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Un jour de moins vers demain ; un jour de plus vers la fin





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Mer 5 Aoû - 23:34
Encore un jour qui s'écoule sans que je puisse y faire quoi que ce soit. Encore un jour de moins vers demain, un jour de plus qui me rapproche de la fin. Je soupire longuement. Je me suis efforcé de ne pas attirer l'attention depuis quelques semaines. Depuis la mort de Noah. Si je regrette de l'avoir tué ? Non. J'en avais rien à faire, de lui. Tout au plus, son prénom aura donné au psychiatre l'illusion que je souffre de sa disparition, que je regrette de l'avoir tué et même, chance, que je ne suis pas responsable de sa mort. Coupable certes, mais pas responsable. C'est dans ces moments-là que je me réjouis d'être si doué dans mon domaine. J'aurais pu leurrer un médecin du cerveau, un legiste de l'esprit. Et si je suis capable de berner ce type, je serais capable de tous les berner. Je suis satisfait, pour le coup. Quoi que j'aurais préféré ne jamais connaître le nom de ce gamin, vu les souvenirs que ça m'a valu. Depuis lors, je me demande si Evy' comptait me faire rappeller son existence, au Canada. Si elle m'avait emmené là-bas pour que je me souvienne de notre petit frère. En tout cas, si tel était son souhait, il est désormais réalisé. Mais aujourd'hui, je suis plus seul que jamais. Orphelin et dernier d'une fratrie entière. Le seul survivant de ma famille. Pourquoi ai-je survécu ? Pourquoi Evy' n'a-t-elle pas eu plus de temps ? Pourquoi Noah n'est-il pas descendu me rejoindre ? Je l'aurais protégé. J'aurais occupé ce salopard pour que mon petit frère quitte la maison. Mais il est resté là-haut, terré dans sa chambre, jusqu'à brûler vif. J'essaie de me souvenir quel âge il avait, en vain. Le saurais-je un jour ? Rien n'est moins sûr. Je n'ai plus personne.

J'erre dans les couloirs depuis quelques minutes seulement. Quelques minutes de cette journée quelconque, enième écoulée depuis mon arrivée dans cet endroit morbide. Tous ces pauvres types persuadés qu'ils pourront s'améliorer et retourner à une vie normale, me donnent la gerbe. Est-ce qu'ils croient vraiment qu'ils pourront oublier leurs méfaits lorsqu'ils auront agis sagement assez longtemps ? Pensent-ils qu'ils méritent une seconde chance ? Leur naïveté m'épate et me donne des frissons de dégoût. Je voudrais tous les réveiller, leur faire comprendre qu'ils seront toujours ce qu'ils ont été. On ne change pas le passé, on apprend seulement à vivre avec. Ils pourront ranger les courses de milliers de vieilles femmes, ils pourront repeindre les clotûres de cetaines de maisons, ils pourront promener des millions de chiens. Rien ne leur fera jamais oublier leur passé. Rien n'effacera jamais ce qu'ils ont fait. Tout au mieux, peut-être les voleurs pourront-ils dépendre d'autre chose que du vol. Peut-être pourront-ils découvrir une autre forme d'adrénaline, légale cette fois. Mais les tueurs, les mafieux et tous les vrais malfrats, eux, ne sauront jamais jouer un rôle assez fort pour se perdre réellement. Ils ne sauront jamais changer de vie, changer de personnalité. Ils sont ceux qu'ils sont. Pauvre créatures innocentes, incapables d'assumer toute leur vie les conséquences de leurs actes. Je suis certain qu'à l'heure actuelle, le tiers des étudiants chialent dans leurs oreillers en regrettant leurs actes et en espérant pouvoir retourner dans le passé pour écouter sagement leurs parents.

Je me laisse aller contre un mur, les mains dans les poches, et j'observe le ballet incessant des étudiants qui passent et repassent. Certains parviennent à rire, d'autres ont appris à discuter du monde comme s'ils n'avaient jamais enfreint la loi. Et moi, là contre le mur, je ne suis qu'un loup solitaire, les oreilles basses et le poil miteux, attendant que la mort veuille bien le prendre. J'étire une grimace dentelée et je détourne le regard de ces jeunes idiots, quand son odeur me frappe. Une fraction de seconde plus tard, son image est dans ma tête et les souvenirs, brutaux, violents, m'envahissent et me donnent le tourni. Ce n'est que de longues secondes plus tard que je peux reprendre mes esprits et la voir. La regarder. La contempler. Là-bas, à quelques dizaines de mètres, la louve arpente les lieux et les découvre. Elle observe, analyse. Je peux aisément imaginer son pelage hérissé, sombre comme la nuit, et ses pupilles bicolores fixer ses adversaires potentiels. Je reste là, parfaitement immobile, à regarder la louve se mouvoir, escortée, jusqu'à l'accueil. Et, d'instinct, je gronde intérieurement. Elle ne peut pas être là. Elle ne doit pas être là. Jamais. Je laisses les gorilles suivre la paperasse quelques minutes, et lorsqu'elle est enfin lâchée dans le hall, je me rue vers elle. Alors qu'elle virait dans un couloir, je la plaque violemment contre le mur et j'agrippe ses épaules, furieux. Elle semble me rendre ma haine, même si j'ai le temps de déceler la surprise avant la colère sourde. Elle me toise dans les yeux, et elle redevient cette louve intouchable qu'elle a toujours été. Mais je reste tout contre elle, les mains serrées sur ses épaules.

- Qu'est-ce que tu fou là, bordel !? T'as rien à faire dans c'trou ! Tu dois pas être ici !
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Jeni D. Yumi
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Jeu 6 Aoû - 4:39



Un jour de moins vers demain, un jour de plus vers la fin.
ft. Raven.



Et une deuxième fois. Encore un internat, cette fois pour les délinquants juvéniles. La mafieuse s'en sentait limite vexé qu'on la considère aussi inoffensive que ces voleurs et drogués de bas-étages. Ils avaient tous l'air plutôt calme en fait, certains se comportant comme des ados normaux. Sauf que mon ami, tu n'es qu'un voyou de bas de gamme. Et même si tu aimerais retourner pleurer dans les jupes de maman, ce n'est actuellement pas possible. Au moins, assumes tes erreurs.
C'était justement ça le problème. Une bonne moitié des élèves ici voulaient essayer de se faire pardonner pour leurs méfaits qui leurs collerons pourtant à la peau à jamais. L'autre partie tente vainement de faire leurs rebelles pour ressortir. Qui n'ont rien demandé à personne, et qui veulent simplement retourner à leurs activités. Comme elle.

Que croyait la directrice sincèrement? Que c'est son petit pensionnat qui fera revenir le calme dans le monde? Que la paix allait s'instaurer parce que les voyous faisaient semblant de redevenir sages? Sauf que, quand on a goûté au meurtre, on devient gourmand.
Après, il y avait les cas comme elle qui ne pouvait rien y faire. On est dedans, on y reste point barre. Ce n'est pas un choix qu'on lui a offert. Mais tout cela lui était égal. Sa vie en dehors lui allait parfaitement. En fait, la demoiselle était heureuse chez elle. Autant heureuse qu'elle puisse l'être.

Bon, pour le moment en tout cas, elle se baladait dans l'internat, observant, analysant, détaillant chaque éléments nouveaux à ses yeux. Son regard vairon captait chaque détail qui aurait paru insignifiant à n'importe qui: cette rayure sur un casier, le trou en bas du mur de gauche, la trace noirâtre sur la vitre du hall. Ce garçon a l'air mauvais qui fuyait les jeunes femmes; cette gamine qui regardait bizarrement autour d'elle et qui jouait innocemment avec son portable.
Instinctivement, ses pensées dérivèrent vers son pirate informatique. Nirvan devait être loin à présent. Dire qu'elle l'avait oublié serait un mensonge. C'était un des seuls qu'elle avait gardé en mémoire, les autres elle les avait effacé. Il lui fallait de la place dans sa tête à la p'tite, mine de rien.

En tout cas, elle devait être trop concentré sur le lieu, nouveau pour elle, car Jeni n'esquiva pas la main qui l'attrapa brutalement par le bras afin de la plaquer contre le mur du couloir dans lequel elle pénétrait un quart de seconde plus tôt.
Un grognement sourd lui échappa, comme un avertissement, alors que ses prunelles étranges allèrent darder leur lueur malsaine sur celui qui l'avait attrapé. D'un geste brusque elle le repoussa, détestant plus que tout le contact humain, mais le garçon, l'homme plutôt, ne semblait pas y faire attention et la reprit par les épaules, serrant à lui en faire mal.

- Qu'est-ce que tu fous là, bordel !? T'as rien à faire dans c'trou ! Tu dois pas être ici !

Jeni plaqua son regard dans celui furieux du loup qui la dévisageait. Sa colère commençait à grandir, en même temps qu'une surprise qu'on devinait à peine dans son regard. La haine montait progressivement en elle alors qu'elle le repoussait brutalement d'un coup de genou bien placé avant de craché ses mots acerbes:

-Ta gueule. Me touche pas, j'te connais pas.

Autour d'eux, les élèves ne semblaient même pas faire attention au ton qui était rapidement monté. Ils se contentaient de s'occuper de leurs affaires. Mais si cela devait dégénéré en baston partie, la foule se ferait rapidement autour d'eux, pour les encourager comme des bêtes de foires.
A part quelques curieux qui les observaient, Jeni ne remarquait personne capable de venir les saouler.
Son corps s'écarta davantage de celui de Raven, son regard le méprisant au plus haut point avant de grogner, tous crocs dehors.

-Casses toi maintenant. J'ai pas d'temps à perdre avec les lâches amnésiques. Allez, salut.

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Mer 12 Aoû - 22:01
Ou peut-être que je rêve. Peut-être que finalement, le psychiatre ne s'est pas trompé dans son diagnostique. Peut-être que je suis réellement schyzo' et que je suis en proie à une hallucination. Dans quelques secondes, je sentirais une brûlure dans ma nuque, la seringue se planter dans ma peau et le sédatif courir dans mes veines. Je me retournerais brutalement pour frapper mon assaillant, par réflexe, mais je m'écroulerais dans les bras d'un infirmier et je sombrerais dans un sommeil lourd, sans rêve. Je me réveillerais dans une chambre, sanglé à un lit comme un rat de laboratoire, et le docteur j'sais plus quoi arrivera à ce moment-là pour me libérer de mes entraves. Il m'expliquera que j'ai fais une crise de délire et qu'il a fallu m'isoler un temps. Il me dira que j'ai dormi une journée et que je peux rejoindre le réfectoire pour manger. Pourtant elle semble si réelle, là dans les paumes de mes mains. Elle semble si furieuse et en même temps, au lieu de la colère que je lui montre, je suis tellement soulagé. Alors, tout ce temps, elle a avancé. Elle ne s'est pas laissé berner par des sentiments misérables, elle a oublié son amour pour moi et elle a foncé droit devant elle. Au fond, peut-être que ça me fait mal, de la savoir si forte. Peut-être que j'aurais aimé la voir un peu plus atteinte par ma disparition. Peut-être que dans d'autres circonstances, j'aurais pu me réjouir de sa présence. Peut-être que j'aurais pu espérer la voir courir vers moi, et la prendre dans mes bras pour simplement l'aimer. Je ne sais plus quoi penser, l'espace de cet instant. Est-elle là ? N'est-elle que le fruit de mon imaginaire malade ? D'un manque trop violent ?

- Ta gueule. Me touche pas, j'te connais pas.

Je recule vivement sous la violence de l'impact. Pourtant je me rapproche l'instant d'après. Oh, j'imaginais mes hallucinations un peu plus douces, un peu plus proches du rêve que de cette réalité. Alors, non, je ne suis réellement pas schyzo', et Jeni est réellement ici avec nous tous. Avec moi. Une violente nausée me prend, mais je reste parfaitement impassible. Moi aussi, j'ai appris depuis longtemps à enfouir la vérité des sentiments. Les émotions sont superflues dans les milieux où Jeni et moi avons grandis. Si différents l'un de l'autre et pourtant, tellement semblables, dans le fond ... Je l'observe de longues secondes, et je laisse les souvenirs affluer dans ma tête. Son visage, au clair de lune. Son regard, dans la clarté de l'astre. La douleur dans ma poitrine, la douceur de sa main. Et un chant, un chant qui accompagne ma douleur. Tant de colère, de violence dans ma tête et pourtant, jamais elle n'a baissé les bras. Jamais elle ne m'a tourné le dos. Jusqu'à ce que moi, je le fasse. Jusqu'à ce que je décidé de fuir plutôt que d'affronter la réalité de mes sentiments pour elle. J'ai compté sur le temps, j'ai espéré fort qu'il refermerait les blessures, qu'il effacerait les souvenirs et les émotions. Mais il n'a fai qu'attiser mon amour pour elle, et agrandir la liste de mes regrets. Jusqu'à me faire perdre tout ce qui me restait. Je soupire un moment, la fureur qui m'habitait quand je l'ai vu s'estompe peu à peu pour faire place à un espoir stupide. L'autre con. Et son frère, aussi. Eux, ne la laisseront pas ici. Je m'étonne même de n'pas voir son jumeau ici avec elle.

- Casses toi maintenant. J'ai pas d'temps à perdre avec les lâches amnésiques. Allez, salut.

"Lâche" ... Alors elle m'en veut. Elle joue les dures, mais elle m'en veut. Pour m'en vouloir, n'a-t-elle pas dû m'aimer un jour ? Elle commence à s'éloigner, je la retiens par le poignet et la relâche à la seconde où elle se stoppe.

- Ils vont v'nir te chercher, hein ?

Bien sûr qu'ils vont venir la chercher. Ils ne la laisseront pas là-dedans. Jamais. Le loup solitaire pleure sa compagne, hurle son nom. Et je me tais, je la regarde qui déjà, en rêve, disparait. Je suis en train de la perdre, et je crois que ça fait plus mal de le voir de mes yeux, que de l'avoir imaginé tout ce temps. Une vie sans Jeni, quelque part, n'est-elle pas similaire à l'enfer ? Quel intérêt, au fond, si elle s'en va ?
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Jeni D. Yumi
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Mer 12 Aoû - 23:24



Un jour de moins vers demain, un jour de plus vers la fin.
ft. Raven.



- Ils vont v'nir te chercher, hein ?

Alors qu'elle tentait (une ultime fois il fallait le dire) de s'enfuir, un main chaude se referma sur son poignet. Et les mots qui suivirent la firent complètement s'arrêter, le dos tourné au passé.
Le ton presque suppliant qu'il avait employé lui avait fêlé le coeur, bien que son visage de marbre ne laisse rien transparaître.
Elle aussi se demandait intérieurement si quelqu'un viendrait la chercher, ou s'ils attendaient qu'elle se débrouille seule.
Après tout, Rewan pourrait très bien lui imposer ça comme un entraînement...mais ça aurait quand même été bien qu'il la contacte au moins pour ça.
En tout cas, il aurait été mieux pour elle de ne pas se trouver face à lui. Mais maintenant, c'était foutu. Maintenant qu'elle savait que Raven traînait dans le même pensionnat qu'elle, une fois de plus, elle ne pourrait pas s'empêcher de le chercher du regard, essayant de croiser ses orbes limpides qui l'avaient jadis fait rêvé.

Finalement, se retournant vers lui et croisant ses bras sous sa poitrine, Jeni toisa l'homme qui faisait se tordre quelque chose en son fort intérieur.

-Et toi, qu'est-ce que t'fais là? Raven.

C'était ça. Après tout ce temps, elle ne connaissait même pas encore son prénom. Prénom qu'il devait cacher maladivement, vu le nombre de fois où elle lui avait demandé sans obtenir de réponses. Et ici, peut-être que plusieurs personnes le connaissaient. Cette pensée la rendit légèrement mal à l'aise, alors elle s'empressa de le détailler de son regard vairon et froid, pour ne rien laisser transparaître.
Malgré toute la rancune qu'elle avait pour lui, de l'avoir laissé sans rien dire, d'avoir trahit sa promesse, de ne pas lui avoir dit son nom, de l'avoir abandonné tout simplement, la jeune femme ne pouvait se cacher le soulagement qu'elle éprouvait en le voyant -plus ou moins- en forme.

Elle avait avancé. Sans totalement l'oublié, il était vrai, mais elle avait avancé. Et lui, l'avait-il fait? Avait-il trouvé une nouvelle compagne, qui serait dans ce pensionnat, ou qui l'attendrait à la sortie? Ou était sa petite soeur maintenant? Sans doute était-il mieux ainsi, sans elle.
A ces pensées, la jeune brune sentit son coeur se serrer doucement. En même temps, un homme comme ça attire énormément. Ce n'est pas bien difficile pour lui de retrouver une demoiselle qui lui sera entièrement dévouée. Finalement, il devait être bien mieux sans elle, oui.
Elle ne voulait pas gâcher son bonheur avec son existence.

-'fin, ça a l'air d'aller pour toi. Tant mieux, j'imagine.

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Mer 12 Aoû - 23:50
Elle ne répond pas. Elle reste immobile de longues, d'interminables secondes. Je fixe son dos, ses épaules, ses omoplates. Mon regard aimerait descendre sur ses courbes, deviner sa peau sous les vêtements. Je voudrais dessiner ses formes du bout des doigts. Pouvoir la toucher encore, comme avant. Sentir la chair de poule sur ma peau, les battements de mon coeur s'éccélérant violemment. Sentir le loup hurler en moi, puis le laisser prendre le dessus parce qu'en réalité, c'est lui qui sait. Qui sait tout. Le silence est pesant, et mes doigts frissonnent de ne pouvoir la toucher à nouveau. De ne pouvoir retourner dans le passé, à leur place, là où une partie de mon esprit à arrêté son chemin. Elle se retourne enfin, et son regard est plus loin de moi que son corps ne l'a jamais été. J'ai peur de la voir s'éloigner, de la voir me tourner le dos encore une fois. Pourtant, je n'esquisse pas un mouvement. Pas le moindre, qui pourrait la retenir. J'ai peur qu'une respiration de trop la fasse s'envoler, disparaitre à jamais.

- Et toi, qu'est-ce que t'fais là ? Raven.

Raven. Raven est-il seulement toujours là ? Oui, bien sûr. On ne cesse jamais d'être un assassin. Parce que le jour où vous prenez une première vie, vous devenez un tueur et rien ne pourra jamais changer ça. Alors, pour oublier une mort, vous prenez une autre vie. Mais finalement plutôt que de diminuer les souvenirs de la première, elle s'ajoute à elle et vous torture. Elle vous brûle de l'intérieur, vous fait lentement agoniser et se régale de votre douleur infinie.

- 'fin, ça a l'air d'aller pour toi. Tant mieux, j'imagine.

Aller bien ? Sans elle ? Sans ma soeur ? Et avec un passé qui s'assombrit chaque jour ? J'aime le rôle que je joue, parce qu'il semble qu'il me colle à la peau chaque jour un peu plus facilement. Je n'ai plus aucun mal à berner le monde, et même les êtres les plus proches que j'ai pu avoir. Mais, il est aussi possible que Jeni ait oublié. Parce qu'il n'y a pas besoin d'amnésie pour souhaiter ranger des souvenirs dans des tiroirs qu'on ne rouvrira plus jamais. Elle peut avoir laissé ce qu'elle voyait autrefois, loin dans son esprit. Dans un endroit qu'elle n'a pas revisité depuis neuf mois, et qu'elle ne revisitera jamais.

- Grillé avec du sang sur les mains, je lâche dans un souffle.

Parce qu'on ne choisit pas toujours de quelle manière se dérouleront les évènements. Et que lorsqu'on ne se concentre pas, on laisse des détails en apparence insignifiants, devenir la pierre qui nous fait trébucher pour une descente en Enfer. Il y a encore une chose que j'aimerais lui dire. Un simple mot, qu'elle attend depuis si longtemps et qu'elle mérite d'entendre. Mais je n'y arrive pas. Toujours pas. Après tout ce temps, ces trois années passées côtes à côtes, je suis incapable de lui dire qui je suis. Alors qu'elle a vu tout ce que les autres n'ont jamais pu apercevoir, je me trouve dans l'incapacité de lui donner la clé de tout. Elle va partir. Partir sans moi, dans une direction que je n'aurais pas l'autorisation de suivre, et je vais la regarder partir parce que je suis un lâche et qu'elle a déjà tourné la page. Les battements de mon coeur s'accélèrent, et leur rythme me brûle la cage-thoracique. Je voudrais faire juste un pas. Juste cet unique pas qui me sépare encore d'elle. Après ces milliers de kilomètres que j'ai mis entre nous deux, elle n'est plus qu'à un pas. Un pas qui me semble de la taille d'un ravin, et que je n'ai pas le droit de franchir.

- Jeni ...

Je suis désolé.
Je t'aime.
Je m'appelle Adam.
J'ai besoin de toi.
Il y a bien trop de choses que j'aimerais lui dire. Trop de choses que je n'ai pas le droit de lui faire parvenir. Trop de choses qu'elle ne voudra pas écouter, qu'elle chassera d'un geste de la main. Il y a trop de sentiments qui se percutent dans ma tête, et qui refusent de me foutre la paix une bonne fois. Je soupire, et je détourne le regard vers le hall, parce que c'est tout ce que je suis capable de faire sans risquer de briser mes propres barrières. Barrière qu'elle a remises en place aujourd'hui, et qu'elle ne brisera plus jamais.
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Jeni D. Yumi
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Jeu 13 Aoû - 8:58



Un jour de moins vers demain, un jour de plus vers la fin.
ft. Raven.



- Grillé avec du sang sur les mains.

C'est marrant. La demoiselle avait l'impression de le savoir, avant même que les mots n'aient franchi le seuil de ses lèvres. Ses lèvres... un frisson parcouru son échine alors que la jeune femme les sentait sur elle, comme des fantômes. Les millions de baisers déposés sur sa peau nue et froide, avaient réussi à l'emmener au paradis tellement de fois. Pas assez surement.
Il lui sembla voir une lueur d'espoir flotter dans le regard trouble de l'homme. Le temps c'était comme figé, à l'instant où son prénom s'échappa de sa bouche.
C'est bon, il l'avait bloqué encore une fois.

Elle lui en voulait. A mort. Mais, tout ce temps gaspillé à tenté d'emprisonner le plus pur de ses sentiments fut réduit à néant à l'instant même où son regard vairon croisa le sien.
C'est comme si le temps c'était figé, comme je disais. Plus un bruit ne parvenait à ses oreilles. Plus un mouvement ne venait alerter son système. Débranchée. Elle était débranchée. Mais trop tôt, tout cela était dangereux.

-Pas d'chance hein? Perso, j'faisais un truc bien quand on m'a choppé.

Woaw, Jeni avait l'impression de ne pas avoir autant parlé à quelqu'un depuis longtemps. Sa gorge était sèche, sa langue passa rapidement une pointe rose sur ses lèvres afin de les humidifier.
Machinalement, la mafieuse secoua sa tête, avant de passer ses doigts fins dans les mèches encres qui couvraient son dos. Bon, il était clair qu'elle ne savait pas quoi faire à présent.
Comment réagir? Le repousser? Se rapprocher et lui pardonner? Pour quoi faire... il avait certainement refait sa vie, tout cela ne la regardait plus. Ils n'avaient certainement plus rien à faire ensembles désormais.

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Jeu 13 Aoû - 22:51
Pendant trois ans, elle a été mon pire cauchemar et la plus douce de mes souffrances. Ai-je seulement le droit de lui dire que je l'aime ? De lui dire que tout ce temps, j'ai pensé à elle chaque jour ? Que chaque fois que j'ouvrais la bouche, son nom menaçait d'en sortir ? Elle est probablement l'un des plus profonds regrets de mon existence. Et j'aimerais parfois mourir à nouveau, pour ne plus me rappeler de ces sentiments si violents, inaltérables que je ressens pour elle. Je goûte son nom, ces quatre lettres qui font d'elle la femme la plus importante de ma vie. La femme pour laquelle j'aurais donné ma vie sans hésité, et qui pourtant a été celle qui a sauvé la mienne. La femme qui aujourd'hui m'a laissé dans le passé, parce que c'est là-bas que je l'ai abandonnée. M'en veut-elle ? M'a-t-elle aimé assez fort pour m'en vouloir encore aujourd'hui ? Je sens mon coeur battre un peu plus fort, mais il saigne aussi et la douleur de sa présence égale le manque que j'ai ressenti, que je me suis infligé chaque jour depuis neuf mois.

Je suis un assassin. Je suis un meurtrier et je suis conscient de toute ce que j'ai fais. Le pire, c'est probablement que je ne regrette rien. Si les toubib' ici pensent que je suis schyzo' c'est parce que je le veux, et pas parce que je le suis. J'ai fais toutes ces choses pour survivre, je n'avais pas le choix, et je porte trop de haine à ma propre espèce pour être capable d'avoir des remords. Je me fiche pas mal des familles que j'ai mises dans le deuil. Je me fiche pas mal des frères et soeurs que j'ai séparés. Parce qu'au fond, eux tous m'ont pris ce que j'avais de plus cher. Et j'ai été à leur place, par leur faute. Même indirectement. Alors non, je ne regrette rien, et je continuerais si des salauds sont prêts à payer pour faire assassiner des membres de leur espèce. Désemparé par mon incapacité à lui dire tout ce que j'aimerais lui faire entendre, je détaille les étudiants dans le hall, avant de revenir enfin poser mon regard sur Jeni.

- Pas d'chance hein? Perso, j'faisais un truc bien quand on m'a choppé.

Comment décrire la douleur de la voir si intouchable ? Comment mettre les mots exacts pour décrire la souffrance que m'inflige sa façon professionnelle d'ignorer mes sentiments, mes émotions, les souvenirs de notre vie ? Mon visage de marbre est fidèle à lui-même, il ne laisse passer aucune de ces foutues émotions que je me suis juré de ne jamais plus ressentir. Mon regard, en revanche, ce traitre, n'a pas changé. Et cligne des paupières plusieurs fois, comme pour cacher les lueurs de sentiments que je sens passer sur mes pupilles.

- Alors on en est là ? A discuter tranquillement de ce qu'on a fait de bien ou de mal ?

Je meurs d'envie de lui expliquer, de lui dire ce qui s'est passé. De lui faire comprendre que je ne pouvais pas lui dire que je partais. Je ne pouvais pas supporter l'idée de lui faire mes adieux. Et je ne pouvais simplement pas espérer la voir venir avec moi, alors que sa famille la voulait là-bas, dans ce pensionnat à la con. Je recule d'un pas, je soupire et je me passe une main derrière la nuque. J'inspire profondément et je relève un regard que je voudrais dur, froid, vers le visage de cette jeune femme que j'aime tant.

- Trouves un moyen d'sortir d'ici, Jeni. C'est pas ta place.

Sans plus attendre, parce que la douleur me rompt les os, je m'éloigne lentement d'elle. Comme aimanté, je peine à partir pour vrai, et je me bats intérieurement contre le désir violent que j'éprouve de me retourner pour l'embrasser et lui souffler tout l'amour que je lui porte.
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Jeni D. Yumi
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Dim 16 Aoû - 10:52



Un jour de moins vers demain, un jour de plus vers la fin.
ft. Raven.



- Alors on en est là ? A discuter tranquillement de ce qu'on a fait de bien ou de mal ?

Un reflexe stupide tordit ses lèvres en un rictus presque ironique.
Le visage, comme le corps de l'homme en face d'elle était froid, innaccessible, loin d'elle. Seuls ses prunelles traduisaient des sentiments, auxquels elle ne fit pas attention sur l'instant malheureusement. C'était amusant comme il lui semblait être son propre reflet. Intouchable, lointain. Froid. Vide.

-Apparemment.

Il soupire, surement lassé de sa présence, passe une main sur sa nuque, un geste qu'elle avait vu mille fois. Et son regard s'encre dans le sien, imperturbable, mais tellement perturbé.

- Trouves un moyen d'sortir d'ici, Jeni. C'est pas ta place.

Il secoue la tête et commence à s'éloigner.

Ouais, Jen'.
T'as jamais eu de chance avec les mecs, t'en auras jamais avec celui-là.
Laisse le vivre sa vie, laisse le retrouver sa soeur. Laisse le retrouver sa compagne qui doit l'attendre au bout du couloir, et tourne lui le dos pour retrouver ton océan de ténèbres sordides. Enfuis toi et retournes au champ de bataille.
Tu n'es bonne qu'à ça, on te l'a bien fait savoir, non?
Arrête d'essayer de trouver un sens agréable à ta vie. Le bonheur ne t'a jamais été permis. Alors soit la bête qu'on t'a formé à être, soit l'objet de destruction de ton sauveur, et oublie le reste, comme il t'a oublié.
Cache toi, éloigne toi de lui avant de risquer de lui faire le moindre mal.


C'est sans doute pour tout ça que la mafieuse le regarda s'éloigner lentement d'elle.

-Et toi retournes avec ta meuf. C'est là-bas qu'est la tienne.

Sur ses mots calmes et résignés, la jeune femme enfonça ses mains dans ses poches, se rappelant un instant du contact des paumes de Raven sur ses épaules, avant de lui tourner le dos, enraillant les frissons qui commençaient à grimper en elle.

Tu es une arme. Une machine. Tu n'as même pas le droit de vivre.

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Dim 16 Aoû - 19:36
- Et toi retournes avec ta meuf. C'est là-bas qu'est la tienne.

Je m'immobilise avant d'atteindre le bout du couloir. Ma quoi ? Je reste là, un temps interminable s'écoule sans que je fasse rien pour l'altérer. Ma quoi ? Je sens dans mon dos, le souffle de son corps léger qui s'éloigne. Et je n'esquisse pas le moindre mouvement. N'est-ce pas idéal ? Ne devrais-je profiter de ses doutes pour la laisser s'éloigner une bonne dois pour toutes ? Si je la laisse faire, elle ne reviendra jamais. Elle disparaitra de ma vie, elle s'en ira et quoi qu'il en coûte, elle ne reviendra pas. Alors oui, j'hésite longtemps. Parce qu'elle est celle que j'aime. Parce qu'elle est tout ce qu'il me reste, tout ce que j'ai toujours souhaité. Si j'étais lié par les liens du sang, aujourd'hui je suis seul et je n'ai qu'elle comme raison de me battre encore. Mais le lui faire comprendre serait comme la supplier de me revenir. Et si elle avait une autre vie, ailleurs ? Si elle avait tourné la page depuis longtemps, qu'elle avait déjà trouvé quelqu'un pour prendre la place que je n'ai pas sû mériter il y a si longtemps ? Et si mes doutes s'évéraient être vrais ? Suis-je seulement prêt à tourner la page, moi aussi ? En serais-je seulement capable ? Pourrais-je regarder passer les journées, continuer de les compter avec lassitude alors qu'elle est là, quelque part dans les couloirs, parfois même à moins de quelques centaines de mètres de moi ? Je soupire doucement, le froid semble s'insinuer dans mes vêtements, comme pour m'engourdir les sens, ralentir la course du sang dans mes muscles.

- Ne crois pas ça.

Ne crois pas que mon coeur puisse t'oublier. Il peut cesser de battre, mais pas de t'aimer. Ne crois pas que j'aie pu te tourner le dos pour en trouver une autre. Ne crois pas que mes sentiments aient pû être si faux, si faibles, pour se retourner vers un autre être sur Terre. Ne crois pas que j'ai pu vivre sans toi si longtemps sans y laisser ma peau. Jeni, je t'en prie, ne crois pas que tu n'as jamais été la seule qui comptait à mes yeux, la plus importante au monde. Je me retourne parce qu'elle ne répond pas, et que je n'entends plus un bruit. Mais, là dans la pénombre du couloir mal éclairé, Jeni a déjà disparu. Elle est partie et elle a emporté ses doutes, auxquels je n'ai pas répondu à temps. Comme toujours Adam, tu es arrivé trop tard.
The End
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Un jour de moins vers demain ; un jour de plus vers la fin
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