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Pluie, microbes et rencontres « PV Clare & Mike »





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Jeu 13 Aoû - 1:42

Après les grosses chaleurs de ces dernieres jour, j'aurais dû me douter que le ciel finirait par transpirer. De gros nuages noires semblant provenir des côtes marines se rapprochaient d'ici présegeant que l'averse ne faisait que commencer. Une tenue de pluie complète, voilà ce que j'aurais dû m'acheter au lieu de passer au pressing. Puis c'est que ma chemise commençait à peser lourd, aaaish. Grumpy cat sous mon parapluie que je tenais dans ma seconde main -à travers mes gants, cela va sans dire- je cherchais desesperemment un endroit sous lequel m'abriter, loin de la populace trempée et collante. Agacé par les éclaboussures, mon regard perça l'âme d'une petite dizaine de personnes avant que enfin, je ne parvienne à entrer dans une infrastructure silencieuse et presque déserte. Je fermai mon parapluie et entrai. Une bibliothèque?

Non, ça n'en avait pas l'air. Aucun livre, bureau ou étagère. Il s'agissait d'un grand hall, bien éclairé par l'immensité des baies vitrées. Un hall de cinéma ? Non plus, bien trop formel et... propre. Chose qui me réjouit dès que mon regard se posa sur le carrelage scintillant. Ca sentait le vinaigre blanc et la javel. Mon corps se détendit immédiatement, esquissant presque un souri-... une tâche. Mes sourcils s'apprêtèrent à se froncer quand je fis soudainement interpellé. Hum ?

Je me tournai à droite, méfiant. Personne. Derrière, non plus. Toujours méfiant. Puis j'entendis des pas se rapprocher et un peu paniqué, je reculai brusquement juste à temps pour l'apercevoir. Heureusement que ma tête fut baissée à ce moment-là, un peu de plus et je ne l'aurais pas remarqué. Son visage me laissa perplexe quelques secondes, il ne m'était pas inconnu-... ah oui !

- Clarisse ? fis-je surpris avant de me corriger, Enfin, Clare, c'est ça ?

Une connaissance de lycée. C'était une drôle de coïncidence de la retrouver sur Marseille. Sa main, qui était sans doute levée pour me tapoter l'épaule, s'éloigna de moi afin de consolider la prise de son canon. J'en fis soulager.

Elle n'avait pas changé... Mais je ne sais pas à quoi je m'attendais, ça devait seulement faire quelques mois que nous ne nous étions pas croisés. A l'exception près que son sourire avait quelque chose de triste. Elle ne me laissa pas le temps de m'en préoccuper d'avantage et me proposa de "les" rejoindre.

Je levai les yeux de son épaule pour voir à qui elle faisait allusion. Il y avait effectivement un garçon assied sur un banc, les cheveux ébènes et les yeux clairs et durs. Il avait quelques allures androgynes mais ce qui me frappa le plus, c'était sans doute sa corpulence. Il était très fin. Je le saluai de la tête, redonnant ensuite mon attention à Clare. M'invite elle à m'asseoir ?
Il semblait bien. Le malaise. Elle s'installa sur le banc en face de son ami, un silence m'invitant à en faire de même. Je regardai le garçon puis le banc, tentant tant bien que mal de dissimuler mon dégout. Je ne voulais pas m'asseoir, ce banc était sans doute sale -après tout j'avais vu une tâche- et je ne savais rien de cette personne non plus. Toutefois, je ne voulais pas non plus paraître impoli voire méprisant, mais le temps que je mis à me décider ne m'y aida pas.

Finalement, elle coupa le silence gênant, me présentant celui qui m'était encore inconnu. Mike alors ? Un Américain, certainement.

- Enchanté, fis-je, peu confiant sur la crédibilité qu'il donnerait à mes politesses après l'avoir dévisagé avec répugnance.

Puis elle s'excusa, sous ma surprise. Pourquoi ? J'avais oublié à quel point elle pouvait être attentionnée. Elle s'excusa en se rendant compte qu'elle m'avait mis mal à l'aise et aussi pour ce qu'il m'était arrivé. Elle avait appris ça dans le journal. Décontenancé par autant d'attention, je me retrouvai un peu penaud, secouant mes mains (tenant ma chemise de pressing et mon parapluie) pour exprimer qu'il ne fallait pas.

- Il n'y a pas de mal, je suis même plutôt rassuré que ce ne soit pas la seule chose que l'on retienne de moi, la rassurai-je en plaisantant, à propos de ma mysophobie. Et concernant mon arrestation, inutile de t'excuser. A moins que tu sois celle qui m'ait drogué à mon insu..., ...c'est le cas ? la questionnai-je, la mine très sérieuse, lui offrant un sourire taquin en la voyant le prendre trop à cœur.

Puis je me tournai vers son ami, qui était toujours assied et moi encore debout -et pas prêt à changer de position-. Il me semblait l'avoir déjà vu à l'internat, mais peut-être faisais-je erreur...

- Dis-moi plutôt ce que toi tu fais à Marseille, lançai-je à l'attention de Clare, changeant de sujet. Non pas que son ami ne m'inspirait pas confiance mais je ne me sentais pas très à l'aise.
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Jeu 13 Aoû - 2:30

- Ah ! De la pluie, fis-je remarquer en levant les yeux au ciel.

Mike et moi étions sortis. Nous avions sympathisé la veille, en parlant un peu de tout et de rien, surtout de rien, puis nous avions d'un commun accord décidé de sortir ce week-end dans la ville. Ça allait m'aérer l'esprit, je ne me faisais pas encore à la vie à l'internat. Ils y en avaient qui accrochaient mais moi non, trop restreint. Enfin, je ne m'attendais pas forcément à vivre une vie de rêve dans un établissement visant à mettre les délinquants dans le droit chemin. Prenant en photo l'immeuble en face de nous et une femme sous son parapluie rose, j'en profitai pour capturer le visage de Mike à l'aide de mon appareil, laissant la pluie me mouiller légèrement les cheveux. Je rangeai mon appareil photo dans mon sac, sortant mon parapluie pour nous protéger de la pluie. Nous avions eu le même réflexe : courir vers une petite foule de gens qui entraient dans un grand hall. Je tapotai le bout de mon parapluie sur le sol, histoire de chasser les gouttes qui imprégnaient le tissu de ma protection, puis rejoignit Mike sur un banc, m'asseyant en expirant de soulagement.

- Tu veux voir les photos, proposai-je au brun, sortant mon canon pour lui montrer les prises.

C'était très beau. Avec la pluie, cela donnait une couleur opaque qui rendait très bien avec la bâtisse, et le parapluie de la dame étant la seule couleur vive de la photographie. J'étirai un sourire. En appuyant sur le bouton next, c'était le portrait de Mike sous la pluie. Il rendait très bien, il était photogénique, et ça, c'était l'essentiel !

- Elle te plaît ?

Je ne pris pas l'occasion d'entendre sa réponse que mes yeux s'ancrèrent sur un nouvel arrivant dans le hall. Mes yeux s'écarquillèrent, je ne m'attendais pas du tout à le voir ici, enfin je voulais dire aujourd'hui. Parce que les journaux n'ayant pas été très tendre avec lui, l'histoire du basketteur drogué avait fait un peu le tour de Cannes. Je n'en croyais pas un mot. Il était très doué, il n'aurait jamais fait ça, du moins pas de son plein gré. Pas comme moi, en tout cas.

- Aaron, balbutia-je un peu fort.

Je me levai vers lui, marchant un peu plus vite qu'à la normale. Il se tourna vers la gauche, puis derrière, avant de soudainement faire volte face et de se reculer pour me dévisager. Il était très grand, enfin il l'avait toujours été, mais peut-être qu'avec les mois passés, j'avais un peu oublié la taille qu'il faisait. J'ouvris ma bouche pour la refermer, bizarrement, j'éprouvais une sensation de soulagement de le voir. C'était une tête que je connaissais, et cela me rassérénait.

- Cla-, commençai-je, mais il se reprit vite, venant certainement de se souvenir que je n'aimais pas mon prénom. O-oui, c'est bien ça...

Je tendis ma main avant de la reposer soudainement sur mon appareil photo, comme pour vérifier s'il était toujours autour de mon cou. Il n'aimait pas trop la tacticité, sa phobie des microbes jouant beaucoup la dessus. Nous dévisageant, je ne pus réprimer un sourire penaud, un peu triste... Il n'était pas à sa place ici, tout comme moi. Je repris très vite la parole pour éviter de l'embêter avec mon inquiétude :

- Je suis vraiment contente de te revoir... Viens t'asseoir avec nous !

Il détourna bien vite son regard vers Mike pour le dévisager avec une certaine retenue, comme s'il le jaugeait, ce qui m'intrigua un peu. Puis il reposa à nouveau ses yeux bruns clairs dans les miens. J'étirai un plus grand sourire, me dirigeant vers le banc, me mettant en face de Mike. Les traits d'Aaron se crispèrent, dévisageant tour à tour Mike et le banc. Mince c'est vrai !

- Mike je te présente Aaron, un ami de lycée, Aaron voici Mike, je l'ai rencontré hier !

Il énonça les commodités que l'on faisait lorsque l'on rencontrait une nouvelle personne puis je repris, me grattant l'arcade :

- Désolée, j'ai du te mettre mal à l'aise en te demandant de t'asseoir sur le banc... Et pour ce qu'il t'est arrivé.

Il ne méritait absolument pas ça. Aaron était une bonne personne malgré sa phobie et la méfiance dont il faisait preuve envers Mike - et sans doute d'autres personnes ... ? Ça m'attristait.

- Je l'ai lu dans le journal, ajoutai-je, esquissant une moue penaude.

Il ne sembla pas s'en formaliser puisqu'il agita ses mains pleines pour me dissuader de m'inquiéter davantage. Il semblait content qu'on ne le connaisse pas seulement pour son histoire d'amour avec les microbes, puis il me dit de ne pas m'excuser pour ce qu'il lui était arrivé, à moins que je sois celle qu'il l'avait drogué. Mes joues rougissant, surprise de la remarque, je balbutiai des "mais non, je..." cela dit, je me détendis en voyant son sourire narquois sur le visage. J'eus un petit soupir amusé. Les histoires de drogues ne me faisaient plus rire autant qu'avant malheureusement.

En prenant part sur le banc, il me demanda ce que je faisais ici, à Marseille. Je me raidis un peu, pas très à l'aise de devoir dire que j'avais pas su résister à la tentation, lui qui était sportif, se droguer n'était certainement pas une chose à faire, d'autant plus que cela ruinait la santé... Mais je me lançai, serrant mon appareil photo dans mes mains :

- Hum, il y a quelques jours, j'ai été à une des soirées de mes amis, ils se droguent souvent pendant ce genre de fête et... D'habitude je résiste plutôt bien, mais ce soir-là, je ne sais pas... J'ai été influencée, et je me suis droguée. Mais le lendemain, eh bien, mes amis et moi avons été embarqué et envoyé à Marseille, ils m'ont jugé comme étant complice dans de la vente de drogue et bien que j'en ai consommé, je n'en ai pas vendu. Là, je ne peux blâmer personne à par moi-même.

Je pinçai mes lèvres, mal à l'aise. Et encore j'avais été très soft, j'avais du mal à parler de la réaction de mon père et de son regard déçu. Pour cacher mon humeur, je regardai les photos sur mon appareil, allant de gauche à droite, regardant plusieurs fois la même photo. Autant vous dire que j'avais le poids de la culpabilité sur les épaules, je n'étais vraiment pas fière de moi, et ça... c'était marqué au fer rouge dans ma tête.

- Hum, bon... Quel temps, hein ?

Quel meilleur moyen de changer de conversation que de parler du temps qu'il faisait dehors ? Technique ancestrale since 1456.
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Jeu 13 Aoû - 8:38

ft. Clare De Monti

ft. Aaron D. Van Royen

Pluie, microbes et rencontres
- Ah ! De la pluie.
Mike regarda la jeune fille à coté de lui. Elle s’appelait Clarisse d’après ses souvenirs, mais elle déteste qu’on l’appelle comme ça.
~ Raison de plus pour le faire, pensa Mike. ~
Ils s’étaient rencontrés la veille, alors que le jeune homme se baladait seul. Elle avait parlé et Mike avait essayé de répondre du mieux possible, mais faire la conversation n’était pas trop son truc. Malgré tout elle lui avait proposé de l’accompagner en ville aujourd’hui. N’ayant rien d’autre à faire, et pas vraiment d’amis à aller voir le jeune homme accepta sans toute fois grande conviction.
Donc nous voilà au jour J, et oui il pleut. Mais ça ne dérangeait pas Mike, les gens sont moins vigilent quand il pleut car ils doivent trouver à s’abriter, donc plus facile à voler. Clarisse sorti un appareille photo et pris en photo un immeuble n’ayant rien de spécial et une femme pas super joli sous un parapluie rose. Il ne comprenait pas où elle pouvait voir de la beauté dans ce genre de chose.  Lui ne voyait de la beauté qu’en l’argent et les choses de valeurs, comme son appareil par exemple. Alors qu’il réfléchissait, il se rendit compte qu’elle le prit lui aussi en photo. Il n’aimait pas ça, mais ne dit rien. Il n’allait quand même pas se fâcher avec la première personne à qui il a adressé la parole quand même ?
Ils entrèrent dans le grand hall en courant. Avec la pluie, c’était bondé et Mike ne se sentait pas vraiment à l’aide. Il était méfiant et devait résister à la tentation de voler quelque chose. Il s’installa sur un banc, et, toujours silencieux regarda Clarisse agiter son parapluie. Lorsqu’elle revint, elle lui proposa de regarder les photos.
- D’accord, il eut à peine le temps de dire ce petit mot qu’elle avait déjà sorti son appareil.
- Elle te plaît ?
C’était sa photo. Non il ne l’aimait pas. Non pas qu’il ne se trouve pas beau, mais le jeune n’affiche quasiment aucune expression. Son visage vide l’exaspère.
- Oui, elle est pas mal, mais j’essaierai de sourire la prochaine fois, dit-il avec un petit sourire en coin ; puis il replongea dans ses pensées en ce demandant si oui ou non il volerait cet appareil.
Il avait vu qu’elle avait détourné le regard vers quelque chose, mais ne vit pas de suite quoi. Le jeune l’entendit dire quelque chose mais ne compris pas quoi, puis lorsqu’elle se leva, il le vit. Un gars, grand, beaucoup plus grand que Mike du moins. Il n’était pas moche, mais son visage n’exprimait pas grand chose d’amical. Enfin, c’est un peu l’hôpital qui se fou de la charité là. Quoi qu’il en soit le jeune homme regarda Mike d’un air plus que méfiant. Il devait sentir qu’il y a truc qui ne collait pas chez lui. Ils se dirent trois phrases entre eux comme si Mike n’était pas là. Puis enfin elle l’invita à s’assoir. Alors que Clarisse nous présentait enfin, le dénommé Aaron dévisagea le jeune homme encore assis et le banc de manière très insistante.
~ Nan mais franchement il a un problème celui-là ?~
Puis les deux se mirent à parler de ce qui les à fait venir à ce foutu centre pour délinquant. De ce que Mike compris, pur tout les deux c’était une affaire de drogue, mais les deux n’y était pas pour grand chose. Le jeune se retint de dire ce qui l’a fait venir ici, un voleur professionnel face à de simple petit consommateur de drogue ; dont un « innocent » ? Il préféra ne pas leur faire peur. Puis sortit une phrase très étrange.
- Hum, bon... Quel temps, hein ?
Mike regarda son visage. Clarisse était mal à l’aise et ça se voyait. Il décida donc de prendre les choses en main et d’enfin ouvrir la bouche pour dire plus d’une phrase.
- Oui il fait moche. Bon, Clarisse, Aaron, ça ne vous dirait pas de bouger un peu ? Je sais pas, on pourrait aller prendre un verre ou autre chose, mais ce monde me rends fou.
Le jeune se leva et regarda Aaron droit dans les yeux, malgré le fait qu’il devait lever la tête. Il l’observa plus en détail. Il n’avait pas l’air méchant, juste étrange, donc pour Mike, il était intéressant. Le jeune allait s’amuser à le tester un peu. C’est vrai que depuis son arrivée ici, il s’ennuyait, il ne pouvait plus voler s’il voulait partir vite, mais manipuler les autres est tout aussi distrayant, bien que moins lucratif.
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Jeu 13 Aoû - 12:24

Embarqué pour consommation et trafic de stupéfiants, hein ? Et moi qui pensais qu'elle était venue prendre des vacances tranquilles avec ses parents sous le soleil marseillais. Je me sentis un peu pris de court et désolé, notamment en ressentant sa honte et son malaise. J'avais gaffé visiblement.

Alors qu'elle cherchait un échappatoire à ce sujet en regardant son canon, je l'aperçus. Au coin de l'oeil, son ami, immobile et impassible. Comme si cette histoire ne le surprenait guère. Peut-être l'avait-il déjà entendu, c'était une possibilité tout à fait viable mais mon ressentiment était différent. C'était comme si c'était monnaie courante, une histoire parmi tant d'autres. Il ne m'inspirait vraiment pas confiance celui-là.

Il dut sentir mon regard sur lui car il dirigea ses yeux dans ma direction. Regard que j'esquivai en reposant le mien sur une Clare devenue un peu penaute.

- Hum, bon... Quel temps, hein ?

Sérieusement Clare ? C'était un changement de sujet si misérable qu'il faillit m'en rendre moqueur. Heureusement, je me contentai d'un sourire attendri -par une dose de pitié indéniable- et me rapprocha d'elle. Dans les limites de ma mysophobie bien entendue.

Je me penchai derrière son épaule et jetai un coup d'oeil aux clichés qu'elle avait pris sous la pluie. Je n'aimais vraiment pas ce temps. Les gens étaient mouillés, collants et grincheux par dessus le marché. Ceci étant dit, il fallait avouer qu'elle avait suffisamment de talent pour rendre l'environnement qu'elle photographiait plus beau qu'il ne l'était. C'était exactement ce genre de pensées que j'avais au lycée lorsqu'elle se servait de moi comme modèle. J'avais l'air éclatant sur ses photos alors qu'en vrai il en était autrement. Du moins c'était comme ça je le voyais, peu importe ce qu'on m'en disait. Je suppose que c'est ce qu'on appelle un artis-... J'arrêtai mon attention sur une photo. Oh.

- Oui il fait moche. Bon, Clarisse, Aaron, ça ne vous dirait pas de bouger un peu ? Je sais pas, on pourrait aller prendre un verre ou autre chose, mais ce monde me rends f-..

- Très expressif comme modèle, dis-je, un ton ironique très finement dosé en relevant mon regard sur le concerné en face. Photogénique, vraiment, j'en suis un peux jaloux rajoutai-je finalement, tout passant dans le regard.

A ma voix, Clare ne sembla pas saisir l'ironie contrairement à l'américain qui s'était arrêté de parler avant de prononcer son dernier mot. Elle avait relevé la tête vers lui, innocente et souriante, probablement l'air de dire "tu vois, il aime ta photo!". Je ne sais pas si c'est la candeur de Clare qui l'empêcha de me répondre sur le moment ou son timing qui nous écarta d'une éventuelle confrontation mais quoi que cela puisse être, merci. Elle se tourna vers moi, me demandant si ça irait.

- Quitte à devoir subir la pluie, autant être dans un endroit moins bondé, non ?

Elle me lança un sourire communicatif auquel je répondis. Elle était comme un agneau sur un terrain de loups.

- Je n'ai pas de sous sur moi mais ton ami te paiera surement quelque chose, ajoutai-je lorsque nous sortîmes de la bâtisse, ouvrant mon parapluie pour le tenir au dessus de ma tête. Non ? le questionnai-je, une expression narquoise que seul le concerné pouvait deviner. A la lumière du jour et si près, je fus un peu surpris. Il était plus mignon qu'il n'en avait l'air.

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Jeu 13 Aoû - 21:55

Ne semblant pas remarquer les regards étrangement méfiants des deux garçons envers l'un et l'autre, j'avais dévisagé mes photos, passant d'un cliché à un autre, Aaron se penchant au-dessus de mon épaule pour regarder lui aussi – ça m'avait un peu surpris d'ailleurs. Ce qui me surprit davantage, ce fut sa réaction devant la photo de Mike. J'avais vu son regard, mais fus bientôt tirée de mes pensées par Mike lorsqu'il énonça mon prénom complet.

- Clare, ne pus-je m'empêcher de reprendre, c'était plus fort que moi, cela dit ce n'était pas dit sur un ton désapprobateur, c'était juste dit, point.

- Très expressif comme modèle, lâcha Aaron, coupant Mike dans sa phrase qui nous proposait de sortir pour boire un verre.

Un peu naïve, je croyais sérieusement qu'il pensait ce qu'il disait. Sur cette photo-là, Mike n'était pas, mais alors pas du tout expressif. Et, paradoxalement, c'était un peu ce qui me plaisait dans cette photo qui changeait des personnes expressives avec des paillettes dans les yeux. Là, c'était un feu éteint, et dans ce vide d'émotions, on se sentait happé, engloutit, enfermé, un peu comme un étau. Ou peut-être que, justement, il était sur la même longueur d'ondes que moi et trouvait son manque d'expression comme étant fascinant ! Aaron était vraiment une personne surprenante...

- Photogénique, vraiment, j'en suis un peu jaloux, termina-t-il.

- Vous avez tous les deux votre charme, répliquai-je, très contente des réactions d'Aaron bien que je désapprouvai la fin de sa phrase.

Je dévisageai, tout sourire Mike qui ne semblait pas aimer son visage en photo alors qu'il le devrait ! Il faudrait lui jeter un seau d'eau et le prendre en photo pour voir ses réactions, j'étais sûre que ce serait une bonne expérience. Je note, je note, je note... Coupant certainement la parole à Mike, je me tournai vers Aaron :

- Ça ira, sous la pluie ?

Il me répondit positivement, à sa manière, ce qui me fit sourire. Tout en nous dirigeant vers la sortie de l'enceinte, je tirai à nouveau mon parapluie en rangeant mon canon dans un coin de mon sac, Aaron disant que Mike me paierait sûrement quelque chose à boire car il n'avait malheureusement pas de sous, ne remarquant toujours pas le jeu du blond.

- Non, non. Je paierai ma part, ne vous embêtez pas pour moi, lançai-je.

Je n'aimais pas trop que l'on paie mes parts, ça me gênait. Sortant enfin en laissant Mike s'abriter sous mon parapluie, nous nous dirigeâmes d'un pas pressé vers une brasserie ou quelque chose dans ce genre-là en tout cas pas très loin, tapotant à nouveau la pointe de mon parapluie sur les dalles du trottoir pour l'accrocher à mon bras, entrant rapidement à la suite de Mike et Aaron. Il n'y avait pas beaucoup de mondes, et la décoration me faisait étrangement penser à un Starsbuck. Prenant place à leurs côtés, je regardai la carte des boissons, déliant machinalement les pointes de mes cheveux, trempées. Remettant le col de mon pull correctement et mes manches aussi, je fis mon choix bien vite. Quelle drôle d'ambiance, aucun de nous trois ne disait un seul mot, et ça, ça avait le don de me mettre mal à l'aise, il me fallait un sujet de conversation, et vite !

- Vous vouliez faire quoi, avant d'arriver ici ?

Je ne pris pas la peine de réfléchir à la question que je venais de poser. Du genre « ouais je demande ce qu'il voulait faire mais qu'ils ne pourront jamais peut-être faire parce qu'ils sont en maison de correction pour jeunes et que ça fait lourd dans le dossier » ? Pour moi, le monde ne s'arrêtait pas. Certes, c'est pas joli et c'est pas top d'avoir des trucs comme ça dans un casier, mais il faut vivre de ce que l'on a et donner le meilleur de soi. Ça me paraît très important, il ne faut pas baisser les bras dès le premier obstacle. Le serveur arriva, agréable et nous demanda nos consommations :

- Un diabolo fraise pour moi s'il vous plaît, annonçai-je, lui offrant un sourire.
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Sam 15 Aoû - 5:07

ft. Clare de Monti

ft. Aaron D; van Royen

Pluie, microbes et rencontres
Mike resta bloqué quelque secondes. Ce mec ce foutait ouvertement de lui là non ? D’abord son ironie à deux balles et ensuite il voulait qu’il paye un truc à Clarisse. On lui avait tout pris lors de son arrestation, le peu d’argent qu’il avait il avait du le voler à des passants en se retenant de prendre plus que quelques euros à chaque fois. Heureusement il n’eut pas le temps d’expliquer la raison pour laquelle il n’avait pas assez d’argent pour lui payer quelque chose qu’elle répondit d’elle-même qu’elle paiera. Les trois jeunes sortirent pour au final rentrer à nouveau dans un bâtiment. Il n’y avait quasiment personne, donc pas beaucoup de bruit. Le jeune homme s’assit exprès à côté d’Aaron. Le silence était encore plus pesant. Le nez dans la carte, Mike lança des petits regards discrets en direction d’Aaron. Il le jaugea. Ce gars n’était pas bête, ça allait être encore plus amusant qu’il ne le pensait.
- Vous vouliez faire quoi, avant d’arriver ici ?
Clarisse avait posé cette question comme ça. Sûrement pour briser le silence pesant qu’il régnait depuis de nombreuse minutes. Mike n’y avait même pas réfléchis d’ailleurs. Il comptait vivre dans la maison qu’il venait d’acheter, tout en continuant de voler pour garder sa richesse.
- Je pense que j’aurais gardé le même mode de vie que j’avais, j’aurais continué mon travail et j’aurai vécu une vie tranquille.
Rester évasif était la meilleure des solutions. Mike posa sa main sur l’épaule d’Aaron, afin de voir sa réaction. Immédiatement, il se crispa. Il n’enleva pas sa main pour autant et lui retourna la question avec un sourire froid.
-  Et toi Ron’ ? Qu’avais-tu prévu de faire ? Puis se tournant vers la jeune fille en face de lui. Clarisse, je suppose que tu voulais faire dans la photographie non ?
Lorsque le serveur arriva, chacun passa sa commande. Mike opta pour un simple café. Une fois la commande arrivée, le silence retomba sur la table. Le jeune homme regarda le serveur repartir pour s’occuper d’une autre table, puis son attention retourna sur Clarisse. Elle était mignonne, elle avait quelque chose d’innocent en elle, la pluie ne semblait pas la déranger, comme lui. Peut être que Mike serait enfin en train d’apprécier quelqu’un. Comme quoi, tout peut arriver.
- Dis Clarisse, comment t’es-tu mise à la photographie ? Et cet appareil, il est de bonne qualité, il vaut cher non ?
En même temps qu’il interrogeait la jeune fille, Mike se rapprocha un tout petit peu d’Aaron. Juste assez pour que leurs épaules se touche à peine. En règle générale, le contact avec des inconnus, ce n’était pas vraiment son point fort, mais dans ce cas là, ça l’amusait beaucoup. Il pensa même à renverser sa petite tasse de café, mais elle était encore très chaude. Il ne tenait pas à le brûler quand même. Quoi que… Non, non. Il devait le tester, pas le torturer. Le jeune homme s’excusa et se dirigea vers les toilettes. Il passa de l’eau sur son visage plusieurs fois et se regarda dans le miroir pendant quelques minutes. Ses yeux, d’habitude très clairs, s’étaient assombris avec le temps pluvieux. Il passa sa main dans ses cheveux. Le jeune homme se dit qu’il faudrait bien qu’ils les coupent un jour. Lorsqu’il estima qu’il était resté assez longtemps avec lui-même il décida de retrouver ses deux compagnons. Il revint à la table et pris au passage le pourboire laissé sur l’une des tables pour un ou une serveuse malchanceux. Voilà qui servirait à lui payer son café. Certes il avait dit qu’il ne volerait plus, mais il ne considérait pas ça comme ça comme un vol tel quel. Ce n’était que deux petits euros après tout, il avait fait bien pire. En marchant vers sa table il fixa Aaron, visiblement il n'allait pas se laisser faire.
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Dim 16 Aoû - 2:34

On avait traversé la rue, slalomant entre les gouttières et les gens. La pluie me répugnait et l'idée même d'effleurer quelqu'un de trempe me donnait des remontés. Ils semblaient tous si sales avec les cheveux et la peau humide, c'en était une horreur. Puis on arriva enfin, après quelques mètres de marche. Une sorte de café ou une brasserie peut-être.

Nous entrâmes après avoir secoué nos parapluies sur les dalles, la chaleur de l'endroit nous apaisant. Ca sentait le pain, l'alcool et le produit d'entretien pour sols. Il n'y avait pas trop de monde donc peu de bruit. Le son de chaises que l'on tire, de couverts qui s'entrechoquent et de quelques murmures entrecoupés de rires.

Un serveur nous invita à nous asseoir vers le fond de la pièce dans un coin plus en hauteur. Le parquet couina sous nos chaussures, laissant après nos pas les traces éphémères de nos empruntes. Devant notre table, j'examinai d'un œil mauvais cette dernière et le siège. Je sortis alors une sorte de film plastique de mon sac et l'installai dessus avant de m'asseoir. Evidemment, réflexe de mysophobe, je m'étais installé face à la sortie -et aussi Clare par la même occasion- et avais laissé vide la place près du mur. Je comptais y déposer ma veste de pressing mais il eut la merveilleuse idée de disposer de cette place. Lui accordant un regard manifestant ma joie de le retrouver à côté, je me levai et accrochai alors mon blazer à un porte-manteaux derrière nous. Heureusement qu'il était protégé dans son emballage.

Quand je revins, Clare semblait déjà avoir choisi sa consommation, déposant la carte sur la table pour nous faire la conversation. C'était une drôle de question. Pour des gens de notre âge je veux dire. Ma seule ambition était de terminer le lycée et de décrocher mon BAC sans rencontrer trop de problèmes. L'école était épouvantable pour moi alors ça représentait déjà quelque chose d'énorme. Je ne me sentais bien que sur un terrain de basket ou devant mes feuilles de dessin mais je n'avais probablement pas le niveau pour réussir dans l'une de ces activités alors...

- Je pense que j’aurais gardé le même mode de vie que j’avais, j’aurais continué mon travail et j’aurai vécu une vie tranquille.

Quel âge avait-il pour tenir ce genre de discours ? Le regardant du coin de l’œil peut-être de manière un peu suspicieuse, je tentai d'imaginer quel "mode de vie" ou "travail" il pouvait bien tenir. Je me retins de toutes remarques, laissant seulement échapper un très léger souffle du nez qui signifiait toutefois trèèès lourdement : " C'est ça oui. A d'autres.". Glissant mon regard vers Clare quand je sentis celui de son cher ami venir sur moi, je ne vis pas son coup venir.

Tout mon corps se contracta. Il avait osé.

-  Et toi Ron’ ? Qu’avais-tu prévu de faire ? m'avait-il demandé, main sur mon épaule avant de se tourner vers Clare. Clarisse, je suppose que tu voulais faire dans la photographie non ?

- Clare. Et Aaron., le repris-je immédiatement, un sourire crispé et le ton plus sévère que je ne l'aurais voulu.

L'enfoiré avait trouvé le point sensible et appuyait dessus allègrement. Jouer au plus malin était un jeu dangereux pour moi mais je ne comptais me laisser faire pour autant. Il fallait que je prenne sur moi et réfléchisse, je ne souhaitais pas que Clare change son impression sur moi mais j'espérais quelque part qu'elle se rende compte que son "ami" était une mauvaise fréquentation. Je l'aidais seulement un peu à le réaliser plus vite. Elle était bien trop influençable, suffit de voir ce qu'il avait emmené ici. Elle ne méritait pas ça.

Mon mépris pour le genre de personne que pouvait être Mike était aussi plutôt conséquent. Contrairement aux autres que je jugeais seulement dégoûtant de l'extérieur, son soi "intérieur" ne m'inspirait pas non plus. Je pris sur moi pour sa main et répondis d'une voix plus calme :

- Oh, rien d'exceptionnel. L'idée de tenter le mannequinat m'a parfois effleuré l'esprit mais j'avoue qu'après avoir vu tes photos, ma confiance a pris un sacré coup, lui répondis-je finalement, le regard droit dans le sien accompagné d'un rire dont il pouvait aisément déceler le sens. Bien sûr, j'avais menti. Le mannequinat ce n'était pas pour moi, peu importe ce qu'on l'on peut en dire. Puis de toute façon, dans ma situation ce serait difficilement gérable. Je n'aurais pas toujours la chance de tomber sur des photographes aussi attentionnés et talentueux que Clare, finis-je par dire en adressant un regard attendri à la concernée.

Au lycée, Clare et moi avions eu l’occasion d'être photographe et modèle à plusieurs reprises. La première fois avait été particulièrement comique -et peu confortable au début-. Nous étions partis sur un fond mignon et coloré et avions fini par me faire faire des poses presque lubriques entouré d'une écharpe de plumes noires. Tout ça pour un calendrier de Basketball... et dire que les photos avaient eu un succès fou, c'était dingue. Mon club avait largement pu ramasser la somme nécessaire à la vente pour partir à la capitale jouer le match final de l'inter-lycée. Et bien que Clare se tannait à me dire que c'était grâce à moi, je restais persuadé que tout venait d'elle. Elle savait comment transformer des défauts en avantage.

Enfin, pour rendre son ami chaleureux il fallait peut-être user de plus de moyens.

Clare répondit à son tour à la question de ce dernier et le serveur arriva pour prendre commande. Elle pris un diabolo fraise et Mike se contenta d'un simple café. Boisson amer et sans gout, tout à l'image qu'il me renvoyait.

- Je ne veux rien merci.

Evidemment. Je ne pouvais pas m'asseoir à même le fauteuil alors imaginer porter nourriture ou ustensile à la bouge c'était tout simplement impossible. Un silence s'installa que Mike eut plaisir à couper.

- Dis Clarisse, comment t’es-tu mise à la photographie ? Et cet appareil, il est de bonne qualité, il vaut cher non ?

Il s'était rapproché, frôlant mon épaule. S'il le faisait exprès ? Bien évidemment mais je doutais que Clare puisse le percevoir ainsi. Il savait y faire, sa gestuelle avait semblé très naturelle. M'inclinant un peu sur ma gauche pour me défaire de ce contact, j'arquai un sourcil à sa dernière question. "Il vaut cher non?" Je le regardai d'un air suspicieux. Il le vit probablement. Quel interet pouvait avoir le prix ?

Peu après, il quitta la table, moi prenant le soin d'esquiver tout contact. Je le suivis du regard jusqu'à son entrée aux toilettes, le faisant ensuite glisser vers Clarisse qui sirotait son diabolo à la paille.

- Dis moi Clare, je suis curieux, tu l'as rencontré où ton ami ? Il me semble l'avoir déjà vu quelque part mais ça veut décidément pas me revenir.

C'était en partie vraie mais j'avais plus rajouté ce détail afin que ma question paraisse innocente. Si je me mettais à la questionner sur lui de but en blanc, elle allait certainement se montrer un peu plus perspicace nous concernant.

Elle me raconta, entre autres, qu'il était de l'internat. Oh. Donc il devait avoir commis un délit. Rien de surprenant finalement. Clare et moi avions été emmenés ici plus par erreur qu'autre chose mais il fallait être vraiment naïf pour supposer qu'il en valait de même pour lui.

- Hmm, c'est peut-être là bas que je l'ai croisé alors, avais-je tout simplement commenté.

Songeur, je fus coupé dans ma réflexion par sa sortie des toilettes. Je le suvis du regard, hochant machinalement la tête face à ce que Clare pouvait me dire. Puis je le vis. Je n'étais pas sûr d'avoir bien vu, tout s'était passé très vite et de manière encore une fois très naturelle, ceci dit... j'en aurais au moins parier quelques euros. Il venait de voler le pourboire d'un serveur à une table un peu plus loin. Quand son regard se redressa, il tomba froidement dans le mien. Je détournai encore une fois mes yeux, vérifiant en même temps si Clare avait vu quelque chose. Visiblement non, après tout elle était dos à lui.

Quand il fut à un mètre ou deux de la table, je lui lançai alors :

- Dis Mike, Clare vient de me dire que tu étais à l'internat aussi. Si c'est pas trop indiscret, pourquoi t'es tu fait arrêté ? De nouveau, j'évitai son contact lorsqu'il se rassied. Et dis-moi si je me trompe mais tu avais l'air intéressé par le prix de l'appareil de Clare, c'est parce que tu t’intéresses à la photo aussi ?

Naturellement, je n'avais pas poser ces questions l'une à la suite de l'autre sans raison. " Je ne suis pas dupe, je t'ai vu et je sais ce que tu es ", c'est ce que cela voulait clairement dire.

- Tu devrais demander à Clare de l'aide, elle est super dans la photo et je suis sûr qu'elle se ferait un plaisir de te montrer tout ce qu'il y a à apprendre dans ce domaine. Il y a tellement de choses faut dire, un coup de main te motiverait sans doute, lui dis-je avec un sourire enchanté. Il me semble que tu fais pas mal de portait Clare, ce serait pas mal pour commencer non ?

J'avais cru comprendre qu'il n'aimait pas les lieux bondés, donc les gens par conséquence. Et sachant que la photo ne l'interessait guère outre mesures, l'idée de passer tout son temps à prendre des cours pour maitriser devait être une belle torture.

- Enfin, après ce n'est qu'une idée comme ça mais tu as l'air un peu timide alors je me disais que tu n'osais peut-être pas trop demandé, ajoutai-je avec sourire, l'air faussement gêné. Qu'est ce que tu en dis Clare ?

C'était un peu le comble pour moi. Physiquement, on dégageait quelque chose d'assez similaire et ce n'était pas de la timidité. Plutôt de la prétention ou de l'arrogance, bien que ce ne soit pas volontaire.

On se battait subtilement en duel, ne se lâchant pas des yeux.
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Dim 16 Aoû - 4:18

- Je pense que j’aurais gardé le même mode de vie que j’avais, j’aurais continué mon travail et j’aurai vécu une vie tranquille.

- Ton mode de vie, répétai-je, presqu'à moi-même.

Je le dévisageai un court instant. Mais le court instant qui en disait long. Cependant, je n'eu pas vraiment l'occasion d'épiloguer la-dessus que Mike posa sa main sur l'épaule d'Aaron.

- Euh, Mike, commençai-je, levant la main pour lui dissuader d'agir de la sorte, mais il fut bien plus réactif que moi :

- Et toi Ron’ ? Qu’avais-tu prévu de faire ? (Il se tourna vers moi.) Clarisse, je suppose que tu voulais faire dans la photographie non ?

- Cl-

- Clare. Et Aaron, répliqua ce dernier, les traits tendus et le ton signifiant qu'il n'aimait pas la tournure des choses.

J'adressai à mon ami le blond un sourire soulagé, le remerciant par la même occasion de l'avoir repris au niveau de mon prénom. C'était incroyable, ces gens qui s'amusaient avec ça. Si je me présentai d'une manière, c'était justement pour que mon prénom ne ressorte pas dans une conversation. Je ne l'aimais, c'était un prénom dénué d'originalité qui n'avait strictement rien à voir avec mes origines Corses et Italiennes. Il provenait de Clarisse Harlowe, un roman épistolaire de Samuel Richardson sur les passions d'une jeune fille du XVIIIème siècle. Autant vous dire que l'idée venait de mon père. Ça m'agaçait, ce prénom était laid, inintéressant, alors que mon surnom était plus attachant. Et puis, puisqu'on en parle, ce livre était vraiment un-

- Oh, rien d'exceptionnel. L'idée de tenter le mannequinat m'a parfois effleuré l'esprit mais j'avoue qu'après avoir vu tes photos, ma confiance a pris un sacré coup.

Je clignai des yeux. Avais-je loupé quelque chose ? Du moins... Aaron n'était pas arrogant, du moins je l'avais bien compris au fil du temps, qu'il agisse de cette manière ne devait pas être sans conséquent. Je ne pus réfléchir davantage, car il reprit après un petit rire :

- Puis de toute façon, dans ma situation ce serait difficilement gérable. Je n'aurais pas toujours la chance de tomber sur des photographes aussi attentionnés et talentueux que Clare, termina-t-il en m'offrant un sourire attendrissant.

Je me raclai la gorge en dévisageant mon verre, portant la baille entre mes lèvres. Les oreilles sûrement rouges, je me grattai l'arcade sourcilière pour tenter de cacher mon malaise, le compliment me venant droit dans le cœur. Après une gorgée de ma boisson, je balbutiai un pauvre « merci » pour lui répondre, bientôt suivit par un :

- J'ai eu de beaux paysages et de jolies muses. Moi... Eh bien figure-toi que non, continuai-je, attirant sûrement des regards intrigués, j'ai voulu faire une université de lettres classiques pour pouvoir faire une agreg, mais... Mais je suis plus passionnée par la photographie. Cela dit je pense que je vais devoir songer à reprendre mon idée de base, pas sûre que les Gobelins voudront de ma candidature avec mon casier, ahah...

Le serveur arriva à la fin de ma phrase, je lui demandai alors un diabolo fraise accompagné d'un sourire, tandis que le brun lui demanda un café. Le café. Je n'en avais jamais bu, mais j'adorais l'odeur ! Aussi bizarre pouvait-il paraître, lorsque mon papa préparait son café, je me mettais toujours au-dessus de la cafetière pour sentir les émanations vaporeuses de la boisson. Mais à chaque fois qu'il m'en proposait, je refusais.

Aaron ne demanda rien, je n'en fus pas intriguée, c'était déjà très bien qu'il se soit installé dans un endroit qui lui était inconnu – bien qu'il ait installé ses films protecteurs par-dessus le tissu – une boisson dont il ne connaissait pas la provenance et un verre dont il n'était pas sûr de la propreté, c'était un peu trop. Certaines personnes trouveraient ce comportement « excessif et abusif », personnellement je pouvais comprendre, et ça ne me perturbait pas le moins du monde.

- Dis Clarisse, comment t’es-tu mise à la photographie ? Et cet appareil, il est de bonne qualité, il vaut cher non ?

J'allais m'apprêter à lui répondre à la première question avec joie, lorsque la deuxième me titilla un peu. Certes, j'étais naïve, mais pas stupide. Laissant un petit temps de silence afin de trouver la formulation de ma phrase, je lui répondis, avec un peu de distance :

- Tu as répondu à ta question, je pense. Sinon, j'ai commencé la photographie en accompagnant mes parents au Festival de Cannes, ma mère est styliste pour la maison française d'Elie Saab, et elle posait avec les modèles qui portaient l'une des créations qu'elle avait proposé. Je la prenais en photo avec son appareil, un nikon je crois... Et à partir de là, ça m'a plu, alors j'ai pris des photos de tout, de la plage, du panorama, et je me suis lancée. J'avais treize ans je crois...

Le brun hocha de la tête à sa réponse et s'excusa pour partir aux toilettes. Je le regardai s'effacer derrière la porte avant de reprendre la paille dans ma bouche, mais le silence fut court, Aaron me demanda où j'avais rencontré Mike. Je me redressai un peu et lui dis :

- Hier, à l'internat.

- Hmm, c'est peut-être là bas que je l'ai croisé alors, éluda-t-il.

- Sans doute, lui répondis-je en souriant.

Il y eut un petit silence suite après ça. Un silence qui me parut étrange. Je me penchai davantage sur la tablée afin d'aspirer une gorgée de boisson, puis la voix d'Aaron résonna dans mes oreilles, ce qui me fit relever la tête :

- Dis Mike, Clare vient de me dire que tu étais à l'internat aussi. Si c'est pas trop indiscret, pourquoi t'es tu fait arrêté ? Et dis-moi si je me trompe mais tu avais l'air intéressé par le prix de l'appareil de Clare, c'est parce que tu t’intéresses à la photo aussi ?

Mike. S'intéresser à la photo. J'en arquai un sourcil, s'il répondait positivement, j'aurais un peu peine à le croire, les photographes étaient des personnes plutôt passionnées, soit ils étaient extraverties soit ils se renfermaient dans un univers presque transparent aux yeux des autres.

- Tu devrais demander à Clare de l'aide, elle est super dans la photo et je suis sûr qu'elle se ferait un plaisir de te montrer tout ce qu'il y a à apprendre dans ce domaine. Il y a tellement de choses faut dire, un coup de main te motiverait sans doute. Il me semble que tu fais pas mal de portait Clare, ce serait pas mal pour commencer non ?

Erreur. Je n'étais tout simplement pas douée pour expliquer le fonctionnement des techniques photographiques en passant de l'argentique au réflex. Mon Dieu, ce serait une perte de temps, et il aurait mieux valu qu'il en gagne à regarder des tutos sur internet. Ce n'était pas pour « conserver » mon talent ou quoi que ce soit d'autres, loin de là, mais c'était plus parce que j'allais mal m'exprimer et qu'il n'allait sûrement rien comprendre le pauvre. D'un regard, je tentai de faire comprendre à Aaron que je n'allais pas pouvoir endosser ce rôle, mais il termina, gêné :

- Enfin, après ce n'est qu'une idée comme ça mais tu as l'air un peu timide alors je me disais que tu n'osais peut-être pas trop demandé. Qu'est ce que tu en dis Clare ?

- J'en dis que...

Je ne me prononçai pas plus. Je dévisageai les deux personnages qui se lançaient des regards perturbant, presque superficiels dans le sens où ils me cachaient la vraie teneur de leurs émotions. Que trafiquaient-ils ? Je croisai mes bras contre mes côtes et repris, le regard pensif :

- Tout dépend de l'envie de Mike, cela dit les portraits ce n'est pas bon pour commencer. Il vaut mieux débuter avec de la macrophotographie.

Je rejetai mon dos contre le dossier, les dévisageant tour à tour, un peu agacée.

- Sinon, je peux avoir une explication ?
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Dim 16 Aoû - 10:48

ft. Clare de Monti

ft. Aaron D. Van Royen

Pluie, microbes et rencontres
- Oh, rien d'exceptionnel. L'idée de tenter le mannequinat m'a parfois effleuré l'esprit mais j'avoue qu'après avoir vu tes photos, ma confiance a pris un sacré coup.

Encore de l’ironie. Décidément ce type était un comique. Clarisse ne remarquait rien apparemment. Elle racontait ce qu’elle voulu faire avant de se tourner vers la photographie. Mais apparemment elle devait abandonner ses rêves par la faute de son casier. Mike s’étonna que le simple fait de consommer une seule fois de la drogue ferme les portes de grandes écoles. De nos jours pratiquement tout le monde avait déjà essayé au moins une fois. C’était presque devenu quelque chose de commun. A la suite de la deuxième question du jeune homme, elle remarqua quelque chose. Visiblement elle n’était pas si bête. Elle lui expliqua comment elle avait commencé la photographie et Mike eu la réponse à sa question. Cet appareil valait cher, il savait qu’il pouvait le revendre. Il savait à qui. Ce serait possible dès qu’il serait sorti d’ici. S’il sortait bientôt. Rien n’était moins sûr. Il commençait à perdre pied et parti au toilette se laver le visage pour reprendre ses esprits.

Mike avait remarqué le regard d’Aaron lorsqu’il revint à la table. Il savait qu’il l’avait vu. Il avait commis une erreur. Il voulait leur cacher son passé de voleur, mais venait de recommencer devant leurs yeux. Son obsession ne diminuait pas. Il lui fallait de l’argent, il n’avait rien d’important à acheter, mais pour lui l’équation est simple. Argent égale bonheur. Certes ce n’est pas avec le simple pourboire qu’il venait de prendre qu’il serait riche et heureux, mais il ne pouvait s’en empêcher. Et c’est cette erreur qui changea toute la donne de la situation. Maintenant que l’autre avait compris il n’y avait pas cent milles solutions. Mike avait le choix entre faire croire qu’il n’était qu’un petit voleur à l’étalage, soit dire toute la vérité. Les deux solutions avaient chacune un avantage. Pour la première, ça éviterai qu’ils le regardent avec du mépris, du dégoût ou autre regard qu’on lance aux criminels. Pour la seconde, ça permettrait au jeune homme de pouvoir observer leurs réactions. Il ne décida pas pour l’instant car l’autre avait repris la parole.

- Dis Mike, Clare vient de me dire que tu étais à l'internat aussi. Si c'est pas trop indiscret, pourquoi t'es tu fait arrêté ? Et dis-moi si je me trompe mais tu avais l'air intéressé par le prix de l'appareil de Clare, c'est parce que tu t’intéresses à la photo aussi ?

Mike réfléchis une fraction de seconde afin de décider quelle option prendre. Il choisit l’honnêteté. Parce que s’ils se renseignaient un minimum par la suite ils pouvaient facilement savoir qui il était en fait.

- Je me suis fait arrêté parce qu’il semblerait qu’un traître ai donné ma position à la police. J’ai été accusé de différents vols d’objets et documents qui ont été effectués pour la mafia ou d’autres criminels. Ce qui n’était pas totalement vrai, je volais aussi pour mon propre compte parfois.

En ce qui concernait la photo, il ne voulait pas blesser Clarisse. Elle était, certes, l’amie d’un abruti, mais elle était très gentille et pas du tout spéciale comme l’autre. Et sa passion pour la photographie avait un côté touchant que Mike ne comprenait pas. Il n’avait pas de passion. Rien ne l’intéressait mise à part l’argent. Donc il était impressionné de voir que quelqu’un puisse aimer tant une chose sans que ça soit complètement obsessionnel. Il aimait bien la petite étincelle qui s’allumait dans les yeux de la jeune fille lorsqu’elle parlait de photographie. Avant que Mike ne réponde à sa deuxième question Aaron continua de blablater sur le fait que Clarisse pouvait l’aider s’il voulait, qu’elle faisait des portraits et que ce serait bien pour commencer. Heureusement Clarisse répondit d’elle-même qu’il fallait mieux commencer par la macrophotographie. Mike ignorait totalement ce que c’était. Il était un peu, pour ne pas dire beaucoup, perturbé par le coup que lui avait fait Aaron, même si il faisait de son possible pour ne rien laisser paraître. Il devait trouver la meilleure des réponses. Quelque chose qui ferait taire cet abruti. Il ne trouvait pas. C’était la première fois que ça lui arrivait. Le jeune homme était plus que désarçonné.

- C’était le prix qui m’intéressait, pas la photographie. J’aime bien le fait que ça te passionne, mais je n’ai pas ce genre de chose moi. Je n’ai que l’argent. Donc je pensais à le revendre.

Il était perdu, son cerveau fonctionnait à mille à l’heure pour essayer de renverser la situation. Il pensait à ce qu’il pouvait dire ou ne pas dire, faire ou ne pas faire. Il rayait mentalement ce qui ne convenait pas. Il savait que s’il continuait il ne tarderait pas à avoir une sacrée migraine.

- Sinon, je peux avoir une explication ?

Mike la fixa. Son cerveau se bloqua quelques secondes et il regarda dans le vide. Puis le cours de ses pensées repartit. Sur quoi voulait-elle une explication ? Sur la petite guerre que se faisait les garçons ? Mike ne pouvait quand même pas lui dire que son ami était un abruti. Il choisit bien ses mots avant de parler.

- Je voulais tester ‘Ron en fait. Clarisse, je sais que tu es quelqu’un de bien, mais lui ne m’inspire pas totalement confiance. C’est vrai que je ne suis pas le mieux placé  pour dire ça, mais c’est ce que je sens. J’ai fréquenté un bon nombre de criminels alors je me trompe rarement, mais c’est tout à fais possible que ce soit le cas.

Il pensait qu’il ne s’en était pas trop mal sortit. Il n’avait pas vraiment dit la vérité, mais c’était qu’un petit détail. L’essentiel était dit, il ne sentait pas Aaron. Restait plus qu’à voir la réponse de l’intéressé.
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Dim 23 Aoû - 3:36
Désolé pour le retard ; gomeneee


Ça avait été plus rapide que ce que je m'étais imaginé. Bien que l'on sentit son hésitation avant de se prononcer, Mike avait fini par cracher le morceau. Il avait dévoilé sa véritable identité et sans passer par quatre chemins. Un voleur, un mafieux, un escroc. C'était pire que ce à quoi je m'attendais. Sa réponse m'avait donc surpris en plusieurs points mais je me débrouillai pour le cacher.

J'hochai simplement la tête, faisant ainsi croire que je ne portais pas de jugement négatif. Un mensonge, bien entendu. Comment peut-on rester de marbre face à ça et considérer une personne ayant fait de tels actes comme l'on considère n'importe qui ? C'était impossible. Depuis le début je ne le sentais pas et ce n'étais pas son élan "d'honnêteté" qui allait me faire changer d'avis. Ça n'effaçait rien et je ne me méprenais pas.

D'ailleurs, Clare aussi semblait avoir quelques soupçons sur lui et ce avant même qu'il ne déclare ses méfaits. Elle avait paru méfiante quand il lui avait demandé le prix de son appareil. Elle était un peu naïve mais pas bête pour autant, elle avait su lui répondre comme il faut et sans se montrer méprisante ou l’asséner de reproche. Ceci étant dit, elle se montra un tantinet plus expressive que moi. Elle haussa les sourcils, l'un après l'autre avant de revenir à la normale, comme un processus d'assimilation lorsqu'il nous raconta son histoire.

Je n'étais pas convaincu par sa réaction. En fait, même si son visage s'était crispé de plusieurs façons, je ne savais pas étiqueter son émotion. Est-ce qu'elle était seulement étonnée ou étonnée ET mauvaise ? Mauvaise dans le sens où elle pourrait éventuellement mal prendre le fait qu'il se soit abstenu de lui dire ça plus tôt -et ce qui serait tout à fait justifiable-. Ce serait une réaction plutôt logique et je préférais d'ailleurs qu'elle ait celle-ci. Il représentait une mauvaise fréquentation, pour elle comme pour n'importe qui et dans le doute qu'elle ne prenne pas ceci au sérieux, j'en rajoutai alors une couche en montant un piège aussitôt.

Clare n'y vit que du feu. Elle m'expliqua que la macrophotographie était plus adapté pour les débutants et dans un regard, que devenir professeur de photographie ne l’intéressait guère. Quant à Mike, lui aussi, il tomba dedans. Mais volontairement. Il avoua ne s'être intéressé à son appareil que pour le lui dérober. Mon expression avait peut-être trahi ma surprise -avec légèreté-. Je ne m'attendais pas non plus à une telle réponse. Peut-être avait-il envisagé le mensonge et s'était ravisé en sachant que dans tous les cas, il était démasqué ? C'était le plus probable. Pour avoir réussi à vivre dans la fraude ainsi et aussi bien, il ne devait pas être un idiot. Certainement pas. Il était sincère -bien que forcé de l'être visiblement- donc disons plutôt malin, surprenant, mais il n'en restait pas moins un humain méprisable. Un humain méprisable contre qui je remportai une fière victoire. Les méchants ne gagnent pas toujours.

Je me retins de faire tous commentaires ou gestes qui pourraient être retournés contre moi. Je voulais me la jouer fine, donner l'impression qu'il se trahissait tout seul et jusqu'ici, j'avais parfaitement réussi. Mannequin ce n'était pas pour moi mais le cinéma, pourquoi pas ? Du moins, c'étais la pensée que j'eus avant que Clare découvre notre petit manège. Elle s'était adossée à son siège, croisant les bras sous sa poitrine. Oh, une position de défense et un regard amer. On s'était fait grillé.

- Sinon, je peux avoir une explication ?

J'ouvris ma bouche mais aucun son ne sortit sur le coup. Dire la vérité était la meilleure chose à faire mais rien n'empêchait de bien choisir ses mots. Ma tête se pencha légèrement sur le côté et mes yeux se plissèrent. Comment je pouvais formuler ça...

De nouveau, Mike me pris de cours et autant dire qu'avec ce qu'il s'apprêtait à dire, je n'étais pas au bout de mes surprises.

- Je voulais tester ‘Ron en fait. Clarisse, je sais que tu es quelqu’un de bien, mais lui ne m’inspire pas totalement confiance. C’est vrai que je ne suis pas le mieux placé  pour dire ça, mais c’est ce que je sens. J’ai fréquenté un bon nombre de criminels alors je me trompe rarement, mais c’est tout à fais possible que ce soit le cas.

Je restai bloqué dans ma position, c'est à dire la bouche entrouverte, yeux plissés et tête penchée mais tournée en sa direction. Est-ce qu'il venait vraiment de dire ça ? Haha. Une sorte de rire moqueur finit par se frayer un chemin entre mes lèvres. Incroyable. Vraiment, Incroyable. Je portai ma main à mon visage comme pour tenter de retenir mon envie de sourire d'avantage. Il s'annonçait bien trop narquois et le rire que je venais d'avoir était déjà suffisamment significatif du fond de ma pensée...

- Je ne t'inspire pas confiance ? répétai-je, comme si l'info avait du mal à passer. C'était l’hôpital qui se fichait de la charité. Tu m'en vois désolé...

C'était totalement sarcastique et cette fois-ci, ça s'entendit très bien.

- Si moi, insistai-je, qui suis interné ici pour un délit que je n'ai pas commis, semble suspect aux yeux d'un criminel coupable et visiblement fier de ses méfaits, alors je dois avoir l'air sacrément louche et je tiens à m'excuser de vous imposer un tel malaise. Surtout à toi Clare, fis-je en la regardant, mettant ma main sur mon cœur pour appuyer mes dires. Je repris ensuite, remettant mes mains sur mes cuisses et mon regard dans celui de Mike. Toutefois, venant de quelqu'un qui s'est fait trahir par un "ami", je doute que se fier à tes instincts sociaux et amicaux soient très conseillés.

Pensait-il vraiment que dans sa position, son avis sur moi allait être pris en compte ? D'autant plus que Clare et moi étions de bonnes connaissances à l'école et qu'elle en savait sur moi certainement plus que ma simple façade. Je reconnaissais ne pas avoir l'air particulièrement accueillant, mais quand même. A la limite, j'avais l'air un peu prétentieux ou arrogant mais ça s'arrêtait là.

Il en faisait trop et ça se voyait. Était-il en train de perdre ses moyens ? Hin. L'envie de sur-enchérir me quitta à cette pensée. Non pas par compassion, oh non, bien au contraire. Je pense qu'il s'était tout simplement piégé lui-même et en beauté avec un tel commentaire. Je rajoutai alors simplement, le ton las :

-  C'est n'importe quoi, je ne sais même pas pourquoi je discute. Contrairement à toi, je n'ai jamais eu envie de faire du mal à Clare. Et de toute façon j'en serais bien incapable, comme tu l'as visiblement deviné je ne peux pas toucher les gens. J'agitai mes doigts couverts par les gants devant lui. Physiquement comme moralement d'ailleurs. Je les abaissai.

Clare était l'une de ces rares personnes qui ne se moquaient pas des autres. Elle n'avait jamais ri ni même souri face aux situations parfois embarrassantes dans lesquelles je pouvais me retrouver faute à ma maladie. Elle était compréhensive et attentionnée et... et il n'y avait rien à dire de plus. Juste ça avait suffi à faire naître en moi l'envie de la protéger de ce type. Et aussi, il va sans dire que je détestais ce genre de gars. C'était à cause de gens comme lui que Clare et moi nous nous étions retrouvés là après tout.

- Et puis c'est Clare* et Aaron*, finis-je par dire, agacé.

Je me rendis ensuite compte que je n'avais pas répondu à la question. Il fallait que je m'explique moi aussi sur mon attitude. Peut-être avais-je blessé Clare en agissant ainsi...

- C'est navrant à dire mais mon comportement reposait aussi sur une mauvaise impression. Une mauvaise impression fondée, ceci dit, dis-je en adressant un rapide et mauvais coup d’œil à Mike avant de remettre mes yeux dans ceux de Clare. Je voulais te protéger mais je réalise ma mauvaise conduite. Je suppose que tu es assez grande pour te débrouiller toute seule et choisir tes fréquentations. Je suis désolé de t'avoir imposé ça.

Je posai mes mains serrées sur mes genoux et baissai légèrement la tête. Extérieurement j'avais vraiment l'air désolé -et je l'étais, vraiment-, mais intérieurement la cloche de la victoire retentissait en parallèle. Maintenant qu'elle était prévenue et sur ses gardes, il ne pourrait pas lui faire du mal. Et j'avais mis une bonne leçon morale à un enfoiré.
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