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Fascination malsaine [PV Cham]





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Jeu 13 Aoû - 3:39

La première fois que mon pied passa le seuil de cette porte remontait à la semaine dernière. J'avais trouvé cette pièce par le plus grand des hasards et quel plaisir de me rendre compte que d'ici, on entendait ni les cris ni les rires des pensionnaires. C'était le calme plat et avec tout le tumulte de ces derniers jours, je lui trouvais des allures de coin paradisiaque. Un seul détail et pas des moindres m'avait retenu d'en faire ma base secrète aussi vite : C'était une pièce abandonnée et de ce fait, délabrée.

Résultat des courses, après quelques hésitations, j'avais fini par me décider de me charger personnellement de son nettoyage. J'avais acheté une tenue rien que pour l'occasion, entière et protectrice. C'était un vrai four à l'intérieur mais au moins les microbes ne me donnaient pas l'impression de venir ronger ma peau. Aujourd'hui, pour la première fois, je pouvais y entrer sans combinaison. Le sol était si propre qu'il en couinait, les fenêtres si lavées qu'elles semblaient ouvertes. D'ailleurs, j'en ouvris une pour aérer avant de m'installer sur un bureau.

Il commençait à faire nuit. Il devait être aux alentours de 20h et j'espérais bien m'octroyer un petit moyen de détente avant que le couvre-feux ne retentisse. Je sortis alors mon carnet de mon sac et me mis à griffonner, éclairé par la lune et les lampadaires extérieurs.

Il n'y avait que le tic-tac répétitif de l'horloge pour me tenir compagnie. C'était pourtant bien la tranquillité de la pièce qui m'avait charmé mais plus le temps s'écoulait, plus le silence me paraissait pesant. Je me sentais angoissé, comme claustrophobe. Je relevai mon visage de mes feuilles pour observer l'entrée. Personne. J'avais l'impression qu'il me regardait...

Depuis mon arrivée, je n'arrêtais pas de le croiser. A chaque fois que nos regards se rencontraient, il semblait me scruter fixement de ses yeux vides. Que ce soit pendant mes exercices au basket, mes lectures dans le parc, cette sensation d'être étouffé apparaissait toujours avant que je ne l'aperçoive. J'en faisais parfois des cauchemars, l'imaginant dans l'ombre au pied de mon lit en train de me regarder dormir. J'avalai ma salive, plus tout à fait serein maintenant que je me remémorais tout ça.

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Et là, surprise. Sans le réaliser, je venais de crayonner son visage. Ses cheveux noirs ébènes, ses yeux ronds et perçants, son expression mi indifférente mi narquoise et ses cern-...

Badaboum. Je m'étais levé dans un bond, faisant tomber dans mon action table et chaise. J'avais failli perdre équilibre à mon tour, pris de panique face à celui dont je n'avais remarqué la présence physique. Encore lui. Comment avait-il fait pour se tenir si près de moi sans que je ne le réalise ? Effrayé, incertain ? Mon cœur s'emballait si fort dans ma poitrine qu'il était indéniable qu'il puisse le percevoir aussi. Je tentais tant bien que mal de calmer ma respiration haletante, la main près du cœur.

- Frapper c'est trop mainstream ? demandai-je irrité, dissimulant au possible ma peur.

Puis mon cœur s'emballa encore plus vite. Moi même je n'aurais pas cru ça possible. Je vis son regard descendre lentement sur mon calepin -et si il voyait le dessin, qu'est ce qu'il allait pouvoir s'imaginer ? Bon dieu de merde.

Pris de court, je ramassai mes affaires à la hâte, tirant sur mon sac qui se tenait bien trop près de sa personne afin de les ranger cacher. J'avais quoi, une chance sur deux qu'il les ait vu ? Le putain de malaise. Une fois mon attirail près de mon corps, je me reculai de quelques pas mais pas trop. Je ne voulais pas qu'il pense que je me méfiais autant, qui sait quel genre de sadique ça pouvait être... Je me raclai la gorge et soupirai nerveusement. Fallait-il que je paraisse naturel ?

- Je devais être trop concentré, je ne t'ai pas.. vu venir, terminai-je "calme" le volume de ma voix descendant si bas que le dernier mot fut presque inaudible. Mes lèvres firent un rictus agacé. J'étais un très mauvais acteur et on pouvait parfaitement deviner que j'étais affreusement suspicieux. Ou tu étais très fort à cache-cache ou ce genre de chose? repris-je, un "rire" et un regard sonnant particulièrement méprisant. Merde.

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Cham Weasley
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Jeu 13 Aoû - 4:26

Tu le suivait. Toujours et encore. Fascination étrange dont tu faisais preuve. Cette façon de marcher. Ce physique. Ces yeux jaunes, comme ceux d'un chat. Cette attitude décontractée sans l'être. Tu le connaissais presque mieux que n'importe qui ici, tu avais observé chaque parcelle de sa vie ici. Son passé et ce qu'il avait fait était la seule chose que tu ne savais pas. Ses habitudes, son corps, sa façon de vivre, il n'avait aucun secret pour toi. Tu aimais le fait de tout savoir, de tout contrôler, même si en l’occurrence tu ne le contrôlais pas encore. Malade? Peut être... Mais tu étais toi même, au moins. Lui, semblait vouloir être quelqu'un d'autre. Sa phobie était étrange elle aussi. Phobie du contact, ou, comme tu l'avais deviné, des microbes ou de la poussière. Tu avais souri à cette hypothèse la première fois, mais plus tu apprenais à le connaître en l'observant, plus tu avais la certitude que tu avais raison pour cette hypothèse plutôt farfelue.

Enfin bref, revenons en à l'action. Tu le suivais donc presque partout, comme une ombre. Il te remarquais parfois, et vous vous échangiez des regards vides, lasses même. Tu n'en tenais pas spécialement rigueur, et tu penchais légèrement la tête quand son regard était trop insistant ou lourd. Il détournais alors le regard, mais pas toi, c'était justement ça qui était drôle. Ce jour là, tu avais remarqué qu'il faisait toujours beaucoup d'aller retours jusqu'à la salle de classe abandonné. Tu le suivais partout, alors, telle une ombre, tu l'avais aussi suivi ce jour là. Malade. Seul. Triste. Tu avais besoin de te raccrocher à quelque chose, à quelqu'un, et cet individu te semblait parfait, avec sa psychologie étrange et avancée.

20h30. Sombre. Calme. Lugubre. Une fine couche de brouillard alternait ta vue, et tu étais légèrement irrité de ne pas le voir correctement. Il ne t'avais évidemment pas vu, tu le suivais tel une ombre, silencieux et sans vie. Tu avais attendu quelque minutes, le temps de te fumer une cigarette, puis tu l'avais rejoins.

Tu étais entrée dans la salle. Propre, depuis qu'il était passé par là. Ton hypothèse des microbes était donc véridique. Tu l'observais en silence, à quelque mètres de lui, assis sur un pupitre. Tu avais penché la tête. Il griffonnait. Mais qu'est ce que c'était? Un portrait, une jeune fille jolie qu'il avait en tête? Ou un jeune garçon peut être? Tu n'en savais rien.

Tu avais essayé de te rapprocher pour mieux voir, sans succès. Alors tu étais descendu de ton pupitre tout aussi silencieusement et tu t'étais placé à sa droite, ton souffle chatouillant une de ses mèches de cheveux. Puis tu avais enfin vu l'objet de ses pensées. Toi. Tu avais esquissé une sorte de rictus, puis tu avais senti quelque chose. Oui. Comme une palpitation. Tu l'avais vu lentement tourner la tête, puis te regarder avec les yeux ronds, ses pupilles se dilatant et se réduisant à deux têtes d'épingles par la surprise. Il avait reculé brusquement, puis avait lâché d'une voix, ô combien grave, ces quelques mots :

- Frapper c'est trop mainstream ? demandai-je irrité, dissimulant au possible ma peur.

Tu avais souri encore plus à ses propos. Malade. Que pensait-il de toi? Tu n'en savais rien. Fou. Et tu ne préférais pas le savoir. Tu étais resté dans ta position, à savoir debout et un peu fléchi sur tes jambes, puis tu avais lentement posé un doigt sur tes lèvres. Tu avais également penché la tête, ton doigt toujours sur ta bouche. Tu voulais qu'il se taise. Tu pouvais enfin le voir comme tu ne l'avais jamais vu. Voyeur. Tu l'observais toujours avec cette même fascination morbide. Il t'obsédais. Sans que tu saches pourquoi.

Rangeant vite ses affaires, tu le vis paniquer. Déjà, tu voyais quelques gouttes de sueur perler sur son front. Tu lui faisait peur. Tu lui inspirait de la crainte. Tu préférais ne pas parler. Parler, c'est bien pour ceux qu'ont des choses à dire ; or, toi, tu étais plutôt le genre de type à ne rien dire, à en dévoiler le moins possible. Tu préférais l'action à la parole. Chose rare ici.

- Je devais être trop concentré, je ne t'ai pas.. vu venir, termina-t-il, absolument pas serein. Sa voix chevrotait. On sentait de l'hésitation, de la suspicion, presque de la curiosité dérangeante. Ou était-ce autre chose? Ou tu étais très fort à cache-cache ou ce genre de chose? repris-t-il, "riant" nerveusement avec un regard de dégoût à ton égard. Comme réponse, tu avais simplement haussé les épaules, puis tu avais mis ton index dans ta bouche, la tête penchant légèrement vers la droite. Tu te délectait de l'effet que tu faisais sur lui. Un mélange de peur, d’excitation, de dégoût, de mépris, et de fascination. Car oui, tu le sentais, c'était réciproque. Que faire, que dire? Tu n'étais pas très doué pour les sentiments et émotions. Tu préféra alors te taire, attendant juste la suite. Quoique, non. Tu avais esquissé un geste envers lui. Tu avais posé une main sur son cœur. Voir s'il battait aussi vite que tu l'entendait. Pourquoi? Tu ne le savais pas. Mais tu l'avais fait, c'est tout.

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Jeu 13 Aoû - 5:43

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Silencieux, il me regardait. Non, pas tout à fait. Il m'observait pour être exact. Qu'étais-je bien pour lui, un cobaye, un animal inconnu ? Le seul son qu'il produisit fut le contact de ses vêtements contre sa peau. Dégoutant. Il emmena sa main à sa bouche, y posant son index et pencha la tête, comme curieux. Comme si il ne comprenait pas ce que je lui disais ou même ce qu'il se passait. Il se jouait de moi.

- Fais-tu semblant de ne pas comprendre ?

Il haussa les épaules, définitivement conscient de ce que je lui disais. Alors c'était comme ça. Quel genre de personne peut bien s'amuser à faire l'ignorant ? Un fou ? Non, loin de là. J'étais bien trop mauvais comédien, bien trop nature. Et il m'observait depuis si longtemps maintenant... Alors quoi, un génie malsain ? J'avalai ma salive. Je m'étais posé la mauvaise question. Plus important que ce que moi je représentais pour lui, lui... qui était-il ?

Quelqu'un de pas net, et puis ? Cherchait-il quelque chose ? L'amusement ? La distraction ? Etait-il curieux ? Si je me dégageais de l'équation, j'imaginais pouvoir réfléchir plus objectivement et donc plus intelligemment. Si seulement les choses étaient aussi simples.

- Tu n'aimes pas parler alors ? demandai-je, sonnant plus comme une affirmation qu'autre chose.

Quelle perspicacité Aaron. N'as-tu rien à dire de plus évident encore ? me répondit une voix sarcastique dans ma tête. Quel con. Agacé par ma propre personne, je détournai le regard presque honteux. Il était intimidant à m'en angoisser. A moins que ce ne soit le contraire. Angoissant à m'en intimider.

Ma langue eut à peine le temps de se claquer contre mon palais que mon souffle se coupa. J'arrêtai de respirer. Qu'avait-il fait ? Qu'avait-il osé faire ? Je pouvais sentir la froideur de sa main traversait ma chemise. Les yeux dilatés, le regard lointain et la bouche entrouverte, l'air et les mots me manquaient. Ma tête était vide, accablée par ses sensations nouvelles et désagréables et par mes hallucinations de dérangé. Les microbes. Ils me brûlaient. Ils me rongeaient, me consumaient.

Une expression d'effroi et de dégout tira mes traits. Respire, respire. Il fallait que je respire et faiblement, sans faire de bruit, je respirai. Mon regard se décrocha alors du vide pour s'éprendre de ses yeux. Il se fit plus dur mais incertain.

- Ne me. Touche. Pas. Ré-pugnant. articulai-je, les dents serrées par la colère et l'horreur.

La seule fois où j'avais dit à quelqu'un ces mots avait causé la perte d'un ami cher. Je m'en rappelais encore et je n'étais pas prêt d'oublier. Ni la surprise, ni la peine dans son regard. Et encore moins l'image de sa silhouette se fondant à jamais dans un avenir où je n'avais plus lieu d'être.
Cette fois-ci était bien différente. Je ne vis ni surprise ni peine dans les yeux de celui qui me faisait face. C'est bien simple, je ne vis rien et il ne bougea point. Mon coeur battu si fort contre ma cage thoracique que j'en eus mal.

Le savait-il ? Oui, bien sûr qu'il le savait, hin!... un sourire nerveux tira mes lèvres. Incapable de le toucher, je me retrouvai bloquer entre ce mur derrière et cet homme devant. Et dans cet espace qui était mien, je me sentais brûler et dévorer par des milliers et des milliers de cellules étrangères qui traversaient mon corps.

- Prends-tu plaisir à me voir ainsi ? Un besoin de contrôle, de dominance ? T'as t-on fait du mal quand tu étais petit et cherches-tu à t'en venger ? Je l'assenai de questions. Il ne semblait pas vouloir en dire plus sur lui alors qu'il paraissait déjà savoir tout de moi. Pensait-il que j'allais en rester là ? J'allais déduire à sa place s'il ne se décidait pas. Et qu'importe sa réaction, j'espérais seulement une occasion de fuir. Si lui ne me tuait pas, les microbes allaient le faire pour lui...


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Cham Weasley
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Jeu 13 Aoû - 6:07

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Tu souriais. Un sourire presque gentil. Presque serein. Il ne le remarquais pas, ton visage étant dissimulé dans l'ombre. Il n'était pas très perspicace, à moins que ce soit toi qui l'était un peu trop. Tu n'aimais pas parler, il l'avait compris. Mais pourquoi insistait-il, alors? Sa cruelle manque d'intelligence était-elle si néfaste que ça? Non. Tu t'interdisais de penser ça. On ne juge pas comme ça. Surtout que tu le connaissais, tu savais qu'il était un minimum intelligent.

Tu ne savais pas trop quoi dire, alors tu te contentais de toujours hausser les épaules quand il te parlait. Tu ne te fichais pas de lui, loin de là. Tu ne cherchais pas du tout à l'humilier ou autre. Tu cherchais juste à lire en lui, ce que tu arrivais très bien à faire en tant normal. Tu avais vu qu'il détournais le regard, que le rouge lui était monté aux joues. Écrasant ou écrasé.

Quand tu avais avancé ta main, tu avais vu ses yeux. Cette lueur de dégoût et de mépris dans le regard, mêlé à l'odeur âcre de la peur qu'il dégageait. Tu étais quelqu'un de perspicace, tu savais ce qu'il devait penser en ce moment même. "Mon dieu, cet individu ose me toucher? Pourquoi, comment?" Il savait sûrement que tu savais pour sa "maladie". Tu sentais son cœur qui s'était accéléré d'un coup. Il était sous pression. Il ne voulait pas qu'on le touche, c'était certain. Alors pourquoi aucune réaction, à part cette lueur?

Ah, enfin, une expression d'effroi et de dégoût tira ses traits. Réaction intriguante Ses yeux se plongèrent dans les tiens. Ses yeux miels, qui, tu le remarquais, étaient d'un miel profond. Tes yeux froids sondèrent les siens. Ses pupilles étaient réduites à deux têtes d'épingles. Il sentait la peur. Il sentait qu'il était pris au piège. Il détestait ça. Tu étais presque amusé de la situation. Une maladie pareille ne devait pas être facile à vivre tous les jours.

- Ne me. Touche. Pas. Ré-pugnant. articula le jeune homme, les dents serrées par la colère et l'horreur.

Tu avais d'abord souri. Un grand sourire. Un faux sourire. Puis tu avais perdu ce grand sourire. Tes yeux vides ne laissaient place à aucune émotion. Tu avais bien trop peur des sentiments et émotions humaines, alors tu ne faisais rien qui pouvait leur donner la possibilité de prendre contrôle de toi. Tu étais omnibulé par le contrôle de ton corps. Jamais, au grand jamais, il ne devais reprendre possession de toi. Jamais.

Un sourire avait pris place sur ses lèvres. Un sourire qui n'était absolument pas naturel. Tu lui souriais à présent aussi, toujours aussi faussement, les yeux toujours aussi dénués d'émotions.

- Prends-tu plaisir à me voir ainsi ? Un besoin de contrôle, de dominance ? T'as t-on fait du mal quand tu étais petit et cherches-tu à t'en venger ?

Tu cherchais milles choses à dire. "Ouais, parce que quand je suis pas en contrôle total de moi même, je suis un psychopathe qui tue des gens!" Non, trop direct... Tu cherchais quelque chose à dire. Tu avais lentement retiré ta main, conscient que ce geste valait bien plus que toutes les réponses au monde. Tu avais compris qu'il détestait qu'on le touche, sans aide, sans rien. Juste en l'observant. Alors, tu montra sa besace du doigt, et le dessin qui te représentait, qui dépassait un peu. Puis tu avais lâché ces mots, ces deux mots, d'une voix grave et lasse, comme un murmure, un doux souffle à son oreille :

- Pourquoi moi?

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Jeu 13 Aoû - 7:51

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C'est comme si on venait de me retirer non pas une épine mais une immense flèche du pied. Le soulagement. Il avait retiré sa main. Je n'osai pas poser la mienne sur mon cœur maintenant que mon haut avait été touché mais il va sans dire que j'étais soulagé de pouvoir de nouveau respirer librement. Et je le manifestais autrement. En inspirant plus fort, le corps penché vers l'avant comme après un sprint. Certes, je n'étais pas serein pour autant. Je n'étais pas rendu chez moi et j'avais encore ce garçon sur mon chemin alors autant dire que ce n'était pas pour tout de suite.

Bouger plus que ça m'était difficile. Je sentais encore sa froideur, comme si ses doigts étaient restés collés à moi. Et paradoxalement, ça me brulait. Les milliers de microbes me brûlaient et me démangeaient. Si mes mouvements étaient trop brusques, ma chemise venait se coller à moi et la sensation ne faisait qu'empirer. Je n'osai pas estimer le temps que j'allais mettre à me remettre de tout ça... Je n'avais qu'une envie, arracher mon haut, saisir le désinfectant dans mon sac et me le vider allègrement dessus. C'était un désir si fort que je crus bien craquer. Mais mon semblant de dignité m'en empêcha et je me contentai de rester immobile au possible. Résiste et ne bouge surtout pas, tout va bien se passer, ces sensations ne sont que des hallucinations et aucun microbe ne va te dévorer.

Tout ceci fut très rapide. Quelques secondes s'écoulèrent seulement entre le moment où il m'avait rendu ma liberté et l'instant où il pointa du doigt ma besace. C'est le silence entre nos mots et actions qui rendaient le temps anormalement long.

Mon regard remonta vers lui. Il n'avait eu aucune réaction face à mes précédents propos. Ses sourires étaient comme des expressions aléatoires qui ne dévoilaient en fait rien le fond de ses pensées. Je n'étais pas plus avancé. Il était un tableau blanc, si peu expressif qu'il me semblait parfois irréel. Mais il ne l'était pas. Et il savait parfaitement parler.

Je fus quelque peu étonné de l'entendre. Je n'imaginais pas sa voix si grave et si suave. En fait, je n'avais jamais pu l'imaginer. C'était presque un murmure mais c'était comme si elle avait pris tout l'espace de la pièce. Comment pouvait-il réduire une aussi forte présence lorsqu'il m'observait ? Définitivement troublant. J'en eus un frisson. Pourquoi lui ? Parlait-il que par soif de savoir ? Je tenais donc là quelque chose qu'il ne pouvait pas deviner par lui-même et d'assez intéressant à ses yeux pour le pousser à utiliser de ses cordes vocales.

- C'est un exercice de mémoire. Je dessine les portraits des gens que je rencontre, répondis-je sans plus de cérémonie.

Mon visage avait retrouvé ses traits habituels. Il n'était plus tordu par des sentiments dégoutants ou d'effrois. J'avais seulement l'air de moi même. Indiffèrent ou intéressé on n'aurait su dire, excepté moi ou lui ?

Ce n'était pas la vraie raison mais je ne démontrai aucun signe de mensonge. Et maintenant que je me retrouvais aussi près, je me rendis d'ailleurs compte des détails qui m'étaient passés au dessus. Comme ce tatouage dans son cou... était-ce un larme ? J'essayais de juger ses réactions. Je voulais savoir si la réponse l'intéressait vraiment, si je répondais à ses attentes, s'il était vraiment capable de lire à travers moi ou si justement, il n'y arrivait pas à chaque coup et qu'il s'agissait de la cause de sa frustration.

- Les artistes sont animés par ce qui les inspire et tu es une personnalité inspirante.

S'il était capable de voir que moi aussi je le testais.

Ce n'était une fois de plus pas la réponse adéquate, toutefois il ne s'agissait guère d'un mensonge. Personne n'aurait pu nier cela. Il était bien loin de monsieur tout le monde et j'avais été si aspiré dans mon dessin que j'en avais perdu ma pleine conscience.

Déçu mais pas surpris, c'est un peu comme ça que je me sentis en ne décryptant aucun signal sur son facies. On dit de moi qu'il est difficile de deviner ce à quoi je pense mais devant lui... la comparaison me semblait ridicule. Dans mon cas, il était difficile de deviner quoi que ce soit car mes expressions ne concordent pas toujours à  ce que je ressens mais dans le sien... il n'y avait absolument aucune mimique qui me parlait. Parfois il souriait, penchait la tête ou touchait ses lèvres mais à l'heure actuelle ça me semblait vide de sens et je n'en tirais rien.

- Je me sentais angoissé et c'est ton visage qui m'est apparu, avouai-je sous son regard assombri par ses grandes mèches noires. J'avais pris le ton utilisé pour mes explications précédentes sauf que cette fois-ci il s'agissait de la bonne réponse.

Je scrutai son visage, comme les autres fois, afin de remarquer un petit quelque chose qui pourrait lui échapper. Il regarda de nouveau en direction de la besace, me soulageant du poids de ses yeux que je peinais à tenir. Qu'est-ce qu'il ressentait ?

Je mis ma main sur mon sac et en appuyant le calepin contre, déchira la feuille afin de la regarder de plus près.

- Il n'est pas exact. Tes joues sont plus creuses, tes cheveux plus longs, ton regard moins agressif et je n'avais pas vu ce grain de beauté sur le côté de ta joue ni même ton tatouage, quand bien même ici je n'ai pas dessiné ton cou, commentai-je, insatisfait en scrutant mon dessin.

Je relevai le visage et lui tendis, réalisant. Est-ce que je venais vraiment de lui avouer l'avoir observé quand lui baissait ses yeux ?

- Un reflexe professionnel j'imagine, dis-je, soufflant doucement du nez pour cacher un léger malaise. ...Tu me fais beaucoup parler pour rien alors que moi je peine à savoir si tu es énervé, triste ou heureux. Tout le monde devrait pourtant être capable de savoir différencier des émotions aussi différentes. Es-tu énervé ? triste ? heureux ? ...Vexé ? Agacé ?

Lorsqu'il attrapa le dessin que je lui tendais, mes yeux s'écarquillèrent. Je venais de donner, sans gant, un objet à quelqu'un et mes hallucinations s'étaient le temps d'un instant, comme éteintes. Intrigué, je posai mon regard dans le vide. C'était comme si je venais de jouer une partie de basket, concentré dans le jeu, je faisais abstraction de ma mysophobie.

J'aurais aimé que cela dure toujours mais ma chemise se remis dès lors à me gratter de plus belle sans que je puisse rien y faire. J'imaginais des plaques rouges sur mon corps. Le recouvrir. L'embraser, le souiller. Bon dieu d'merde, ça me démangeait. Je ne me sentais pas très bien.


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Cham Weasley
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Jeu 13 Aoû - 9:26

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Tu sentais que ça l'avait vraiment soulagé que tu retires ta main de son torse. Il semblait plus heureux. Plus conscient. Maître de lui même. Et ça, c'est ce qui te faisait plaisir. Tu détestais le fait de pouvoir enlever à quelqu'un sa motricité ou autre, même si ça t'amusais dans le fond. Ça t'amusais tellement que tu eu une idée. Malsaine, presque dérangeante, mais une idée quand même. Que tu avais l'intention de faire dans les minutes qui suivrait, si l'homme en face de toi était aussi répulsif à tout contact humain, ou même au contact tout court. Au final, tu avais décidé que le faire réagir serait le mieux.

Tu sentais qu'il n'osait pas bouger. S'il bougeait, les sois disant "microbes" que tu avais déposé sur sa chemise en la touchant de ta main le dévorerait. Tu savais la peur qu'il ressentait. Tu la sentais s'écouler de chaque pore de sa peau et son odeur âcre te piquait le nez.

Quand tu avais pointé sa besace, cet instant fut comme suspendu dans le vide. Un moment. Rien qu'un moment simple et suspendu. Le temps s'était ralenti, s'écoulait maintenant comme du sirop, ou comme dans un sablier. Cela t'amusait intérieurement. Tu avais à présent envie de sirop de fraise. Tu plissa tes yeux saphirs quelques instants, pour mieux t'imaginer ce que tu pourrais boire ou manger en ce moment même. Un gâteaux crémeux? De la glace enrobée de sirop de fraise? Tout te donnait envie. Mais tu rouvris bien vite tes yeux. La situation présente... Elle était plus importante.

Tu ne voulais pas parler. Peut être la fainéantise d'ouvrir ta bouche et d'user de ta voix. Ou alors tu n'en avais tout simplement pas envie. Tu n'en savais trop rien. Tout ce que tu savais, c'est que le mec en face de toi avait peur. Tu t'étais assis sur un pupitre, et tu lui faisait face. Tes jambes en tailleur. Ton pull gris large. Ton jean slim noir. Tes docs martens noires. Tout respirait le noir chez toi. Pourtant tu n'étais pas quelqu'un de dépressif ou avec des idées noires. Sauf dans ces moments là, où il prenait possession de toi. Ce qui te mettait bien en rogne, il faut l'admettre. Bref, revenons en à notre fameuse situation.

Tu avais murmuré d'une voix sombre qui avait pourtant empli la pièce. Tu avais vu l'effet de ta voix sur le jeune homme. Un frisson l'avait parcouru. Tu t'en délectait vraiment, et tu te dis que ton idée pour le faire réagir était plus que parfaite. Tu attendis qu'il te réponde, sans vraiment trop savoir ce que tu voulais savoir, au final. Le blabla n'était absolument pas fait pour toi.

- C'est un exercice de mémoire. Je dessine les portraits des gens que je rencontre, avait répondu le jeune homme qui te faisait face.

Il avait parlé vite, comme pour se débarrasser de mots qui l’encombraient. Son visage ne semblait plus dégoûté de ta petite personne. Il te regardait avec une indifférence presque palpable à présent. Tu sentais que quelque chose était faux. On te mentait. Et tu avais horreur de ça. Tu sentais ça a des kilomètres à la ronde. Mais tu ne laissais strictement rien paraître, comme à ton habitude. Plus qu'un tableau blanc, un tableau noir était fait comme toi.

Tu sentais son regard passer sur toi. Il te jugeait. Tu le laissais faire, sans te soucier de ce qu'il pensait de ton physique. Après tout, un gars comme toi était certainement banal ici. Tu étais de toute manière discret. Personne ne te remarquais, sauf lui. Lui, qui était d'ailleurs face à toi.

- Les artistes sont animés par ce qui les inspire et tu es une personnalité inspirante.

Encore un mensonge. Ou quelque chose qu'il pensait sans raison. Son hésitation était palpable. Tu la décelais encore plus vite que dans sa phrase précédente.

Tu n'étais un modèle pour personne. Qui aurait voulu de toi? Tu n'étais pas quelqu'un sur qui on se tourne. La seule chose valable chez toi, c'était tes yeux, d'un bleu profond et doux comme on ne peut jamais en voir. C'est la seule chose qui valait le coup d’œil. C'est la seule chose que tu appréciait chez toi d'ailleurs. Tes yeux saphirs. Comme une pierre précieuse. Brillants. Même la nuit, ceux ci brillaient. De quoi attirer un minimum d'attention. Mais jamais trop.

Tu réfléchissais tellement à tout ce qu'il disait, à analyser chacun de ses mots, que tu ne faisait même pas attention à l'image que tu pouvais donner de toi. Tu étais toujours assis en tailleur. Toujours sur le même pupitre. Les yeux vides. Sans émotions. Personne ne pouvait savoir. Ton esprit était fermé, sans possibilité d'approche. Rien du tout.

- Je me sentais angoissé et c'est ton visage qui m'est apparu, avoua tout d'un coup le jeune homme en face de lui. Cherchait-il depuis tout à l'heure une réponse valable? Il en avait trouvé une apparemment.

Il plissa les yeux pour essayer de voir les tiens. Tu avais relevé la tête, tu le fixais d'un air froid, comme tes yeux le faisait habituellement. Sans émotions. Sans rien. Las. Vide. Tel était ton regard. Puis, contre toute attente, tu le vis fouiller dans son sac.

Il sorti le calepin, déchira le dessin. Tu avais baissé lentement tes yeux pour voir en détail la pâle copie de toi, encrée sur une page blanche. Puis tu l'entendit respirer un bon coup, sûrement sans s'en rendre compte, et il lâcha d'une voix pressé :

- Il n'est pas exact. Tes joues sont plus creuses, tes cheveux plus longs, ton regard moins agressif et je n'avais pas vu ce grain de beauté sur le côté de ta joue ni même ton tatouage, quand bien même ici je n'ai pas dessiné ton cou, commenta-t-il. Il avait esquissé une moue désapprobatrice, comme si son dessin ne l'avait pas pleinement satisfait.

Tu avais souri. Il t'avais observé. Tu avais tout aussi lentement porté une main à ton cou pour toucher ton tatouage. Tu ne te souvenais plus de l'avoir fait. Tu avais toujours pensé que c'était lui qui l'avait fait. Après ton viol. Pour te ridiculiser. Pour te dire "Regarde, espèce d'idiot. Rappelle toi. Ta faiblesse." Tu avait perdu ton sourire. Mais tu ne laissais toujours rien transparaître. Ne jamais perdre le contrôle de soi. Jamais. Tu leva lentement la tête vers lui. Le regard las. Presque triste.

- Un réflexe professionnel j'imagine, dit-il, mal à l'aise. ...Tu me fais beaucoup parler pour rien alors que moi je peine à savoir si tu es énervé, triste ou heureux. Tout le monde devrait pourtant être capable de savoir différencier des émotions aussi différentes. Es-tu énervé ? triste ? heureux ? ...Vexé ? Agacé ?

Profitant de sa proximité, tu avais presque arraché le dessin de ses mains, sans plus de cérémonie. Tu savais qu'il portait toujours quelque chose sur les mains avant de toucher quelqu'un. Tu voulais le faire réagir, alors tu essayais par tous les moyens.

Tu sentais qu'il n'allait pas bien. Pas bien du tout. Alors au final, tu remis ton idée à plus tard. Le but n'était absolument pas de lui faire mal, juste de le faire réagir. Tu avais plié le dessin en quatre, puis tu l'avais rangé dans ta poche. Tu avais observé ses façons. Tu savais quoi faire. Tu soupira lentement. Puis tu montra du doigt la besace. Puis tu lâcha d'une voix ô combien douce, mais ô combien lasse.

- Prends tes gants. Enlève ta chemise. Met le t-shirt de rechange que tu gardes dans ta besace. Désinfectes toi les mains. Désinfectes ta chemise.

Tu savais que ce protocole, il l'appliquait sans cesse. Tu savais ce qu'il mettait dans son sac. Tu savais presque tout de ses habitudes ici. Tout. Absolument tout. S'en était même effrayant. Tu avais posé sur lui un regard fixe, empli de douceur. Tu savais faire preuve de compassion quand il le fallait. Seulement quand il le fallait. Et là, l'occasion était là. Tu te dis aussi que tu allais devoir parler un peu moins la prochaine fois.

Tu avais penché la tête. Tu attendais à présent qu'il fasse le protocole que tu lui avais dicté avant de pouvoir exécuter ton idée.
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Jeu 13 Aoû - 22:37

Je n'en aurais pas mis ma tête à couper mais j'avais cru percevoir un changement sur son visage. Tout s'était passé dans son regard -à moins que la main dans son cou n'ait été indicatrice ?- et nulle part ailleurs. Une lueur s'était animée pour s'éteindre peu après. Etait-ce une hallucination ou une observation fondée ? Si seulement j'avais pu le déterminer. Le savoir quelque peu humain m'aurait bien avancé.

Puis une action inhabituelle se produisit, ravivant toutes mes folles idées dont j'avais étrangement fait abstraction pendant la durée de l'échange. Je venais de passer à un inconnu un objet que je maintenais de mes propres mains, sans gants. J'avalai ma salive. Il m'avait touché. On avait échangé. J'eus comme un malaise cérébral ...dont il me sortit de manière particulièrement troublante.

------ ------

Il connaissait la procédure par cœur. Il savait, étape par étape, ce que je faisais. Comment ? Ce n'était pas quelque chose que je me permettais de faire à la vue de tous. Je me cachais, honteux d'être ce que je suis et ne souhaitant blesser personne. Je le regardai, interdit et le souffle coupé.

Ce n'était pas qu'un simple stalker. Pour en connaître autant, il fallait m'avoir suivi jusque dans mes cachettes les plus intimes. Il était effrayant et j'étais malade. Je sentais ma peau partir à m'en faire tourner la tête mais je ne voulais pas qu'il gagne - mais gagner quoi ? L'atmosphère était si étrange, malsaine. Il avait le dessus et si je craquais c'était m'avouer à sa merci. L'enjeu, il était là.

Mais comment lutter dans ces circonstances lorsque l'on est atteint de mysophobie ?

Nous étions comme suspendus dans le temps. Nous nous regardâmes fixement un moment qui me parut une éternité. 10 secondes ? 15 secondes ? Non, probablement moins. Mon envie était si violente que la combattre relevait de la torture. C'était ça. Totalement ça. La difficulté faisait tourner le monde au ralentit - je ne pouvais pas y arriver. Je voulais m'y abandonner. Il le fallait. J'étouffais.

J'expirai alors toute l'air que j'avais retenu en moi, le regard lâche et fuyant. Il avait gagné cette manche. Vivement, je posai mon sac sur le pupitre à ma gauche et sortis une paire de gants dans la poche de côté. J'en habillai mes mains abimées par les lavages trop fréquents et sortis de ma besace le sac plastique qui contenait le vêtement de rechange. Je le retirai de son emballage, agité mais prévoyant.

Une fois la préparation faite, toujours à la hâte je me saisis de mon col de chemise. Et m'arrêtai. Allait-il vraiment me fixer avec une telle intensité alors que je me déshabillais ? Sentiment de honte. Pas par pudeur mais par rejet de soi même. Je me sentais ridicule, non, cinglé lorsque j'agissais ainsi. Je pensais sincèrement que les microbes pouvaient me tuer mais je savais aussi que j'étais le seul à le penser. Est-ce que derrière ce masque impénétrable, il se moquait de moi ? Jouissant de devoir maintenant littéralement me mettre à nu pour des prétendus "conneries" ?

Il ne détourna pas le regard, quand bien même le mien exprimait très bien ma gêne. Je n'en fis pas plus de cérémonie, après tout, j'avais déjà abandonné cette partie alors il n'y avait plus de dignité à sauver. Je retirai non sans mal -faute aux gants- ma chemise. Je la pliai avec technique et rapidité pour la ranger dans le sac plastique. Je sortis ensuite mes gants, désinfectant mes mains. Je pris mon haut de rechange, un pull noir, fin, basique, et l'enfilai aussi vite. On venait de m'enlever un poids énorme du dos. Un sourire de soulagement étira mes lèvres et plia mes yeux. C'est bon, j'étais sauvé.

Je rangeai ensuite plus calmement le sac plastique dans ma besace et me servis une autre paire de gants, juste au cas où. Si il venait à me toucher de nouveau. L'envie de me saisir de mon masque me démangea mais je me méfiais bien trop de la réaction qu'il pouvait avoir.

- Merci, fis-je simplement, soufflant après en me rendant compte du ridicule de la scène. Ma politesse est comique parfois

Après tout, c'était lui qui m'avait causé tout ce mal.

Remontant mes yeux vers les siens, je tentai :

- Etant donné que j'ai enlevé mon haut devant toi, Est-ce que je pourrais au moins connaître ton nom ? J'imagine que tu connais le mien.

Essayons les questions simples. Si je lui demandais de but en blanc pourquoi, comment et qu'attendait-il de moi, je n'étais pas convaincu d'avoir la moindre réponse. Des épaules haussées ou un sourire narquois, à la rigueur.

Discrètement, j'en profitai pour faire un pas vers la sortie dans le plus grand des naturels. Et si je faisais semblant de le voir comme quiconque, est-ce que cela pourrait justifier mes actions ? Comme deux amis qui se séparent après les cours ? C'était l'idée. Jouer au plus malin.

- Je me sens un peu mieux mais je devrais allé prendre une douche, puis il commence à se faire tard alors.. eh bien.. tu sais.. enfin tu me comprends, vu que tu me conn...ais ...?

Aish. La peur de me faire encore toucher restait palpable. J'avais prononcé cette phrase trop vite alors qu'habituellement mon rythme était régulier et calme. Sans mentionner mes pitoyables hésitations sur les tons à donner à mes phrases.
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Cham Weasley
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Ven 14 Aoû - 5:02

Tu avais remarqué. Remarqué tous ces petits gestes. Il cherchait à t'échapper. Mais tu n'allais pas le laisser filer aussi rapidement. Pour une fois que tu le tenais sous ta coupe... Tu l'avais observé tout le long du protocole. Ça avait été drôle à voir, tant il paraissait gêné de la situation. Mais quand vous preniez vos douches après le sport, par contre, monsieur s'en fichait. Tu détaillais tout ce que tes yeux pouvaient voir. Tu t'étais rassis en tailleur. Tes mains jointes sous ton menton. L'observant, non, le dévorant du regard. Les fines jointures de son poing serré. Son avant bras musclé. Ainsi que ses biceps. Ton regard remonta lentement. Son torse, sa poitrine nue, imberbe. Puis tu lui coula un regard presque chaud. Ses yeux miels croisèrent les tiens. Il avait rosi puis avait enfilé un fin pull de laine noir. Celui ci le moulait plus qu'il ne le devait. Tu avais fermé les yeux. Des images dansaient dans ta tête. Tu tentais de les repousser. Tu n'étais pas là pour ça. Tu étais là pour l'observer.

Sa réaction antérieure t'avais surpris. Comment un homme pouvait-il être à ce point dégoûté du contact humain? Comment pouvait-il penser que des bêtes le rongeait de l'intérieur? C'était tout simplement irréaliste. Tu avais vu l'effroi dans ses yeux jaunes, tu avais vu la terreur que lui inspirait un simple effleurement. Tu étais décidé à mettre en pratique ton idée. Cette idée était simple : le faire réagir par un moyen encore plus simple, le contact. Si tu réussissais, si tu arrivais à le faire changer, alors tu aurais gagné. Enfait, il avait raison. Ce jeune homme... C'était comme un challenge, un défi à relever. Le guérir de sa peur. Difficile mais peut être pas impossible...

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Le temps de détailler son corps, tu avais aussi pensé à mille choses étranges. Comme par exemple le fait que ses cheveux étaient d'une couleur plutôt banale. Ou que ses yeux étaient comme une nappe de miel dont on ne voudrait jamais ressortir. Ou encore que ses cheveux étaient certainement d'une douceur que tu n'osais imaginer. Ce pull qu'il avait enfilé, tu le connaissais. C'était celui que tu lui avais volé le soir même de son arrivé ici, avant qu'il le "retrouve" dans son armoire, roulé en boule. Tu ne l'avais pas gardé longtemps, ô non, juste le temps que son odeur disparaisse du tissu. Une odeur musquée. Cannelle et menthe poivrée. Un peu comme la forêt après la pluie. Tu aimais cette odeur. La tienne, sauge et citronnelle, était banale oar rapport à la sienne, si douce et si forte à la fois.

Tu l'avais suivi si longtemps... Si longtemps. Tu savais tout de lui. Tu savais tout de ses habitudes. Lui paraissait mal à l'aise, ce que tu pouvais aisément comprendre. Dur dur de se retrouver face à son stalkeur, pas vrai? Tu souriais intérieurement, amusé de la situation. Tu préférais ne pas bouger, rester comme une statue de cire, ne rien dire, être silencieux. Pour le rassurer. Ou plutôt te rassurer.

Que dire, que faire face à une personne aussi... Spéciale?

Tu sentais sa peur dans l'air. L'odeur âcre qui se mélangeait à celle de la... nuit. Tu avais jeté un coup d’œil à l’horloge de l'internat, dehors. 23H. Si tard? Non, Impossible. Le temps s'écoulait comme du sirop. Lentement. L'atmosphère était épaisse, lourde, comme avant un orage. D'ailleurs, la fenêtre était ouverte, on pouvait voir les nuages s'assombrir à vue d’œil.

Son pull noir était vraiment joli. Très joli. Simple, basique, sans fanfreluches ni dessins. Simple. Tout comme lui. Facile. Lire en lui était facile. Une tâche d'une simplicité désarmante. Sa naïveté était désarmante elle aussi. Pensait-il vraiment pouvoir s'échapper d'ici? S'échapper de cette salle de classe impeccable, récurée par ses soins? De toute façon, tu avais la clé dans ta poche. Oui, tu avais prévu un scénario de ce genre.

Vous étiez enfermés.

La seule issue.. C'était la fenêtre. Mais tu te doutais que le jeune homme en face de toi tenait à la vie. Donc tu ne t'inquiétais absolument pas. Tes cheveux couvraient tes yeux, seul le bleu de tes prunelles brillait dans le noir. La lune t'éclairait de son croissant. Il te regardait de ses pupilles miel. Il ne savait pas quoi faire ou quoi dire.

D'ailleurs, ça faisait un petit moment que vous vous observiez en chien de faïence. Enfin pas vraiment ; vous vous observiez sans animosité, mais sans baisser le regard non plus. Tu étais le prédateur, lui la victime. Pourtant... Il était bien plus grand et bien mieux bâti que toi. Mais toi, ton aura était si noire que tu savais que tu avais le dessus. Il te suffisait d'ouvrir grand les yeux et de faire "bouh" pour qu'il se pisse dessus.

Il n'empêche que son calme était impressionnant. Il ne cherchait absolument pas à te faire du mal ou autre. Il cherchait juste à échapper à cette atmosphère plutôt dérangeante. Tu sentais que tu l'angoissait. Tu t'en délectais. Tu aimais inspirer la crainte. Surtout que tu l'avais aidé. Vous étiez quittes, non?

Tu te remémorais ses paroles, celles qu'ils avaient prononcés il y a quelques minutes de ça.

- Merci, avait-il dit simplement, soufflant après en se rendant compte du ridicule de la scène. Ma politesse est comique parfois..

Il avait baissé les yeux, puis t'avais de nouveau fixé en lâchant :

- Étant donné que j'ai enlevé mon haut devant toi, Est-ce que je pourrais au moins connaître ton nom ? J'imagine que tu connais le mien.

Il avait sûrement voulu voir si tu allais reparler. Ce que tu n'avais pas du tout l'intention de faire. User de tes cordes vocales inutilement n'était pas dans tes habitudes, et tu estimais avoir assez parlé pour a semaine.

C'est là qu'il avait commencé à esquisser des gestes pour essayer de te fuir, sans succès. De toute façon, vous étiez enfermés, et il allait avoir une surprise s'il tentait de se soustraire à toi. Il t'avais alors demandé d'une petite voix :

- Je me sens un peu mieux mais je devrais allé prendre une douche, puis il commence à se faire tard alors.. eh bien.. tu sais.. enfin tu me comprends, vu que tu me conn...ais ...?

Et c'est là que tu avais commencé à sourire. C'est là que vous aviez commencé à vous regarder en chien de faïence. C'est là que tu avais sorti la clé, lui montrant quelques secondes, avant de la remettre dans ta poche, toujours en souriant. Puis, tu avais décidé de parler un peu, histoire d'alléger l'atmosphère. Ta voix douce avait empli la pièce.

- Aaron. Aaron Van Royen. Tu viens de te laver... Chercherais tu à me fuir?

Avec cette simple parole, tu avais de un montré que tu le connaissais bien, et de deux que tu savais qu'il avait la trouille de rester avec toi. Ton idée serait donc bientôt exécuté, et tu t'en amusais d'avance.
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Ven 14 Aoû - 7:46

- Aaron. Aaron Van Royen. Tu viens de te laver... Chercherais-tu à me fuir ?

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L'effroi m'immobilisa. Connaitre mes procédures d'hygiènes était une chose, savoir à quel moment de la journée je m'étais douché en était une autre. Le seul moyen était...

Des tas d'images défilèrent dans ma tête. Des scènes, des situations. Je me remémorais mes actes des jours derniers, des semaines dernières, du mois dernier... Concrètement le temps que je passais chez moi, dans ma chambre, était facile à répartir. 40% à dormir, 20% à laver, 20% pour l'hygiène, 10% pour la lecture, le dessin ou les films, 5% pour les changements vestimentaires ou appels téléphoniques et quant aux derniers 5%... Non non non non.

J'eus un soupire nerveux et me redressai, le regard fuyant et déconcerté. La boule au ventre.

- Tu as mis une caméra chez moi ? le questionnai-je enfin.

Boum boum boum. Mon cœur ratait des battements et je sentais des sueurs froides couler le long de ma colonne. L'atmosphère s'était soudainement alourdie d'une tonne et elle m'écrasait. Lui et la peur qu'il émanait m'écrasait.

Je scrutai son visage. Sa blancheur, le bleu de ses yeux, le noir de ses cheveux, l'obscurité de sa présence. Plus je le regardais, plus l'impression d'être avalé dans une spirale se faisait grande. M'avait-il vu dormir, nettoyer, me doucher, lire, dessiner, me changer, téléphoner ? M'avait-il vu faire tout ça et pire, m'avait-il vu faire ça ? Ces choses dégoûtantes... ?

- Non je vois pas pourquoi tu penses ça. Après tout, il y aucune raison de le vouloir, lui répondis-je enfin, ironique, "calme" mais méfiant. N'est ce pas ?

Je pris mes distances. Deux bureaux entre nous. Puis il sortit les clés de sa poche. Les clés de la salle dans laquelle nous étions. J'étais effrayé. Plus effrayé que jamais. Ce n'était pas un simple stalker. C'était vraisemblablement obsessionnel. Un pervers ? Un tueur ?

Du calme, du calme. Paniquer ne mène rien. Quelle issue possible ? La fenêtre ? Pas la peine d'y penser. Et la porte... aiiish. Alors quoi ? Crier ? Hurler ? Prier ?

- J'ai une voix très aigue quand je veux tu sais, prévenai-je en m'éloignant encore, pas à pas.

Avec un peu de chance, il m'avait sous-estimé et avait simplement fait semblant de fermer la porte à clef. Une technique comme une autre pour me ridiculiser. Mais j'étais encore loin de la porte. Encore quelques mètres pour m'en assurer...

Je parlais comme pour attirer son attention sur ma voix et pas sur mon corps mais j'avais bel et bien conscience qu'on n'ignore pas aussi facilement 1m84. C'était plus psychologique qu'autre chose pour moi, parler comblait le silence pesant, me donnait l'impression d'avoir encore des résidus de contrôle. Bullshit.  

D'une manière ou d'une autre, je parvins à la porte. Il m'avait suivi, sans pour autant se presser. Sans oser lui tourner le dos, je posai ma main sur la poignet pour en effet, constater que...

- Fermée. Fallait s'en assurer, on sait jamais... dis-je avec un sourire qui respirait le mensonge. Puis je lui demandai : Qu'attends tu de moi au juste ? N'en as pas tu assez vu ? Ma voix était plus grave tandis que mon pouls s'emballait. Crier, vraiment, c'était ça ma dernière issue ? Quelle heure était-il ? Pitié.
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Cham Weasley
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Ven 14 Aoû - 9:51


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Tu le regardais. Il semblait en proie à une peur sans nom. De l'effroi même se lisait sur son visage. "Aurait-il peur de quelque chose? De moi peut être?" Tu te posais réellement la question. Il semblait... Déconcerté. Il te regardait d'un drôle d'air. T'avait-il cramé? Cramé dans le sens ou il savait ou plutôt il se rendait enfin compte de ton obsession pour lui?

Des tas d'images défilèrent dans ta tête. Tu te souvenais de ces derniers jours où tu avais passé la plupart de ton temps à l'observer. Facile. Il ne fermait jamais ses fenêtres. Il ne fermait jamais sa chambre à clé. Et quand bien même il l'aurait fait, tu l'aurais de toute manière ouverte avec une de tes techniques. Tu l'avais vu. Se doucher. S'habiller. Dormir. Tu l'avais suivi partout. Mais tu savais que parfois, mieux valait le laisser seul. Pour faire la partie de sa vie que tu ne préférais pas connaître. Sa... "Sexualité". Sa masturbation en somme.

Il avait eu un soupir nerveux, puis m'avais lâché d'une voix presque triste ces quelques mots.

- Tu as mis une caméra chez moi ?

Tu avais secoué la tête. Non. Tu avais des yeux, c'était pour t'en servir. Mettre une caméra dans la chambre de quelqu'un était excessif. Après tout... Un minimum (vraiment le strict minimum) d'intimité ne faisait pas de mal.Pas vrai.

Il me regardais, me questionnant du regard. Il voulait savoir. Ce que j'avais vu et pas vu. Jusqu'à quel point j'avais pénétré sa vie intime sans son consentement. Puis il tilta enfin, et répondit à ma question posé quelques minutes avant.

- Non, je vois pas pourquoi tu penses ça. Après tout, il y aucune raison de le vouloir, répondis-t-il enfin, ironique, "calme" mais méfiant. N'est ce pas ?

Il avait pris ses distances. Il avait peur. Tu vis des gouttes de sueur perler sur son front. Paniqué. Effrayé. Presque horrifié. Le jeune homme en face de toi n'était définitivement pas serein du tout.

Tu le vis jeter un œil vers la fenêtre, puis tu esquissa un sourire. Il n'oserais pas... Il tenait trop à la vie pour ça. Tu le savais. Jamais il ne supprimerais volontairement sa petite personne de cette planète. Il ouvrit la bouche.

- J'ai une voix très aigue quand je veux tu sais, prévena-t-il en s'éloignant encore, pas à pas.

Il se rapprochais de plus en plus de la porte. Tu ne le lâchais pas du regard. De toute manière, elle était fermé. Croyais t-il sincèrement que tu étais idiot? Cette pensée te fit sourire. Ce grand gaillard était pris au piège par un type trois fois moins fort et deux fois plus petit que lui. Triste vie, n'est ce pas?

Il essayait de rester discret. Sans succès. Tes saphirs brillants dans l'obscurité, tu le toisais. Tu avais toujours ton petit sourire en coin. Dommage... Tu n'étais pas le genre de garçon à céder facilement. Il voulait sortir? Il allait devoir te supplier. Te le demande gentiment. Ton idée du début avait refait surface. Comment le taquiner le plus fortement possible? Tu le savais. Le contact était la clé.

Tu t'étais donc levé. Il était dos à toi. Telle une ombre, tu t'étais mis derrière lui. Il avait posé la main sur la poignée. Fermée. Évidemment. Tu avais souri encore plus. Puis tu avais mis la main dans ta poche, tâtant les clés qu'il devait ardemment désirer. Il se retourna lentement. Vos visages étaient près l'un de l'autre. Il te dominait en hauteur. Mais tu sentais que tu le dominais mentalement. Il se ratatina contre le mur. Puis lâcha d'une voix faible et tremblante.

- Fermée. Fallait s'en assurer, on sait jamais... dit-il avec un faux sourire. Qu'attends tu de moi au juste ? N'en as pas tu assez vu ?

Sa voix était changeante, tantôt aigu, tantôt grave. Alors tu ouvris la bouche pour la troisième fois de la soirée. Un record pour toi.

- Cham. Me prends pas... Pour un idiot. Et je veux simplement... Te faire réagir.

Ta phrase répondait à l'ensemble de ses questions. Tu t'étais approché de lui. Il s'était recroquevillé contre le mur. Tu le toisais, dominant. Tu aimais contrôler, ça, c'était une des seules choses qu'il pouvait connaître de toi.




Mdr Aaron désolé mais ce sera certainement ma seule réponse avant le 29 août étant donné que en vacances j'aurais pas d'ordi. Du coup pour répondre te presse pas. Love sur toi zoubis <3
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Sam 15 Aoû - 4:07

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Contrôler, c'est ça qui le rendait fou de joie. A chaque fois que je manifestais mon insécurité, un sourire narquois cambrait ses lèvres. Le genre de sourire pas communicatif du tout, qui donne plus envie de pleurer ou d'hurler qu'autre chose. Ce genre de sourire-là.

Je ne comptais pas pleurer pour autant. Hurler ? C'est vrai, je l'envisageais parfois.

Etre dans l'attente de ses réponses était insupportable. J'avais l'impression d'être un chien dans une famille chinoise. Va-t-on me nourrir ou va-t-on me manger ? S'ils comptent me nourrir mais que j’aboie en pensant qu'ils vont me manger, vont-ils changer d'avis et me faire cuire ? Mais si je n’aboie pas alors qu'ils comptent me manger, ne vais-je pas regretter de ne pas avoir essayé de sauver ma peau ? Un silence angoissant qui maintenait tous les gestes en suspend, voilà ce que c'était. Pire que la peur de faire un pas de travers, la peur de faire un pas tout court.

Quand il arrêta de violer mon espace vital pour parler, je retins un soupire de soulagement. S'il parlait, je pouvais savoir ce qu'il attendait vraiment et agir en conséquence. Dans le cas où il ne dirait mot sur ses intentions, au moins je gagnais du temps.

Cham ? J'arquai un sourcil. Un prénom ? A moins que ce ne soit un mot abrégé, un code ou un son étrange, c'était le plus probable. Alors c'était donc Cham. Un cham qui n'appréciait apparemment pas le fait que je mette en doute ses paroles. Il se trompait, je ne l'avais pas pris pour un idiot, c'était plutôt le contraire même. Je m'était dit que peut-être lui m'avait pris pour un con. J'aurais tellement aimé certifier cette hypothèse. Il me parla ensuite de réaction. Vouloir me faire réagir... Qu'est ce que c'était censé signifier ? Et pourquoi ? Il s'approcha encore, m'oppressant. Je ne pouvais plus réfléchir correctement.

Je mis alors mes mains -couverts de gants- devant lui. Je ne voulais pas qu'il s'approche d'avantage.

- Je ne te prends pas pour un idiot, j'ai cru que toi tu m'en prenais pour un, commençai-je par dire en faisant un pas sur le côté.

Ses yeux me suivirent comme une ombre. Glacial.

- Honnêtement je ne vois pas ce que tu entends par là et quel sorte d'amusement je peux représenter pour toi. Qu'est ce que moi et mes réactions peuvent avoir d’intéressants ? Et si par "me faire réagir" tu fais référence à ma mysophobie... lançai-je en m'écartant encore, longeant le mur à ma droite et maintenant mes mains devant lui, je crois que tu m'as fait assez réagir pour l'année.

Je parlais bien entendue du fait de m'avoir touché quelques minutes plus tôt.

- Si ça ne te suffit pas, alors non je ne comprends pas à quoi veux-tu me faire réagir et ce serait poli de ta part que de m'en faire part.

J'avais parlé plutôt vite, sans toutefois avaler mes mots. Je voulais juste tout dire tant qu'il m'écoutait -si jamais il prévoyait ensuite de ne plus le faire. Me cognant les cuisses à un bureau, je jetai un coup d’œil derrière moi et l'esquivai pour agrandir encore la distance qui se situait entre nous.

Quand je retournai mon attention vers lui, sans surprise, il me scrutait encore de ses yeux vides, ce même sourire sur ses lèvres.

- Ne me touche pas. J'ai des gants et j'ai déjà frappé.

Et c'était vrai, je m'étais déjà battu. Plusieurs fois même. Au collège et au lycée et même une fois dans la rue. Je ne gagnais pas à chaque fois mais face à un adversaire aussi fin, peut-être que... je penchai la tête en plissant les yeux, cherchant à déduire. Ou peut-être pas. Il m'avait observé et savait probablement comment me déstabiliser. S'il cherchait plus à me toucher qu'à me cogner, il pourrait remporter la victoire. Et il était assez intelligent. Quand je me bats, je me garde toujours à distance et je fais des prises qui ne nécessitent que le contact de mes mains protégées.

- Mais je ne veux pas en arriver à là, finis-je par dire, réalisant en fait que ce n'était pas si simple. Et je me répétai : N'approche pas plus, ne me touche pas.

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Cham Weasley
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Sam 15 Aoû - 23:52

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Sa tête était magique. Effrayé. Horrifié même. Tu sentais sa peur. Son effroi. Tu savais qu'il avait la trouille de sa vie. Après tout, une phobie reste une phobie. Le fait de l'avoir touché t'avais beaucoup amusé. Ton idée n'était que plus que parfaite désormais. Tu allais le faire réagir... Avec sa permission, ou pas.

Il avait ravalé ses larmes... Mais semblait prêt à hurler. Ce que te faisait sourire.

Il réfléchissait. Toi aussi. Ton idée était simple. Te rapprocher le plus possible de lui, quitte à en faire une pauvre petite chose. Juste pour le pousser dans ses retranchements. Il fallait qu'il y ai un enjeu. Si l'enjeu était là, il oublierait sa "peur", sa maladie, le temps d'un instant. Pour faire naître cet enjeu... Il fallait simplement que tu te rapproches de lui. Près. Très près.

Tu t'étais donc rapproché. Vos visages étaient si rapprochés... Il eu un frisson incontrôlé. Tu savais que tu lui faisais de l'effet. Que cet effet soit néfaste, tu t'en fichais, il y avait quand même quelque chose. Un défi? Un challenge? Sûrement. Maintenant que tu avais réussi à le piéger, tu ne comptais pas le laisser partir. Ressentais tu quelque chose? Non, bien sûr que non. Les sentiments t'étaient étrangers, autant que les émotions. Tu ne savais pas ce qu'était l'amour, ou même l'amitié. Tu ne connaissais que la colère, la tristesse parfois. Ces deux seules émotions te suffisait amplement. Surtout qu'il était là, donc tu ne pouvais rien te permettre. Sinon, sa voix retentirait et il tenterait encore... Encore. Prendre le contrôle. De votre corps. Ce que tu voulais absolument éviter. Mieux valait le laisser là où il était, dans un petit coin de ta tête. Ne jamais céder aux émotions inutiles. Déjà, tu avais fait preuve de compassion. Tu allais déjà souffrir à cause de ça, pas besoin d'en rajouter.

Tu avais soupiré. Puis tu t'étais encore rapproché. "Plan, plan, plan. Serais ce encore un des minets que tu comptes séduire, Chamour?" Tu avais penché la tête. "Comment fais tu... J'ai rien pris." "Je suis dans ta tête. Tu m'entends, c'est tout. Nous sommes deux, crétin. Dis moi merci. Parce que sinon, je te rends tous tes souvenirs. Et crois moi, tu ne le veux pas." Là, silence. Une migraine te vrillait les tempes. Tu détestais quand il parlait dans ma tête. Tes yeux se vidait de toute vie dès l'instant où tu entendais sa voix. Après tout, deux âmes ne peuvent pas se retrouver dans un même corps. Normal. Ta maladie était vraiment compliqué à gérer, tu te détestais.

Il mit alors ses mains - gantées - devant lui. Il te faisais reculer. Tu n'avais même pas capté.

- Je ne te prends pas pour un idiot, j'ai cru que toi tu m'en prenais pour un, commença-t-il par dire en faisant un pas sur le côté.

Tu le suivait du regard, tes saphirs froid pointés sur lui, le fixant intensément.

- Honnêtement je ne vois pas ce que tu entends par là et quel sorte d'amusement je peux représenter pour toi. Qu'est ce que moi et mes réactions peuvent avoir d’intéressants ? Et si par "me faire réagir" tu fais référence à ma mysophobie... lança-t-il en s'écartant encore, longeant le mur à sa droite et maintenant ses mains devant toi, je crois que tu m'as fait assez réagir pour l'année.

Parlait-il du fait que tu avais touché sa joue un instant plus tôt? Ou sa chemise?

- Si ça ne te suffit pas, alors non je ne comprends pas à quoi veux-tu me faire réagir et ce serait poli de ta part que de m'en faire part.

Il avait parlé d'un ton pressé. Sans doute pensait-il que tu ne l'écouterais que dans un temps limité. Ce qui n'était pas faux, en plus. Il s'écarta encore, se pris le coin d'un pupitre en haut de la cuisse. Il avait grimacé. Puis avait levé ses yeux vers toi. Ses pupilles miels étrécis.

Le scrutant, tu arborais ce même sourire. Ce sourire moqueur. Le sondant de mes yeux vides, tu attendais qu'il vide son sac, ne bougeant pas d'un pouce. Une statue aurait été plus mouvante que toi.

- Ne me touche pas. J'ai des gants et j'ai déjà frappé.

Tu avais lâché un petit ricanement. D'accord. Il était grand. Plutôt fort, de ce que tu avais pu voir sur le terrain de basket. Mais il ne faisait pas le poids. Tu savais que tu le mettrais à terre en quelques secondes s'il osait te toucher ou abîmer une seule petite partie de ta personne. Il suffisait de... Non, tu refoulais pour l'instant cette idée dans le coin de ta tête. Le toucher était pour l'instant amplement suffisant.

Le brusquer n'aurait servi à rien. Tu préférais avoir sa "permission". D'ailleurs, ton idée de départ, tu étais sur le point de l'exécuter... Quand il lâcha d'une voix chevrotante :

- Mais je ne veux pas en arriver à là, puis il répéta : N'approche pas plus, ne me touche pas.

Tu avais avancé tranquillement, sans pression. Il s'était mis en position de combat. Alors, tu t'étais brusquement avancé et tu avais pris son visage entre ses deux mains, le forçant à te regarder dans les yeux. Il avait esquissé des gestes pour se défendre. Tu t'étais pris un crochet dans l'oreille, mais tu faisais abstraction de la douleur, peinant quand même. Tu sentais déjà qu'un liquide gouttais le long de ton cou. Tu avais été coupé? Par quoi? Tu avais soupiré. Tu sentais des gouttes dans ton dos. Il te regardait, horrifié. Ne pouvant esquisser un seul geste. Il était contre le mur. Tu avais penché la tête, l'avais fixé. Ses pupilles miels étaient dilatées. Tu savais la peur et l'effroi que tu inspirais. Tes cernes paraissaient encore plus grande dans l'ombre de la nuit. Tu lâcha ces quelques mots.

- Que comptes tu faire, Aaron? Me frapper, encore? Et si je... Faisais quelque chose sur ce visage, m'en voudrais-tu tant que ça?

Trop de questions. Il fallait vraiment que tu apprennes à te le fermer en sa présence. Ce qui n'était pas une chose simple. Tu avais gardé tes mains sur ses joues. Tu le dominait. Et ça, ça te plaisait. Comme quoi, le plus grand n'es pas toujours le plus fort.

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Dim 16 Aoû - 13:02

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Il s'était approché de trop près, je l'avais frappé. Mes yeux s'étaient écarquillés. Pourquoi prenait-il autant de risque ? Quel était l'enjeu ? Dieu sait comment mes gestes s'étaient retournés contre moi mais il était parvenu à écarter mes bras pour avancer les siens. Un coup de chance ou un réel savoir-faire ? Quoi qu'il en soit le résultat était le même, il me tenait entre ses griffes, mon visage entre ses mains. Stupeur, répugnance.

- Que comptes tu faire, Aaron? Me frapper, encore? Et si je... Faisais quelque chose sur ce visage, m'en voudrais-tu tant que ça?

Décidément, je n'y comprenais rien. Il ne répondait qu'aux questions qui l'arrangeait, restant toujours vague. Ce qu'il attendait concrètement de moi, je n'en savais toujours rien. Pourquoi cherchait-il à me faire réagir ? Aimait-il que je le frappe, était-ce cela qu'il appelait réagir ? Un sadomasochiste ? Et par faire quelque chose sur mon visage, qu'envisageait-il ? Un coup retour ?

J'avalai ma salive.

- Tu es complètement dingue.

Peu importe à quel point je pouvais me pencher mentalement sur lui, je n'avançais pas. Soit il manquait trop d’éléments du puzzle pour établir une forme, soit c'est à lui qui manquait carrément des cases. Et je finissais sérieusement par douter. Peut-être m'étais-je trompé et qu'il ne s'agissait pas d'un génie malsain, seulement d'un fou perspicace. Un pervers, un malade, un maso. Je ne savais pas. Je ne savais rien.

Ses actions étaient dingues et épris par la surprise et l'appréhension, je l'avais déclaré à voix haute. Ni plus ni moins qu'une remarque m'ayant échappée.

Et je ne comptais pas arrêter mes aveux ici. J'allais parler, j'allais parler jusqu'à ce qu'il en ait marre. Il voulait me voir réagir, alors d'accord, j'allais cédé, épuisé par ce jeu du chat et de la souris. A moi, ça ne m'amusait pas.  J'inspirai un grand coup.

- Alors je ne sais pas si c'est moi qui m'exprime mal ou une volonté de ta part de garder le suspens mais je ne comprends toujours pas ce que tu attends de moi. Tu veux me faire réagir, d'accord, à quoi ? Parce que là je réagis déjà plus que je n'ai réagi ces cinq dernières années. T'as pas l'air de te rendre compte alors je vais te dire. Ma respiration est haletante, mon cœur s’accélère. J'ai peur. Tu me dégoûtes. Je me demande si tes cheveux sont sales et si ta pâleur relève d'une maladie. Je me demande quand est-ce que tu t'es lavé pour la dernière fois. J'ai la voix qui tremble parfois et j'ai des frissons. Des frissons de dégoût. Je n'aime pas qu'on me touche. Je déteste ça. J'ai l'impression que les milliers de microbes sur ta main vont me filer des parasites mortels. Je suis phobique obsessionnel. Je déteste cette partie de moi. J'aimerais te frapper, t’assommer. Mais je suis pétrifié à l'idée même que nos corps se rencontrent encore. J'aimerais rentrer chez moi et me laver. Je réagis. Je réagis même énormément. Ma tête et mon corps sont sur le point d'exploser. Tu me fais réagir. Tu as gagné, alors s'il te plait. Lâche moi et laisse-moi partir.

Tout le long du discours mes yeux étaient restaient fermés comme par peur de faire face à la réalité. Mes sourcils s'étaient froncés, mes paupières crispées. Ma voix avait été comme dit plus tôt, quelque peu haletante et hésitante. J'avais sérieusement réfléchi, cherchant profondément ce que je ressentais pour tout lui dire. Sans exception, sans détour. Ma langue n'avait pas tourné dans ma bouche, elle avait laissé glissé toutes les pensées qui pouvaient bien me venir. Les phrases s'étaient enchaînées d'elles-même, juste comme ça.

Je n'avais plus de salive, plus d’énergie. Je voulais juste être qu'on me rendre ma liberté. J'étais fatigué, ma tête et mon corps me faisaient mal. Je souffrais.

- S'il te plait, je t'en supplie, lâche-moi, tu as eu ce que tu voulais. Veux-tu que je te déteste ? Que j'en sorte si traumatisé que n'importe quelle thérapie ne pourrait me soulager ? Non parce que honnêtement là je suis pas loin du malaise. Pour aujourd'hui j'ai eu ma dose tu ne crois pas ? terminai-je par dire, la voix las et fatigué. C'était ma dernière chance. J'étais à bout. S'il te plait...

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Cham Weasley
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Dim 16 Aoû - 22:57

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Il était stupéfait. De ton audace, certainement. Tu sentais le sang s'épaissir sur ton cou, séchant déjà. Tu penchais la tête, le fixant d'un air dur, tes saphirs brillants dans la pénombre. Tu lui faisais peur. Il était quelqu'un de sensible, et là, tu avais touché un point, au sens littéral du terme. Il ne pouvait même plus bouger.

Il te fixait d'un air incrédule. Choqué. Tu sentais que si tu osais poser tes mains ailleurs, tu allais le regretter. Vraiment. Mais n'était-ce pas là ce que tu voulais? Le pousser dans ses retranchements? Bien sûr que si. Tu voyais une petite goutte de sueur perler à son front. Il était apeuré. Comme un animal blessé. Mais blessé par quoi? Par toi? Le fait de le toucher l'avais vraiment traumatisé? Tu n'osais même pas imaginer comment il serait après que tu ai effectué ton idée.

Il avala sa salive, sa pomme d'Adam tressautant. Puis lâcha d'une voix chevrotante.

- Tu es complètement dingue.

"Évidemment que j'étais dingue." Tout le monde l'est, ici. Ne l'avait-il pas remarqué, depuis le temps qu'il était là? Tu avais penché la tête un peu plus. Maintenant, tu te posais une question. Pourquoi lui? Pourquoi toute cette mascarade autour d'un type qui ne pouvait même pas toucher les gens? Étais-ce un défi que tu voulais relever, ou y avait-il autre chose? Peut être... Non, non, non. Impossible.

"Cham, cham, cham. Ne commence pas à te poser des questions de ce genre, où je te jure que je tue le minet en face de toi. Contente toi de lui rouler une bonne pelle, qu'on en finisse. Sinon, je le fais pour toi. Compris?" Tu avais grimacé presque imperceptiblement. Tu détestais qu'il prenne la parole comme ça. Heureusement, cette fois ci, la voix était resté dans ta tête. Tu n'osais même pas imaginer comment Aaron aurait réagi. Tu accentuais ta prise sur les joues d'Aaron.

Puis, sans prévenir, Aaron pris la parole. Il te lançait un regard presque suppliant.

- Alors je ne sais pas si c'est moi qui m'exprime mal ou une volonté de ta part de garder le suspens mais je ne comprends toujours pas ce que tu attends de moi. Tu veux me faire réagir, d'accord, à quoi ? Parce que là je réagis déjà plus que je n'ai réagi ces cinq dernières années. T'as pas l'air de te rendre compte alors je vais te dire. Ma respiration est haletante, mon cœur s’accélère. J'ai peur. Tu me dégoûtes. Je me demande si tes cheveux sont sales et si ta pâleur relève d'une maladie. Je me demande quand est-ce que tu t'es lavé pour la dernière fois. J'ai la voix qui tremble parfois et j'ai des frissons. Des frissons de dégoût. Je n'aime pas qu'on me touche. Je déteste ça. J'ai l'impression que les milliers de microbes sur ta main vont me filer des parasites mortels. Je suis phobique obsessionnel. Je déteste cette partie de moi. J'aimerais te frapper, t’assommer. Mais je suis pétrifié à l'idée même que nos corps se rencontrent encore. J'aimerais rentrer chez moi et me laver. Je réagis. Je réagis même énormément. Ma tête et mon corps sont sur le point d'exploser. Tu me fais réagir. Tu as gagné, alors s'il te plait. Lâche moi et laisse-moi partir.

Ses yeux s'étaient fermés, comme s'il ne voulait pas voir la réalité qui se présentait à lui. Ses sourcils s'étaient froncés, ses paupières crispées. Sa voix était chevrotante. Il paraissait soulagé d'avoir déballé tout ce qu'il avait sur le cœur. Tu l'avais écouté, ne le lâchant pas du regard. "Cham, décides toi. J'en ai marre, je veux rentrer. Je te jure que si tu te décides pas c'est moi qui le fait." Kyle t'avais de nouveau parlé, à la manière d'une petite voix dans ta tête. "Ta gueule", avait tu pensé pour le faire taire.

Aaron semblait triste. Fatigué. Las. Il se relâchait. Il s'était laissé glissé le long du mur, s'était posé par terre. Tu l'avais suivi dans son mouvement, et tu t'étais posé face à lui, lui tenant toujours le visage.

- S'il te plait, je t'en supplie, lâche-moi, tu as eu ce que tu voulais. Veux-tu que je te déteste ? Que j'en sorte si traumatisé que n'importe quelle thérapie ne pourrait me soulager ? Non parce que honnêtement là je suis pas loin du malaise. Pour aujourd'hui j'ai eu ma dose tu ne crois pas ? termina-t-il, la voix lasse et fatiguée. S'il te plait...

Tu l'avais regardé. Ses yeux miels te suppliaient. Il avait raison ; Tu en avais assez fait pour aujourd'hui. Tu laissa retomber tes mains le long du corps, comprenant parfaitement ce qu'il pouvait ressentir. Au final, tu avais décidé de repousser ton idée à plus tard. Il ne fallait pas le brusquer... "Cham, putain. Tu m'as fait poireauter tout ce temps pour l'entendre gémir comme une fillette? Bon, pousse toi." Tu t'étais senti éjecté d'un seul coup. Tu avais voulu crier, dire à Aaron de s'en aller, sans succès. Kyle était là. Tu préférais ne pas regarder ce qu'il allait faire. Mais au final, tu l'entendis.

- "Mon cher Aaron. Je détestes poireauter pour rien. Ton discours n'as servi à rien sur moi. Peut être a t-il été utile sur Cham, mais dans mon cas il m'as plus ennuyé qu'autre chose. Si je veux faire quelque chose, je le fais. Tu vas l'apprendre. A tes dépends."

Alors, tu vis. Tu le vis prendre le menton d'Aaron avec force, le forçant à l'embrasser. Tu sentais quelque chose. Tu étais mal à l'aise, gêné. "Non, non, non... Ça ne devait pas se passer comme ça..."

Aaron n'avait pas esquissé un seul geste. Quand Kyle eu fini de jouer, tu le sentis se relever. "Cham, on se casse. Il a eu son bisou, maintenant on y va." Puis il te rendis votre corps. Tu t'étais senti nauséeux d'un seul coup. Aaron te regardait, effaré. Puis il ouvrit la bouche, un flot d'insultes s'en suivi.

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Mer 19 Aoû - 5:12

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Je m'étais laissé tomber le long du mur, fatigué, épuisé, crevé. Cette soirée qui s'annonçait pourtant tranquille au départ m'avait pompé toute mon énergie au moment même où il était apparu. J'avais aménagé cette pièce pour qu'elle soit un petit coin de paradis et voilà qu'elle devenait une salle de torture. Quelle bonne idée avais-je eu de m'isoler dans un coin si reculé dans un établissement abritant autant de tarés...

Je me sentais si sale, si mal, ma tête tournait et mon estomac donnait des coups à tous mes autres organes. Son contact, sa proximité, son odeur et son regard, tout chez lui me rendait nauséeux. Et si seulement ça s'arrêtait à là... mon anxiété était si forte qu'elle m'en faisait suer. J'étais au bord de la rupture et il ne sembla guère s'en formaliser.

Il me donna un faux espoir l'espace de quelques secondes. Il avait retiré ses mains de mon visage, les faisant tomber le long de son corps. Avait-il cédé à la supplication de mon regard ? Nul le saura et quand bien même tel était le cas, il ne s'y abandonna pas longtemps. Il pris la parole et sa voix résonna dans toute la pièce. Elle était encore plus grave que précédemment, ne me présageant rien de bon.

Son changement de voix ne fut pas la seule étrangeté dans son discours. Le contenu lui-même était anormal et par anormal j'entends par là : encore plus anormal que d'ordinaire.

- Mon cher Aaron. Je déteste poireauter pour rien. Ton discours n'a servi à rien sur moi. Peut-être a t-il été utile sur Cham, mais dans mon cas il m'a plus ennuyé qu'autre chose. Si je veux faire quelque chose, je le fais. Tu vas l'apprendre. A tes dépends.

Voilà qu'il se mettait à parler à lui-même. Un fou ? Une double personnalité ? Une face cachée ? Rien de réconfortant pour mon futur proche en tous cas. Je le vis avancer ses mains, mes yeux s'écarquillant aussitôt. Qu'allait-il faire ? Qu'est ce qu'il avait prévu de faire depuis le début ?

Souhaitant m'échapper, mon réflexe fut de reculer, causant à mon crâne quelques dommages contre le mur derrière. Il n'eut aucun mal à reprendre possession de ma mâchoire, maintenant mon menton entre ses doigts pour ensuite me tirer de force vers lui. Et je compris. Instantanément. Je n'avais jamais embrassé personne mais j'avais assez vu de baisers dans ma vie pour saisir que deux visages qui se rapprochent autant dans un tel angle aboutissent à un tel acte. M'agitant dès que je réalisai son attention, je fus victime de ma réaction tardive. Ses lèvres s'écrasèrent sur les miennes sans douceur, me laissant abasourdi, bouche bée, et ...presque mort.

Jamais ôh grand jamais quelqu'un avait osé me toucher autant. Des actes sales, abjects, dégoûtants, répugnants. Dieu que je me sentais mal. J'aurais pu en mourir, j'en étais persuadé.

Ma vue se troubla dès lors, sous le choc, et je perçus juste à temps sa silhouette se lever avant que mes paupières ne retombent et que mon corps ne se relâche entièrement. Je venais de m'évanouir. Persécution, bouleversement et traumatisme.

Cham sortit de la pièce en me laissant ainsi. Des infirmiers arrivèrent un peu plus tard, se chargeant de mon cas. Au moins, l'avantage avec les médecins c'était que tous leurs équipements étaient stérilisés. Que quelqu'un me laisse me nettoyer...

Mysophobie : Du grec mysos (crime, souillure, impureté) et phobos (peur), la mysophobie correspond à une crainte extrême de la saleté et de la contamination. Cette peur panique provoque l’apparition systématique de troubles somatiques comme la tachycardie, des suées profuses, voire des pertes de connaissance. [...]
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Fascination malsaine [PV Cham]
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