu as filmé quand je me suis battu ? fis-je, abasourdi.

Elle rigola. L'embarras. Je n'arrivais pas à le croire. Sur le terrain je devenais une toute autre personne et bien que le basket ne soit pas un sport où les combats soient courants, il nous arrivait parfois de rentrer en conflit avec les équipes adverses. Et dans ces cas-là, je devenais plutôt tactile. Elle lança la vidéo et nous fimes tous les deux comme spectateurs d'un match de catch, émettant des sons, faisant des grimaces lorsque les coups nous semblaient douloureux.

- Aaah, et dire que je chipote pour un fruit pas lavé, commentai-je en frissonnant, un sourire crispé. J'étais mysophobe mais je savais en "rire".

Puis je finis par lui demander :  Je ne savais pas que tu filmais aussi. Occasionnellement j'imagine ? Tu as déjà été devant un appareil ? Je veux dire, en tant que modèle ?

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Invité
Invité
Mar 18 Aoû - 1:43
- C'est un peu embarrassant de me voir ainsi, me confia-t-il, gêné.

- Il n'y a pas de raisons d'être gêné, c'est une image que tu reflètes, tu n'en n'as juste pas conscience, lui répondis-je en un sourire en appuyant sur la flèche du bas pour faire dérouler les photos.

Je cliquai sur le dossier des Aigles Blanc, pour ensuite ouvrir son dossier à lui, et un nombre incalculables de photos y résidaient. Des expressions concentrés, faisant abstraction du public et de sa phobie, il était une toute personne, passionné par le basket et ne semblait même pas s'en rendre compte. Ou du moins, il restait humble, et ça, c'était quelque chose que j'appréciais énormément chez une personne : l'humilité. En descendant un peu plus bas, il remarqua les vidéos que j'avais également faite, notamment celle qui n'était pas datée. Un rictus amusé qui retenait un rire moqueur se dessina sur mes lèvres, tandis qu'Aaron prenait conscience de la nature de cette vidéo :

- Tu as filmé quand je me suis battu ?

Et ça y était, j'avais lâché le rire que je tentais tant bien que mal de camoufler dans ma gorge. J'appuyais sur le bouton « lecture » afin que nous puissions regarder la vidéo, grimaçant ou commentant les coups jugés très violents. Il donnait des coups et manifestait une certaine tacticité à l'encontre des joueurs adverses, ça m'avait au début très surprise. Encouragée – ou plutôt, forcée – par mes amis de l'époque à le filmer, je m'étais résolue à enregistrer la baston jusqu'à sa fin, c'est-à-dire lorsque les coachs et l'arbitre se soient interposés entre les joueurs. Me grattant l'arrière du crâne, Aaron commenta avec humour la différence entre son lui sur le terrain, et celui de la vie de tous les jours. Je ris, car en effet, cela pouvait désarçonner au premier abord – ça désarçonnait toujours d'ailleurs.

La vidéo finie, je m'apprêtais à fermer tous les dossiers lorsque le blond me demanda, curieux :

- Je ne savais pas que tu filmais aussi. Occasionnellement j'imagine ? Tu as déjà été devant un appareil ? Je veux dire, en tant que modèle ?

- Je filme de temps à autre, pour des amis, etc … Je n'ai pas encore réfléchi à me lancer dans la vidéo à proprement parler... Ce serait peut-être intéressant. Et... Non, rarement. Au début je faisais des auto-portraits pour apprendre les bases, mais ça m'a vite lassé.

Ou plutôt je ne me supportais pas en photo. L'image que je renvoyais ne me plaisait pas, ne m'inspirais pas, et ce serait par ailleurs très égocentrique de ma part que de dire que j'étais une personne inspirante. C'était plus facile pour moi de révéler la beauté des autres, et moi de m'effacer derrière mon appareil, du moins c'était comme ça que j'envisageais la chose.

- Je n'arrive pas à jouer avec mon corps devant une caméra, lui expliquai-je, un rire embêté suivant ma phrase.

Absolument pas, même.
Il y avait des dossiers que je ne désirais pas montrer habituellement, du moins cela me gênait : les dossiers de mes portfolios. Je prenais n'importe qui, n'importe quoi. La partie « expressions » étaient basées sur le regard des gens, sans pour autant que ce soit du portrait, c'était plutôt la capture des prunelles. Il y avait le regard d'Aaron je crois, je n'en étais plus sûre, j'avais pris tellement de photos pour cet album, il doit y avoir au moins 500 photos, que des paires d'yeux, quel qu’elles soient. C'était un projet comme ça, qui n'avait ni queue ni tête, en fonction de mon humeur, si j'étais de mauvaise humeur, je recherchais une expression qui ressemblait le plus à l'émotion que je ressentais, et vice versa. J'étais tombée sur de très jolis yeux tout de même. L'heure tournait, il était dix huit heures quarante-cinq. Me tournant vers Aaron, je lui demandai, curieuse :

- Je suis quand même perplexe. Par quel moyen on t'a convaincu de te laisser prendre en photo pour le calendrier sportif ? J'avais toujours pensé qu'être modèle ne te plaisait pas …

La dernière phrase avait été prononcé d'une manière plus rêveuse, certainement parce que je me le demandais à voix haute, et que c'était qu'une simple remarque anodine. Il me semblait tellement mystérieux ce Aaron de temps à autre. J'étirai un sourire après quelques secondes dans mes pensées, refermant mon ordinateur après avoir constaté l'heure tournante.

- Ah, ils ne vont pas tar-

Der. La porte s'ouvrit sur deux petites têtes blondes aux cheveux bouclés et aux yeux bruns. Marius et Blaise.

- Papa n'est pas avec vous, demandai-je après les avoir réceptionné, les deux retirant leurs manteaux pour les ranger dans la penderie. Ils avaient même retiré leurs chaussures ! Etonnant...

- Non, il a fait demi-tour, il a oublié son manuscrit chez son éditeur, répondit le plus vieux.

- … Vraiment ?

Il haussa les épaules, comme s'il jugeait avec moi de la médiocrité de l'excuse que mon père servait à chaque fois qu'il se rendait chez ses « sources inépuisables d'inspiration ». Souriant pour cacher mon malaise, je me tournai vers Aaron qui s'était redressé et les présentai :

- Aaron, je te présente mes petits frères Marius, le cadet et Blaise, le dernier. Et voici Aaron, on a fait des photos aujourd'hui !

- C'est ton copain, demanda Marius, une interrogation étrange dans la voix.

- Oui, c'est un ami du lycée, répliquai-je, les sourcils haussés comme surprise de la question.

- Ah.

Il sembla se détendre. Je dévisageai interdite mon ami basketteur à côté de moi, n'ayant pas compris la réaction de mon frère ainsi que le sens de sa question tandis que le plus petit lui s'apprêtait à serrer la main d'Aaron.

- Bon, et si vous alliez faire vos devoirs, hein, proposai-je, Blaise suspendant son geste pour me regarder, toute ouïe. Moi je vais raccompagner Aaron, je reviens !

Sans un mot de plus, si ce n'était qu'un « au revoir » poli qu'ils adressèrent au blond, nous nous dirigeâmes vers le meuble où il y avait les chaussures. Une fois ces dernières enfilées, je le suivis jusqu'au portail, et m'étais imposée pour le ramener au moins jusqu'à l'arrêt de bus, sait-on jamais.

- On a fait du bon travail, je pense que les calendriers de cette année vont se vendre comme des petits pains !
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La beauté est l'émanation de l'âme [PV - Aaron]
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