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Te contempler





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Ven 28 Aoû - 1:17
- Bonjour Adam.
- Bonjour, docteur.

Comme d'habitude, le silence s'installe. Je n'suis jamais le premier qui entame la conversation.

- Dites-moi Adam, vous désirez revoir l'extérieur, n'est-ce pas ? Je veux dire, vous souhaitez, comme tous les étudiants de ce centre, faire partie de la vie civile sans nous, n'est-ce pas ?
- Bien sûr.

Je réponds toujours ce qu'il a envie d'entendre. Parce que même si je sais parfaitement que nous sommes tous incapables de rejoindre le monde "normal" à cause de nos passés. Tout du moins certains sauront jouer un rôle jusqu'à la fin de leur vie, mais ils ne seront jamais réellement les personnes qu'ils feront semblant d'être devenus.

- Je pense que vous êtes intelligent, Adam. Vraiment intelligent.

Il laisse passer quelques secondes, pendant lesquelles je ne romps pas le silence.

- Suite aux incidents survenus au départ de votre séjour parmi nous, je sais que vous avez perdu une certaine confiance en vous. Mais ce n'était qu'un accident, Adam. Vous n'êtes pas responsable de ce qui est arrivé.

Je le fixe dans les yeux, j'attends la suite. Il ignore tout de ce qui s'est passé ce jour-là. Il ne sait pas que je voyais Noah, que je le savais entre mes mains. Il ne sait pas que je le regardais mourir, que je le tuais et que je le savais. Il pense que j'ai fais une crise de dissociation de personnalité. Il pense que je suis schyzophrène. Et pour éviter la prison, je le laisse croire à son histoire. Je joue un rôle, comme je l'ai toujours fait. Mais au fond, je le sais, je ne suis rien de plus qu'un assassin. Et je vivrais toujours pour tuer. Parce que je suis foutu. Je suis un chien de combat dressé pour tuer, et personne ne saura jamais me réhabiliter. Lui pas plus qu'un autre.

- J'aimerais que vous parrainiez l'une de nos élèves. Elle ne fait pas partie de votre classe, elle n'a pas un passé aussi lourd que le vôtre. Elle a grandis au mauvais endroit, voilà tout. Comme vous, elle a toutes ses chances de s'en sortir, d'apprendre à vivre avec son passé pour se dessinner un avenir meilleur. Loin de ce qu'elle a vécu et fait jusqu'à aujourd'hui.

Je crois que j'ai su avant qu'il dise son nom. Je crois que je vois dans ses yeux, que ce qu'il croit n'est qu'un mensonge de plus dont il a besoin pour croire qu'il a réussi sa vie, qu'il ne s'est pas trompé de voie. Je pense que j'ai senti bien avant de le savoir, pourquoi il m'a fait venir aujourd'hui.

- Elle s'appelle Jeni Delta Yumi, et elle a besoin de votre aide pour certains cours. Vous êtes un bon élève, vous pourriez l'aider. Je pense que cette expérience serait bénéfique autant pour vous que pour elle. Vos tempéraments se complètent, vous pourriez faire une bonne équipe tous les deux. Adam, accepteriez-vous de la soutenir dans son travail scolaire ?
- Bien sûr, docteur.

Jeni n'a pas besoin d'un soutien scolaire. Mais moi, j'ai besoin de Jeni. Et si je n'ai pas le droit de la suivre, de l'approcher contre son gré, je ne peux en outre pas contester l'ordre du psychologue. C'est ma seule opportunité de la ravoir à mes côtés. Et je la veux à mes côtés, d'aussi près que j'aurais le droit de l'être. Je quitte la pièce en silence, après les politesses de coutumes instaurées avec cet homme si ignorant. Je rejoins ma chambre, et je sors mes affaires de cours. Il est temps de reprendre les choses où je les ai abandonnées. Il est temps d'être courageux, et de regarder en face celle que j'ai perdue.
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Jeni D. Yumi
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Ven 28 Aoû - 4:12



Te contempler
ft. Adam.



-...Hein?

Deux. Non sans rire, là tout de suite, la brune était sur le cul. Reprenons.
Comme à son habitude, la demoiselle avait décidé de sécher ses cours. Actuellement, c'était des maths, autant dire que même si elle n'avait pas de difficulté en cette matière, elle ne l'appréciait absolument pas -comme à peu près tous les étudiants du monde d'ailleurs-.
Mais cette fois, au lieu d'être tranquillement posée dans un coin du pensionnat, il avait fallu qu'on vienne la chercher pour la traîner chez le CPE.

Autant dire qu'elle s'attendait à ce que ce soit pour l'engueuler, lui dire de retourner en cours, blablabla. Enfin, même pas. La jeune femme s'était assise tranquillement sur le fauteuil face au bureau de l'adulte, le regard froid et non-advenant, alors que l'homme la dévisageait de derrière ses lunettes rectangulaires. Flanqué de deux hommes de la sécurité, il devait vraiment craindre quelque chose d'elle, et des autres. En même temps, si elle avait voulu, elle les aurait tué tous les trois en même temps. Enfin, si elle avait pu bénéficier d'un minimum de matériel...qu'elle n'avait pas. Shit.

-Bonjour Jeni. Sais-tu pourquoi tu es ici?

Le ton advenant du CPE la répugnait. Elle n'avait en aucun cas envie d'être patience, ou sympathique avec cet individu.
Sa voix froide trancha l'air, amenant avec elle un mal-être visqueux qui donnait l'impression de coller à la peau.

-Ce s'ra Yumi pour vous.

Du coin de l'oeil, la jeune femme vit un des hommes déglutirent, sans que pourtant son regard ne s'amène vers elle.

-Hum...Apparemment non. En fait, nous avons remarqué que vous aviez des difficultés en mathématiques. Enfin, c'est ce que nos médecins déduisent, étant donné que vous ne vous êtes pas présentée à un seul de ces cours depuis votre arrivée. Alors que vous avez fait grâce de votre présence dans quelques autres malgré tout.

Jeni resta silencieuse. Elle n'aimait pas les maths, point. Il y avait quoi de mal à cela? Ses jambes se croisèrent, et elle se cala plus confortablement dans le siège, un air dédaigneux peint sur le visage, alors que son regard gardait cette neutralité déconcertante qui la caractérisait tant.

-Heu... Enfin,-Il toussota pour reprendre contenance.-nous en avons déduit qu'il vous fallait un soutient scolaire. Vous serez bien entendu obligé d'y assister...sous peine de lourdes sanctions. Comme votre renvoi de l'établissement.

Tss...la mafieuse n'aimait pas les menaces. Mais rien de son agacement ne transparut sur son visage de marbre. Un renvoi de l'établissement voulait dire, un allé direct et définitif à Fleury-Mérogis. Et, ça ne lui plaisait pas plus que cela.

Donc, nous avons choisi de vous mettre en binôme avec un jeune homme qui vous aidera. Il appartient à la classe B-3. Je compte sur vous pour bien vous entendre. Il vous attend en salle de retenu. Nous comptons sur vous.

En plus il ne lui avait même pas donné le prénom de celui qu'elle était censée rejoindre. Super.
Puis de toute manière, elle n'avait pas grand chose à faire non? Bon, il ne fallait pas franchement compter sur elle pour faire la conversation à l'autre énergumène. Malgré tout, elle quitta la pièce, son sac militaire sur l'épaule et se dirigea vers le lieu indiqué.
En arrivant devant la salle de retenue, ses pas se stoppèrent. Elle essuya vite fait sa main sur son short délavé, plus par tic que par réel besoin. Son haut noir en mailles transparentes laissait entrevoir son soutien-gorge blanc, laissait sa peau respirer.

-...pelle Jeni Delta Yumi, et elle a besoin de ...our certains cours. Vous êtes un bon élève, vous pourriez l'aider...nse que cette expérience serait bénéfique autant pour vous que pour elle. Vos tempéraments se complètent, vous pourriez...bonne équipe tous les deux. ...accepteriez-vous de la soutenir dans s... scolaire ?

Ca, c'était pour elle. Sans attendre le départ du doc, la jeune femme s'adossa au cadre de la porte, ignorant royalement les quelques élèves qui lui jetaient des regards curieux.

-C'bon vous avez fini d'causer?

Son ton peu advenant se fit plus froid, quand elle aperçut Raven. Pas encore lui, ce mec lui collait vraiment à la peau. Elle allait encore se retrouver déstabiliser. Bon, avec un peu de chance il en aurait aussi assez de cette mascarade, et se contentera comme elle, de sécher ces courtes entrevues qu'ils étaient censés avoir, en privé.

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Mar 1 Sep - 7:11
Le silence est pesant, parce que j'ignore combien de temps me sépare encore de Jeni. Combien de minutes ou d'heures me tiennent encore à distance d'elle. Alors, je fais ce que mon esprit décide de faire, et je cite un alphabet que peu comprendraient, et dont j'ignore d'où je sors sa si parfaite connaissance. Encore un souvenir qui me frappe sans raison, et sans non plus me donner davantage d'explications. Alpha. Je fixe le psychologue dans les yeux, j'essaie de lire ce qu'il peut bien préparer, ce qu'il s'imagine. Il espère faire de nous des êtres sociaux. Il a dû comprendre comme tout le monde que Jeni n'est pas plus amicale que je ne suis inoffensif. Bravo. Il triture ses boutons de manchettes, parce que le doc' est toujours impeccable et propre sur lui. Il veille à son apparence autant qu'il est persuadé d'être un bon praticien dans son domaine. Charlie. Le silence s'étire, je n'esquisse pas le moindre mouvement et l'animal en moi perçoit désagréablement les froissements du tissu entre ses doigts. Delta. Son odeur emplirait mes narines si j'étais loup, et sa présence fait voler mon coeur en éclat même si je ne fais montre d'aucune découverte fasse au médecin.

- C'bon vous avez fini d'causer ?

Echo. Le doc' se tourne vivement vers la porte, moi je penche lentement la tête sur le côté pour la regarder. Elle n'a pas changé, et son visage si sombre ne me montre plus la moindre empathie, plus la moindre trace d'un quelconque amour qu'elle aurait un pu ressentir à mon égard. Foxtrot. Le doc' se lève avec précaution, comme s'il s'était trouvé dans une cage avec deux lions sauvages et qu'il était dans l'obligation de leur apprendre des tours pour une prochaine représentation de cirque. Golf. Je laisse passer entre mes lèvres un léger soupire, qui me serait presque douloureux. Je crois que le psy' sent la tension monter, parce qu'il se racle la gorge avant d'afficher un sourire poli quoi que tintée d'une certaine angoisse.

- Bien, je ne vais pas interférer dans votre travail. Je compte sur vous.

Hotel. Le doc' s'éclipse, me laissant seul avec la jeune fille de mon passé, qui fut mon présent et mon avenir. La jeune fille que j'ai lâchement abandonné par peur de devoir lui faire mes adieux en face. Comprendra-t-elle un jour ? Certainement pas, parce que pour ça il faudrait qu'elle veuille retourner le passé, ce que j'ai laissé derrière moi et qu'elle ne remontera pas à la surface. India. En silence je lui montre la chaise en face de moi, celle précédemment occupée par le psychologue de l'établissement. J'attends qu'elle s'assied, et je ne me gêne pas pour la regarder, chercher en elle les détails que j'ai laissé passer pendant que je vadrouillais avec une petite soeur mourante. Juliett. Son regard vairon renferme une telle haine que, l'espace d'un instant, je ressens le fol espoir que cette colère sourde soit entièrement dirigée contre moi. Mais, connaissant Jeni, c'est son enfermement qui doit la rendre furieuse, pas la présence d'un miséreux qui a si facilement failli à ses promesses d'amour. Kilo. Je reste silencieux longtemps, à la regarder qui s'immobilise et me rend mon regard. Un regard plus froid, sans aucune trace d'un quelconque sentiment de contentement. Elle aurait assisté aux cours sans trop broncher si ça avait été un autre que moi, mais la voilà forcée d'être enfermée avec celui qu'elle a peut-être aimé. Quel effet ça lui fait ?

- Salut, Jeni ...

Lima. Je me sens ridicule de ne trouver que ça. Mais je me demande, en fait, si elle aussi peut encore ressentir ces choses que j'ai si longtemps connues et niées. Je me demande si elle m'a cherché longtemps, après mon départ du pensionnat où nous nous sommes rencontrés. Elle a dû continuer sa route sans trop de difficultés, sauf si elle m'a aimé autant que je l'ai aimée. Mike. M'aime-t-elle ? M'a-t-elle aimé ? Ressent-elle des regrets, lorsqu'elle repense à notre histoire ? Repense-t-elle parfois à notre histoire ?
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Jeni D. Yumi
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Mar 8 Sep - 8:09



Te contempler
ft. Adam.



Les deux hommes de la pièce s'étaient brusquement tournés vers elle. Le doc, avec ses lunettes rectangulaires, son début de calvitie et sa fringues trop soignées au goût de la jeune femme, se leva prudemment, brusquement tendu par sa présence. Il se déplaça rapidement, mais sans aucune maladresse pourtant, vers la sortie en leur souhaitant bonne chance.

Mettez-y de la bonne volonté Yumi. Sinon....

A la suite de ces mots murmurés, la sus-nommé serra les dents. Ô, qu'elle détestait les menaces.
Mais passons, ce petit vicelard s'en était allé, et la mafieuse se retrouvait désormais dans la même pièce que celui qu'elle évitait depuis un bon moment.

- Salut, Jeni ...

Même pas un salut ne sortit de ses lèvres désespéramment closes. Aucune parole censée ne jaillit dans son esprit. En fait, peu à peu, un léger mal-aise commençait à l'envelopper dans ses tentacules grisâtre... c'était à l'en dégoûter. Pourtant, restant fidèle à elle même, la brune ne montra rien sur son visage de marbre clair. Par contre, elle fuyait rapidement le regard de l'homme en face d'elle. C'était son regard qui l'avait trahi la dernière fois, sur ses sentiments. Et elle ne voulait pas qu'il devine à nouveau ce qu'elle pensait, la portée de ses sentiments, ce que sa présence inattendue provoquait chez elle.

Sans un son, Jeni s'avança, passant à côté du garçon qui mesurait bien deux têtes de plus qu'elle. L'espace qu'il lui laissait pour rejoindre sa chaise était étroit, et la mafieuse dû serrer les dents au moment où, le frôlant de trop près, l'odeur chaude et animale emplit ses narines sensibles.
Toujours dans le silence le plus total, le plus défiant à vrai dire, la louve se laissa tomber sur une chaise, relevant les pieds avant pour se balancer, un genou sur le bord de la table la soutenant. Ses mains se croisèrent derrière son crâne et elle rejeta sa tête dans l'appui-tête qu'elles lui offraient.

-Que c'soit clair. Chuis pas là pour bosser, mais parce qu'on m'a forcé. Alors compte pas sur moi pour parler, ne serait-ce que d'une fonction carrée, ou d'un polynôme du second degré.

Ca avait le mérite d'être clair. Ses yeux se fermèrent, alors qu'elle espérait dans un coin de son esprit qu'il s'écarte pour lui laisser de l'air, en attendant que l'heure se finisse.
Plus que 50 minutes à tenir...

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Mer 16 Sep - 22:08
Son visage pâle est comme un linceul qui refuse de découvrir le reste de mes souvenirs. Il reste imperturbable et pourtant, derrière ce mirage, je revois son sourire discret, ses airs faussements exaspérés. Je revois les émotions qu'elle acceptait de me montrer autrefois, elle ne se refusait pas à partager avec moi. Est-ce qu'il y en a eu d'autres ? Est-ce qu'elle a accordé sa confiance à quelqu'un, après moi ? Ou même avant ? Oui bien sûr. Il y en a eu. Qui lui reste-t-il maintenant ? Qui hormis son frère et l'autre blond que je ne supporterais probablement jamais ? Elle ne répond pas. Mais que pourrait-elle répondre ? On a déjà vécu cette scène, lorsqu'elle a mis les pieds dans le hall d'entrée pour la première fois. C'est moi qui lui ai parlé en premier. Moi qui l'ai plaquée contre un mur pour lui faire des reproches, alors qu'elle en aurait au moins autant que moi à me faire. Mais bon sang comment est-elle arrivée là ? Et pourquoi seule ? Où est son foutu frère ? Je soupire. Elle frôle mon corps dans un froissement de tissus imperceptible, pourtant je ressens son contact comme un coup porté en pleine poitrine. Sa présence me fait d'autant plus mal qu'elle me semble si absente désormais. J'ai envie de la prendre dans mes bras, d'oublier avec elle les mois qui se sont écoulés sans que je puisse jamais la toucher, ou l'entendre. J'aurais tout donné pour capter sa respiration lente.

- Que c'soit clair. Chuis pas là pour bosser, mais parce qu'on m'a forcé. Alors comptes pas sur moi pour parler, ne serait-ce que d'une fonction carrée ou d'un polynôme du second degré.

Comme ces notions me sont lointaines. Elles ne me semblent même pas familières, comme la plupart des choses qui devraient faire partie de mon passé et qui m'évoquent parfois des choses lorsque je les entends. Une odeur, une image floue, une sensation ... Tant de possibilités pour des souvenirs dont j'ai été privé, pour des données que je ne retrouverais jamais. Je la regarde, la détaille, la contemple. J'esquisse une ébauche de sourire en coin, ce sourire que j'aurais pu lui faire autrefois, lorsque nous partagions encore une relation que personne ne pouvait ni comprendre, ni envisager avec elle ou avec moi. Une ébauche de sourire que je n'aurais donné à personne d'autre, et que derrière ses paupières closes elle ne peut pas voir. Un énième souvenir de notre vie d'avant. J'observe ses mains et si je ne les vois pas, perdues dans sa chevelure d'ébène, je me rappelle leur douceur et le finesse. Je me rappelle du contact de ses doigts contre les touches du clavier, de la sensation, des frissons qui ont parcouru mon corps lorsqu'elle a joué pour moi. Lorsqu'elle a sorti du néant un petit garçon terrorrisé par un monde bien trop grand. Sans faire frémir le moindre de mes vêtements, sans laisser un seul bruissement trahir mes mouvements, je me penche en avant, au-dessus de la table. J'appuie sur mes coudes et, le visage au creux des mains, je la regarde encore une fois, sans plus sourire.

- Il t'as fallu combien de temps ?

Je laisse s'effiler le temps, se multiplier les secondes. Je laisse couler entre nous cette distance qui nous sépare et qui me brûle à chaque instant. Je laisse ma douleur prendre sa part du festin, je la laisse me dévorer de l'intérieur, me crâmer les organes jusqu'à n'avoir plus l'impression que d'être un cadavre putride. Je ne la quitte pas des yeux, et elle joue l'indifférence. Elle ne rouvre même pas les yeux. J'ignore même si elle a pris la peine de m'écouter, ou si elle a plongé dans des rêves sans vie, dans des souvenirs incertains. Sa famille, son frère, les amis qu'elle a laissé en route pour venir jusqu'ici, où elle n'aura jamais sa place à mes yeux. Mais autant que je veux son bonheur, autant que je veux qu'elle m'ait laissé derrière comme je l'ai fais avec elle, je suis pris d'une amertume violente. Une lourde rancoeur se faufile entre mes sentiments pour créer un noeud dans mon estomac. Autant que je veux son bonheur, j'aimerais savoir qu'elle a souffert de mon absence, autant que j'ai souffert de la sienne. Je serais moins malheureux de savoir qu'elle a eu mal. Parce que si c'est égoïste, ça me permettrait surtout de savoir qu'elle m'a aimé assez pour souffrir, pour ressentir ma perte comme j'ai ressenti la sienne. Pas un jour ne s'est écoulé sans que je pense à son visage, sans que je sente son parfum dans la rue alors qu'elle n'était pas là, sans que je crois la voir au détour d'un croisement.

- Combien de temps pour m'oublier, Jeni ?
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Jeni D. Yumi
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Jeu 17 Sep - 6:34



Te contempler
ft. Adam.



Elle n'avait pas bougé. Remuer serait sans intérêt pour elle, alors qu'elle profitait du silence qui s'était installé. Un silence froid et désagréable qui avait le don de la mettre mal à l'aise. Jeni pouvait sentir la présence de l'être froid à ses côtés, une présence autre fois désirée, et à présent fuit.

Quand le B-3 bougea, la jeune femme sentit ses muscles se tendre, en l'attente d'un contact espéré mais repoussé. Mais rien ne vint effleurer son genou, sa joue ou une mèche sombre qui parsemait ses épaules.

- Il t'as fallu combien de temps ?

Combien de temps pour quoi? Partir de son pensionnat? Arrêter de lui en vouloir? Retrouver sa vie précédente. La mafieuse ne chercha pas à montrer le moindre signe d'intérêt pour l'homme qui avait été jadis un petit garçon à reconstruire. Il fallait croire qu'elle devait tomber sur des hommes brisés pour les reconstruire, comme elle apprenait à des jeunes filles à devenir des femmes. C'était assez drôle quand on y pensait. Parce que personne ne lui avait appris à grandir elle, même si elle l'aurait voulu. On lui avait juste appris à survivre, c'était déjà pas mal à l'époque.

- Combien de temps pour m'oublier, Jeni ?

Tout à coup, Jeni crut sentir une partie d'elle se fendre. C'était étrange d'entendre ça. Sur le coup, ses paupières s'étaient plissées alors qu'elle se retenait d'ouvrir les yeux pour l'observer. C'était bien étrange.
Elle pensait qu'il l'avait oublié. Ca ne devait pas être dur à faire après avoir abandonné quelqu'un non? Qu'il avait une nouvelle copine, plein de nouvelle expérience et tout le tralala. Enfin..apparemment ce n'était pas le cas.

"Je ne t'ai pas oublié..."

Ces mots menaçaient de sortir à tout instant. Et sans s'en rendre compte, la jeune femme secoua la tête, comme pour chasser cette pensée. Puis elle rouvrit les yeux pour fixer son regard impassible sur le jeune homme, au nom toujours aussi inconnu.

-J'oublie personne. Maintenant soit sympa et laisse moi dormir.

Fuir la conversation. C'est ce qu'elle avait toujours fait, même quand ils étaient ensembles. Inconsciemment, la demoiselle rêvait de se diriger dans ses bras pour s'y allonger et respirer son odeur animale...bestiale. Une odeur qui éveillait tous ses sens et qu'elle pouvait sentir de là. Une odeur qui lui tordait les entrailles. Une odeur qui brouillait sa vision.
Et le son de sa voix qui chantait dans ses oreilles...

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Ven 18 Sep - 7:28
J'observe son visage, je détaille les traits de ce qui a longtemps été le rideau pâle sur ma vision habituelle. Combien de temps pour effacer les souvenirs que j'avais forgés avec elle ? Combien de jours, de semaines, de mois pour supprimer de sa mémoire les restes d'une vie dont nous avions rêvé ensemble ? Elle était si belle et si sauvage à la fois. Elle était si inaccessible et en même temps, si proche de moi. Elle était si parfaite, dans ma tête, et j'ai fais la seule erreur que j'allais regretter jusqu'à la fin de ma vie. J'ai fais la seule chose contraire à qui me rendait moi, qui faisait de moi ce gars en reddition. Elle m'a appris à vivre, et pour la remercier je l'ai abandonnée dans un internat où elle m'avait ramassé en morceaux. Je l'ai laissée là où elle m'avait montré comment exister à nouveau. Pas un signe, pas un regard. Je suis parti sans même laisser une trace de ma présence, comme si je n'avais jamais fait partie des lieux. Dans un sens c'était peut-être le cas, mais j'avais fait partie de quelque chose, si ce n'était des élèves. J'avais fais partie de son coeur, à l'époque. J'en suis certain. Elle n'a pas joué un rôle. Je voyais la sincérité dans son regard, je sentais l'honnêteté dans son coeur. J'entendais la vérité dans sa voix et je percevais l'amour véritable quand j'écoutais battre son coeur contre mon poitrail, quand dans mes bras, elle s'abandonnait à la réalité avec moi. Quand elle m'aimait. Et je suis parti. Comme un lâche.

- J'oublie personne. Maintenant sois sympa et laisses-moi dormir.

Mais elle a rouvert les yeux. Et je sais qu'elle ne fait que détourner mon attention de ce qu'elle ressent, de ce qu'elle refuse d'admettre. J'ignore encore si elle me haie ou si elle me désire encore au point de m'en vouloir de ne pas la toucher. Mais je sais désormais qu'elle ressent toujours quelque chose pour moi. Reste malgré tout à savoir si j'ai le droit d'exister à nouveau dans son coeur, ou si je dois libérer son esprit de mon souvenir, pour laisser la place à un autre. Et puis, à penser une telle idée, mon coeur manque un battement. Non, ça m'est viscéralement impossible. Je ne saurais laisser la place qu'elle m'a donné, à un autre. Je ne saurais tolérer qu'un autre être puisse vouloir effacer nos souvenirs, remplacer notre histoire, ramasser mes pots cassés. Je veux caresser ses cicatrices du bout des doigts, embrasser les fissures de son âme et les aimer comme je l'aime. Je la veux pour moi, comme elle l'a toujours été, dans le fond. Je la veux avec ses blessures et ses armes, avec ses silences et ses hurlements sauvages. Mais quelle est la prochaine étape ? Comment puis-je lui faire comprendre à quel point je l'aime, à quel point j'ai besoin d'elle ? Elle a toujours été pour moi la plus importante. Elle a toujours été celle à qui j'ai eu envie de tout dire, avec qui j'ai voulu tout partager. Elle a toujours représenté la personne en qui je plaçais mes espoirs d'une nouvelle vie. Elle savait tout.

- Jeni ...

Je lâche dans un souffle. Mais ça y est, je sais. Non, elle ne sait pas tout. Je le sais depuis longtemps, et j'ai des milliers de fois désiré partager ça avec elle. J'ai longtemps frémis à l'idée de le prononcer pour elle, de le lui faire entendre. J'ai longtemps réfléchis à la manière de le lui dire, au lieu, au moment opportun pour lui demander de garder avec moi cet ultime secret. Elle a déjà tant donné, elle a déjà tant porté pour alléger mon fardeau. Je ne parvenais pas à me résigner, je n'arrivais pas à la laisser graver ça dans sa mémoire. J'avais peur de la voir fuir, si je décidais de lui donner cette identité dont j'ai tellement honte. Comment aurait-elle réagi, à l'époque, lorsqu'elle aurait entendu le nom de ce lâche, de ce minable qui a laissé mourir sa famille, de ce pitoyable gosse qui a été incapable de protéger sa soeur ? C'était pour moi comme m'insulter que de prononcer ce mot. Je l'ai banni de ma vie de longues années, mais je réalise aujourd'hui que si une seule personne au monde est capable de lui redonner de la valeur, eh bien cette même-personne ne peut qu'être en face de moi en ce moment-même. Pourtant, malgré son regard posé sur moi comme si j'étais un indésirable, j'hésite longtemps. Je regarde s'écouler le temps, incertain de me souvenir. Je doute de savoir encore le prononcer, d'être encore capable de le faire résonner dans l'air. Je relève les yeux, je fixe les siens.

- Adam.

Adam. C'est pourtant si court, si simple. C'est pourtant tellement anodin. Alors pourquoi mon coeur tambourine dans ma poitrine, si fort qu'il me fait mal ? Pourquoi je cherche dans ses yeux le réconfort que j'ai fui il y a si longtemps ? Pourquoi j'ai si peur de la voir se lever, de la voir s'en aller ? Pourquoi ce simple mot est-il capable de me faire ressentir dans de mal-être ? Pourquoi ai-je la désagréable impression de retomber dans les méandres de mon esprit, et d'être à nouveau ce petit garçon recroquevillé sur lui-même, enchaîné à un rocher gigantesque dont il se sait incapable de se libérer ? Pourquoi, maintenant qu'elle me connait, suis-je capable de ressentir un tel soulagement ? Porte-t-elle désormais le poids de ce que je viens de lui donner ? Aurais-je dû le garder pour moi ? Lui coûtera-t-il aussi cher de le porter, qu'il m'a été lourd de le faire ? Elle ne réagit pas. Et le loup tremble, effrayé à l'idée que la réalité puisse être plus cruelle qu'elle ne l'a jamais été. troublé à la seule pensée de la voir disparaître pour toujours. Ma voix s'échappe dans un murmure, comme les cendres d'une urne que j'essaie de disperser.

- Je m'appelle Adam ...
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Jeni D. Yumi
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Dim 20 Sep - 9:45



Te contempler
ft. Adam.



Il chuchote son nom. Un frisson la parcourt.
Malgré tout, elle ne laisse rien paraître. Les yeux ouverts, la respiration lente, bien que irrégulière à cause de sa position, la jeune femme continua de se balancer négligemment sur sa chaise. Son regard était perdu dans le vague. Ses doigts dans sa crinière tapaient chacun leur tour contre son crâne, un tic qu'elle avait depuis peu.
L'homme en face d'elle -toujours inconnu soit dit en passant- semblait troublé, perturbé.
Pensait-il aux jours qui avaient été leurs? Certainement.
L'avait-il oublié pour une autre? Certainement aussi.

Cela devait le perturber, et l'embêter de la revoir: il devait être bien mieux en son absence.
Enfin bon, la mafieuse ne comptait de toute manière pas l'embêter outre mesure.
Elle lui en avait voulu. Oui, énormément. De l'abandonner dans ce pensionnat où il l'avait en quelque sorte 'récupéré'. Enfin non. Ils s'étaient récupérés mutuellement. Lui en tant que petit garçon perdu et brisé. Elle en tant que mafieuse sanguinaire sans aucune connaissance des sentiments autre que la loyauté et l'attachement. Il leur avait fallu du temps pour se connaître, de nombreuses étapes plus ou moins difficiles à parcourir ensembles.
Mais malgré tout, un jour ils s'étaient trouvé, et il l'avait pris dans ses bras pour l'embrasser devant le monde, comme une provocation, une preuve que même si différent, même avec son milieu de vie, même avec le passé oublié de Raven, même comme ça, ils pouvaient s'aimer malgré tout.

Et du jour au lendemain, il l'avait abandonné.
Jeni s'en souvenait très bien. Un bonne nuit, une caresse. Et le lendemain, elle se réveillait seule. Pas un au revoir. Pas un mot. Pas un baiser. Lâche que tu étais Raven.
Si elle avait pleuré? Non. Elle aurait sans doute préféré. Mais les larmes n'étaient pas venu, alors que son regard vide transperçait la fenêtre de sa salle de classe pour venir se perdre dans l'étendu bleuté que lui offrait le ciel.
Pas une nouvelle.

Et quand le pensionnat avait fermé, elle s'était retrouvé à la rue. Jeni était rentrée chez elle, tentant d'oublier Raven, ses promesses mensongères, ses bras chaleureux, son sourire qu'elle était la seule à faire apparaître. Pour replonger dans ses massacres, ses horreurs, ces cris. Même son boss s'était inquiété. Jeni se souvenait à quel point le blond l'avait harcelé pour la foutre en vacances. Mais jamais elle ne s'y était résolu. Elle avait besoin de bouger.
Ses cauchemars étaient revenus en masse, plus puissants que jamais. Plus terrifiants. Une personne de plus dedans à présent. Un brun qui se retournait contre elle, avant de la jeter aux oubliettes.

-Adam.

La mafieuse revint sur terre. Ses doigts s'immobilisèrent.
Quoi?
Adam...
Que venait-il de dire? Pourquoi ce nom la mettait-il si mal-à-l'aise? Peut-être parce qu'elle se doutait de ce qu'il signifiait. Oui, l'homme inconnu ne s'était jamais prénommé Raven. Bien qu'elle aimait à chuchoter ce nom lorsqu'elle se retrouvait dans ses bras, sous les draps à l'abri des regards indiscrets, se livrant entre eux seuls aux plaisirs qu'ils pouvaient s'apporter mutuellement.
Adam..
C'était étrange, ça sonnait bien. Ce mot roulait sur sa langue, un murmure inaudible que sa gorge se refusait à cracher avec venin.
Adam.
Un son dur malgré tout, sauvage et déterminé. Aussi cassant que du verre. Du verre brisé qu'on tentait de recoller.

-Je m'appelle Adam.

Ce n'était plus qu'un murmure. Comment était-elle censée réagir? L'homme qu'elle avait aimé venait de lui livrer son plus lourd secret, admit comme une insulte. Un mot qu'il se déséspérait à oublier.
Un mot qu'elle aurait voulu connaître. Mais voilà, c'était comme une supplique, comme une demande de pardon. Comme un nouveau départ.
S'étaient-ils vraiment aimés? Oui. Pas de doute.
L'avait-il vraiment abandonné? ...Malheureusement.
La suppliait-il de le laisser recommencer? ...Oui.

Un frisson la parcourut. Les pieds de la chaise retouchèrent le sol. Ses prunelles vairons plongées dans le regard nuit d'Adam étaient emplis d'émotions divers et variées. Elle ne savait pas laquelle choisir. Bonheur, tristesse, colère, agacement, joie. Aucune idée.
Alors, sans un mot, elle sortit une cigarette, et, quittant de son regard l'homme qui venait lui-même de s'insulter, elle alluma l'extrémité de nicotine. A présent, elle possédait un autre fardeau.
Mais était-elle prête à l'aider à porter celui-ci?

Perdue. Ca pour être perdue elle l'était. Elle ne l'avait jamais vu aussi troublé. Et elle ne s'était jamais sentit ainsi non plus.

-Welcome here, Adam Baylin.

Ce n'était plus qu'un murmure. Pas un bienvenue à l'internat. Mais un bienvenue à la maison. Un bienvenue avec elle. Des mots qui sonnaient presque comme une promesse. Comme un début de pardon.

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Mer 23 Sep - 3:10
Depuis combien de temps je n'ai pas prononcé ce nom ? Depuis combien de temps je lui avais interdit d'exister ? Depuis toujours, en fait. Je n'ai plus toléré son existence dès les premiers souvenirs acquis. Dès que les premières lueurs de ma nouvelle vie ont fait leur apparition. Je me suis interdit de vivre dès lors que j'ai ouvert les yeux, et ce n'est que maintenant, quatre ans plus tard, que je décide de prononcer ce foutu nom pour la première fois. Pourtant, l'impression est étrange. Il sonne étrangement vrai dans cette pièce, comme si aux côtés de Jeni, le véritable mensonge n'avait toujours été que Raven. Comme si, dans le fond, j'avais toujours été Adam, quand je la prenais dans mes bras ou que je l'embrassais. Et je ressens comme un poids qui s'écrase au sol, qui quitte mes épaules. Je suis pris d'une peur nouvelle. J'ai peur que ce poids, désormais, pèse sur les épaules de Jeni autant qu'il a pesé sur les miennes. Pourtant, elle ne réagit pas. En fait elle a cessé tout mouvement dès lors que j'ai livré ce nom à ses oreilles. Comme si elle avait besoin de temps pour encaisser, comme si je venais de la frapper en pleine poitrine. Le ressent-elle comme un coup porté au coeur ? Suis-je en train de la faire souffrir, alor que mon seul souhait était de partager avec elle la dernière chose qu'elle ne connaissait pas de moi ? Ai-je fais la pire erreur de ma vie en lui confiance ce nom ?

Finalement il ne désigne pas seulement une personne parmi toutes les autres, mais aussi et surtout une vie et une famille enterrées. Il ne représente pas seulement un prénom qu'on a donné à un enfant le jour de sa naissance. Non, pour moi il est la pierre qui maintient liés mon passé et mon avenir. Tout ce qui me reste d'une vie qu'on m'a prise, et tout ce que j'ai pour forgé celle de demain. Enfin, Jeni bouge à nouveau. La chaise retrouve son équilibre complet, et les orbes bicolores de la jeune fille ne quittent plus mon visage. Il faut un temps qui me semble infini pour décomposer le nombre de sentiments différents qui défilent dans ses yeux si particuliers. Mais lorsque j'ai cru en avoir fait l'inventaire, d'autres émotions s'ajoutent au premières et je me perds dans le décompte. Alors, elle lâche mon regard sombre et fait ce que j'ai toujours haï la voir faire. Je n'esquisse pas un mouvement pour l'en empêcher, je continue de la regarder sans trop savoir comment réagir. Je crois qu'à cet instant, aucun de nous ne sait trop comment prendre l'autre. Je viens de l'obliger à franchir une limite que personne n'avait franchi, et je réalise qu'elle ne voulait peut-être pas dépasser ce gouffre qui nous séparait depuis ma disparition, depuis que je l'ai abandonnée. Je laisse passer un soupire dans lequel fuit tout mon désespoir, parce que je réalise l'ampleur des risques que j'ai pris, et ils m'effrayent.

- Welcome here, Adam Baylin.

Je crois que je ressens les mots comme une attaque directe, un upercut du droit qui me mettrait k.o debout. Pourtant, je n'esquisse pas l'ombre d'une réaction. Parce que je suis partagé entre fuir à toutes jambes cette pièce qui me semble désormais vraiment exigüe, et me lever pour contourner la table et prendre la jeune femme dans mes bras. Seulement, je ne sais que trop bien comment elle pourrait répondre à une tentative de contact, et je ne me sens pas la force d'être repoussé par elle. Pas aujourd'hui, pas après lui avoir donné ça. J'ai seulement peur, désormais, d'ouvrir les yeux sur la réalité. Peur de me rendre compte que mon nom n'est pas un ancrage, et qu'il ne la retiendra pas si, au fond, elle ne souhaite pas rester. Mon regard, impassible, n'est plus celui de ce môme qu'elle a trouvé accroupi dans une salle de musique. Je n'ai plus ces deux orbes sombres qui laissaient couler des sentiments pour inonder mon visage. Non, aujourd'hui je ne suis plus qu'un assassin enfermé dans une cage, et je n'attends qu'une chose : en sortir. Je ne suis plus capable de lui dire comme j'ai mal, et j'ai bien peur qu'elle n'ait plus envie de lire en moi comme par le passé. Dans un mouvement de désespoir, je fourre mes mains dans mes poches et je soupire doucement. Jeni n'est plus celle que j'ai abandonnée, et je ne suis plus celui qu'elle a sauvé. J'ai peur de l'avenir. Peur de la perdre.
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Jeni D. Yumi
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Sam 3 Oct - 10:00



Te contempler
ft. Adam.



Qu'est-ce qu'elle allait faire maintenant? Il lui avait offert un point d'ancrage? Pas seulement, il l'avait également attaché maintenant.
Pas que cela la dérange réellement d'être tenu en laisse. Elle avait l'habitude. Enfin, le terme n'était surement pas véritablement approprié. La jeune femme avait besoin d'espace. Le seul homme à la contrôler n'était pas présent.
Mais lui, ce n'était pas la même chose.

Un flocon parmi tant d'autre. Un grain de sable dans le désert. Mais c'était pourtant la seule étoile qui avait véritablement attiré son regard. C'était son étoile, son point de repère. Sa froide étoile du Nord.
Sa lumière au fond du tunnel. Il l'avait accroché.

Adam...
Le flocon glacé qui avait réchauffé sa peau de marbre. L'entité qui avait touché à sa peau, à son visage, à ses cheveux sans voler par la suite à travers la pièce. La seule matière organique qui s'était appropriée son coeur givré, emprisonné dans un bloc de béton armé.

A présent, cette entité paraissait perdue. Peut-être s'était-elle trompée. Sans doute s'était-elle trompée.
L'avait-il aimé? Oui. Et elle? Plus que tout. Mais est-ce qu'elle était encore capable de l'aimer. Cette question sans réponse sortit de sa tête à l'instant même où elle prit la peine de se lever.
Il fallait qu'elle parte, prendre l'air, se vider la tête ailleurs.

Ses pas résonnèrent dans l'air comme le son du gong menaçant. Sans un mot, Jeni s'arrêta à côté d'Adam et passa ses doigts dans les mèches brunes, se baissant pour embrasser délicatement son front avant de relâcher son bras le long de son corps et de reprendre sa route.
La prochaine fois qu'ils se verraient, la rideuse espérait avoir le droit à plus que des larmes et des regrets. A un sourire peut-être.

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